​Universités canadiennes: une étudiante dénonce la «culture du viol»

Toronto — Une étudiante de l'Université d'Ottawa, qui a fait l'objet de propos sexuellement explicites sur les réseaux sociaux, affirme que la «culture du viol» prévaut largement sur les campus des universités canadiennes.

Anne-Marie Roy, qui préside la Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa, a reçu une transcription anonyme d'une conversation privée sur Facebook, le mois dernier, et a décidé de la rendre publique, tenant surtout compte que les étudiants impliqués étaient en position de leadership.

Ces échanges entre cinq étudiants masculins contenaient des remarques à caractère sexuel la concernant directement. La nature des propos a été signalée dans les pages du journal étudiant The Fulcrum.

Quatre des cinq étudiants ciblés, qui avaient menacé de la poursuivre en invoquant la nature privée de leurs échanges sur Facebook, ont depuis retiré cette menace. Tous membres de différentes instances du mouvement étudiant à l'université, ils ont aussi démissionné de leurs fonctions.

Après avoir rencontré l'un d'eux, la présidente de la Fédération a reçu des excuses écrites des cinq étudiants, qui lui ont affirmé que leurs échanges ne constituaient pas des menaces à son endroit.

Ces excuses ont été insuffisantes pour Anne-Marie Roy, étudiante en communications originaire de l'Ontario âgée de 24 ans, qui souhaite maintenant organiser des activités de sensibilisation contre la banalisation de ce genre de propos, et ce qu'elle appelle la «banalisation de la culture du viol».

Dans un communiqué, la direction de l'Université d'Ottawa avoue avoir été choquée par le contenu des échanges sur Facebook, et affirme vouloir aider Anne-Marie Roy à servir une réplique appropriée.

Mme Roy dit par ailleurs avoir reçu de nombreux appuis non seulement de membres de la communauté universitaire, mais de partout au Canada, ainsi que quelques commentaires plus négatifs.
7 commentaires
  • François St-Pierre - Abonné 3 mars 2014 10 h 55

    Une poursuite contre Mme Roy?

    Fondée sur « la nature privée des échanges sur Facebook » ? Y a quatre imbéciles qui ont un culot carrément indécent.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 mars 2014 15 h 03

    Propos ou menaces?

    Selon ce qu'en a dit Michel Viens sur RDI, il ne s'agiit pas juste de propos, mais de menaces à caractère sexuel variées. Ils n'auraient pas apprécié des commentaires qu'elle aurait faits ailleurs, ne les visant pas spécifiquement, et auraient donc là évoqué diverses formes de sévices qu'ils lui feraient subir. Cela explique pourquoi on parle ici de culture du viol et pourquoi ils se défendent de l'avoir menacée. Comme on dit dans notre jargon, c'était des jokes.

    Pour avoir écouté deux émissions à caractère social et documentaire venant du ROC, il y a quelques années, c'était au secondaire, il semblait y avoir une telle culture, à tout le moins centré presque exclusivement sur le sexuel et parfois l'intimidation. En fait ça ressemblait à ce dont il est question ici, mais entre amis ou proches. Et d'autre part, il y a le viol... Et combien d'entre eux ne sont pas rapportés chez les jeunes, entre jeunes? Ce n'est pas farfelu que de croire que pour certains jeunes gens, et même plus tard, un viol n'en est pas un s'il n'est pas fait un couteau à la main, mais par tromperie ou dans une beuverie par exemple. La sexualité envhie tout: il y a la porno, oui, mais dans les pubs, les femmes ne sont souvent présentées que comme des "servantes" mères, etc. ou bien comme des séductrices, dont le seul intérêt dans vie est la séduction, pub qui ne s'adressent pas aux gars, mais...

    À ma connaissance il n'y a eu aucun documentaire sur le sujet au Québec, est-ce que cela veut dire que c'est différent ici? Peut-être. Mais je me répète, il faudrait faire des recherches pour savoir combien de viols ne sont pas raportés, mais aussi expliquer qu'un viol n'est pas toujours ce que l'on croit, et que les filles peuvent aussi se sentir coupable, pour une raison ou une autre et donc ne pas porter plainte.


    Céline A. Massicotte, ex membre du RIMAS (Regroupement des intervenants en matière d'agression sexuelles).

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 mars 2014 22 h 05

    Pas de fumée sans feu?

    Voilà qu'après les propos de Michel Viens, à RDI toujours on apprend qu'un (ou des) étudiant de la mêmee université serait accusé d'inconduite sexuelle grave...

  • Sylvain Pichette - Inscrit 4 mars 2014 16 h 10

    L'instruction ne permet pas tout

    Moi qui pensais que les génération d'hommes plus jeunes que moi seraient plus respectueux des femmes, je suis déçu. Et il y a encore beaucoup de personnes qui considèrent le féminisme comme dépassé: quand on banalise le viol, on se rend compte que le féminisme est encore utile.

    Je voudrais dire à ces individus qui disent "C'est juste une joke", répéter la même chose en pensant à votre mère, votre tante, votre soeur: si vous trouvez cela encore drôle, c'est que vous avez un problème qui s'appelle absence de respect.

  • Catherine Cecile DUBUC - Inscrite 5 mars 2014 01 h 40

    La culture masculine et le viol

    Quels hommes enfin, mettront la culture masculine a distance? Quand le viol de femmes deviendra-t-il vraiment l'acte criminel qu'il est? Qd cessera-t-il d'etre un acte de domination victorieuse tel que perpetue par l'armee (rappelons-nous l'ex- Yougoslavie, par exemple)et ensuite des detenteurs de pouvoir aux yeux de la societe ( comme chez des pilotes d'avion par exemple, ou ce fut longtemps bien cache par la " fraternite") ...
    Quand? Merci mademoiselle de tenir debout devant tout pseudo " alpha male " pour qui l'abus est un signe, une marque de pouvoir.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 5 mars 2014 09 h 39

      Les viols, comme la violence conjugale, ne sont pas affaire de culture, de métiers, mais de criminalité, propre à l'humanité.

      La criminalité, comme je l'écrivais précédamment, ne pousse pas dans les arbres, et d'autre part les hommes qui constituent la majorité des criminels, ont été élevés dans des foyers où, en genénéral, il y a une mère et un père.

      Férue de documentaires à caractère judiciaires, j'ai la forte impression que toutefois dans les familles monoparentales où majoritairement le parent est une mère, les agressions physiques ou sexuelles commises principalement par des garçons contre des filles sont en augmentation. Pas à cause de la mère, évidemment, mais plutôt de l'absence du père qui fait qu'ils n'ont trop souvent aucune figure masculine à qui s'indentifier; mais ça peut être aussi pour d'aures raisons, comme la porno.

      Le féminisme a-t-il fait baisser cette criminalité masculine? par l'émergence de politiques, comme ces maisons pour les femmes battues oui Pour les hommes s'il y a des efforts de réhabilitation, peu est fait côté prévention: tant qu'un homme n'a pas agressé viollamment une femme ou un homme, il est devant un mur et ne trouvera aucune aide, sauf à lui coûter un bras je peux en témoigner.

      Il importe de savoir que la pédophilie et l'inceste sont aussi le fait de certaines femmes, mais socialement c'est tenu caché, entre autres par certains groupes féministes, je peux aussi en témoigner. Ainsi, les meurtres en série à caractère sexuels sont souvent commis par des hommes qui ont vécu l'inceste par leur mère, ou même une grand-mère (sources, The right to innocence, Beverly Engel, mais aussi les documentaires auxquels je me référais).

      Cela dit c'est pour moi une évidence qu'il faut humaniser le regard que l'on porte sur les hommes et les femmes, sortir des lieux communs et des idéologies.