La politique de Québec suscite de l’espoir

Les organismes communautaires travaillant avec les itinérants ont « confiance » que la politique répondra à certaines de leurs attentes.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les organismes communautaires travaillant avec les itinérants ont « confiance » que la politique répondra à certaines de leurs attentes.

Le gouvernement du Québec présentera sa politique sur l’itinérance jeudi après-midi à Montréal, au pavillon pour femmes Patricia Mackenzie, de la Old Mission Brewery. Cette politique a en effet été adoptée par le Conseil des ministres la semaine dernière. Et les réseaux d’organismes communautaires travaillant dans ce secteur ont « confiance » qu’elle répondra au moins partiellement à leurs attentes.

 

Un plan d’action devrait pour sa part être dévoilé au début du mois d’avril, pour mettre en oeuvre cette politique et pour y attacher des budgets supplémentaires, selon le Réseau solidarité itinérance du Québec (RISQ), qui fait pression sur le gouvernement pour qu’il adopte une telle politique depuis 2006.

 

Cette politique ne devrait donc pas se limiter à un plan d’action et devrait lier les gouvernements successifs à long terme, disait hier Anne Bonnefont, coordonnatrice du RSIQ.

 

Comme cela a été le cas pour la politique visant à lutter contre la violence conjugale dans les années 1980, la politique de lutte contre l’itinérance devrait faire de l’itinérance une préoccupation publique plutôt que privée.

 

« Il faut en faire une responsabilité collective », dit Mme Bonnefont.

 

Le Réseau solidarité itinérance Québec se réjouit par ailleurs du fait que le Québec se dote enfin d’une politique de lutte contre l’itinérance qui couvrira l’ensemble du territoire.

 

Jusqu’à présent, note Anne Bonnefont, les interventions se concentraient aux régions urbaines du Québec, soit Montréal, Québec, Trois-Rivières et Gatineau.

 

Le RSIQ représente quant à lui 370 organismes disséminés dans toutes les régions du Québec.

 

Selon Mme Bonnefont, la politique avancée par Québec doit s’attaquer aux sources de l’itinérance, soit la pauvreté.

 

La pointe de l’iceberg

 

Pour les membres du RSIQ, l’itinérance n’est en effet que « le sommet de l’iceberg ».

 

Notre société est « productrice d’itinérance », dit-elle.

 

Le manque de logements sociaux est d’ailleurs une grande préoccupation des réseaux d’aide aux itinérants.

 

Au Front d’action populaire en réaménagement urbain, on note que les investissements annoncés par Québec lors du dernier budget demeurent largement insuffisants en cette matière.

 

Le gouvernement Marois s’est contenté du minimum, en haussant de 3000 à 3250 le nombre de logements sociaux qui seront financés l’an prochain, dit Marie-José Corriveau, du FRAPRU.

 

En matière de soutien au maintien en appartement des personnes à risque d’itinérance, les budgets annoncés étaient de 6 millions, les besoins sont évalués à 10 millions de dollars pour Montréal seulement.

3 commentaires
  • Leclerc Éric - Inscrit 26 février 2014 10 h 11

    "Show de boucane" ou gestes concrets?

    À l'exemple de la loi sur la pauvreté et l'exclusion sociale que les plus démunis voyaient comme une véritable bouffée d'air frais par rapport à leur situation, qui s'est transformé en un ballon vite dégonflé; les organismes qui offent leurs services aux sans-abris et itinérants peuvent-ils avoir confiance que les fonds publics qui leur seront donnés, leur permettront de donner le strict minimum aux plus mal pris (logement, nourriture, soins médicaux, petits boulots, etc...)?

    Si le gouvernement Marois a présenté une politique ministérielle pour instaurer un service civique aux «sans chèques» et aux «sous scolarisés» (sur base volontaire), peut-il insister auprès des travailleurs sociaux pour mieux encadrer les sans-abris qui ont un potentiel certain, pour retourner sur les bancs d'école et obtenir un simple DES pour améliorer leur sort?

  • Huguette Durocher - Inscrite 26 février 2014 21 h 37

    Show de boucane

    Achat de votes, le PQ cible l'électorat pour des votes pour un Gouvernement majoritaire.

    Rien de plus, après nos continurons à être un numéro pour engraisser les Multinationnales et leur classe politique.

    Huguette Durocher

  • yves lalonde - Inscrit 26 février 2014 23 h 38

    Bravo Huguette

    Bravo madame pour votre positivisme.
    N'importe quoi pour descendre le PQ avant même de voir la politique mise en oeuvre pour aider les itinérants. Voilà ce que je considère comme une grande ouverture d'esprit. Varger sur le projet avant même qu'il ne soit présenté. Vous avez toute mon admiration. Décidément, l'insignifiance ne vous fait pas défaut. C'est comme ces parents qui disent à leur enfant " Ça ne sert à rien d'essayer, tu ne réussiras pas"