Inquiétude et indignation devant la fermeture de la clinique Morgentaler

La fermeture de la clinique Morgentaler de Fredericton soulève une levée de boucliers. C’est la seule clinique privée du Nouveau-Brunswick à pratiquer des avortements, dans une province où l’accès est particulièrement difficile.

 

Selon le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, la clinique pratiquait plus de la moitié des interruptions volontaires de grossesse (IVG) de la province. De plus, selon l’organisation Women’s Equality de l’Île-du-Prince-Édouard, 10 % des patientes de la clinique étaient des Prince-Édouardiennes. Il n’y a aucun accès à l’IVG sur l’île.

 

Les administratrices de la clinique fondée par le Dr Henri Morgentaler ont annoncé qu’elles devront fermer en juillet pour des raisons financières. « Ça me brise le coeur d’avoir à faire ça. Je ne sais pas ce que les femmes vont faire lorsque nous aurons fermé », a déclaré la directrice Simone Leibovitch, qui avait convié la presse jeudi matin.

 

Clinique déficitaire

 

Avant son décès en mai 2013, le Dr Morgentaler lui-même finançait la clinique, continuellement en déficit car aucune femme n’était refusée pour une incapacité de payer. Chaque procédure coûte entre 700 et 850 $.

 

L’avortement n’est couvert par l’assurance maladie au Nouveau-Brunswick que si deux médecins certifient qu’il est médicalement requis et s’il est pratiqué par un spécialiste dans un hôpital accrédité. « Si la province avait financé les avortements pratiqués à la clinique, ou payé pour les femmes qui sont dans l’impossibilité de le faire, la clinique ne fermerait pas ses portes aujourd’hui », s’est insurgée Mme Leibovitch.

 

La directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, Sarah LeBlanc, est très inquiète. « L’accès était déjà difficile. Là, davantage de femmes devront aller en dehors de la province », croit-elle. Elle explique qu’il est difficile pour les femmes d’obtenir les deux références médicales requises pour obtenir un avortement dans un hôpital public. Certaines n’ont pas de médecin de famille. Et des médecins refusent carrément de signer ces références.

 

Sur les réseaux sociaux, l’indignation était à son comble après cette annonce.

 

Une pétition exigeant du gouvernement néo-brunswickois la couverture publique de l’IVG à la clinique Morgentaler avait recueilli plus de 4200 signatures en après-midi jeudi.

 

Le gouvernement muet

 

Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick n’a pas l’intention de modifier sa réglementation, a-t-il fait savoir dans un bref communiqué. Intercepté par des journalistes à son entrée à l’Assemblée législative, le ministre de la Santé, Hugh John Flemming, s’est refusé à tout commentaire. « Ce dossier est toujours devant les tribunaux », a-t-il simplement lancé, selon le journal L’Acadie Nouvelle.

 

En 2002, le docteur Henry Morgentaler avait intenté une poursuite pour forcer le gouvernement provincial à payer pour la procédure. La cause est en suspens depuis son décès.


Avec La Presse canadienne

3 commentaires
  • Danielle - Inscrit 11 avril 2014 06 h 43

    Cessons de faire des enfants

    Vous avez raison d'être inquiet. Les gouvernements ne cessent de nous enlever nos droits, un après l'autre. Cessons donc de faire des enfants, la planète a cessé d'être la mère des humains. Les humains la salisse.

    • Yvette Lapierre - Inscrite 11 avril 2014 09 h 19

      La bible catholique dit quelque chose comme "allez et remplissez la terre", "soumettez-là". Et bien elle est remplie mais ne se soumettra pas, nous agissons sans réfléchir à mettre trop d'enfants au monde et la terre aura le dernier mot sur l'humain.

      Pour revenir au sujet principal, je suis personnelement contre l'avortement mais tout à fait pour le libre choix pour toute femme, c'est d'une cruauté inouïe que de vouloir obliger une femme à poursuivre une grossesse indésirée en la privant de moyens. Le Dr Morgantaler était un enfant indésiré, mal aimé, il a agit toute sa vie pour épargner à d'autres de vivre cet enfer.

  • Sylvain Auclair - Abonné 11 avril 2014 12 h 32

    Liberté religieuse

    Voilà ce qui arrive quand on laisse des gens payés par l'État prendre des décisions basées sur des considérations religieuses.