Jack ou la folie du cinéma

Jack, 44 ans, a fait des études en cinéma. Après s’être retrouvé dans la rue, il a recommencé à travailler à l’écriture d’un scénario.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jack, 44 ans, a fait des études en cinéma. Après s’être retrouvé dans la rue, il a recommencé à travailler à l’écriture d’un scénario.

Jack avait un diplôme de l’Université de Montréal en cinéma lorsqu’il a pensé démarrer un projet de cartes touristiques interactives.

 

« J’avais amassé 10 000 $ de contrats, mais le gouvernement m’a dit que ces contrats signés là n’avaient pas de valeur et a refusé de me financer », dit-il.

 

Jack a la tête dure. Après cet échec, il n’a pas vraiment voulu faire autre chose. Il s’est retrouvé à la rue.

 

« J’ai fait du travail au noir, comme vendre du pot », dit-il, à la station Lucien-L’Allier où nous l’avons rencontré.

 

Un jour, quelqu’un lui signale qu’il y a des locaux de libres dans une usine de produits chimiques qui vient de fermer. Jack s’y installe quelques mois. Puis, il déménage de nouveau parce qu’il n’y a pas de chauffage et qu’il fait froid en hiver.

 

Ensuite, il a un autre appartement avec un coloc. Le coloc croit qu’il a couché avec sa blonde. Jack doit partir.

 

Sur le mur de la station de métro, Jack a dessiné la trame d’un scénario sur lequel il travaille : « Un monde, deux visages. » On y voit entre autres un dessin de son chat Tacha.

 

« J’ouvre la porte du métro aux passants pour gagner de l’argent. Ça paye la litière de mon chat », dit-il.

 

Récemment, Jack a recommencé à travailler sur un scénario de film. « Avant, j’avais pas les outils », dit-il.

 

Il a bien eu une tablette électronique, mais il se l’est fait voler. « Je me suis assoupi, puis je me suis réveillé. La tablette avait disparu. »

 

Il a aussi eu un ordinateur portatif que la blonde de son coloc a détruit « pour se venger ». Mais le projet continue de « mijoter entre les deux oreilles », dit-il. « Avec les nouvelles technologies, ça va être plus facile de faire le montage. »

 

Depuis quelques mois, Jack est de retour en appartement. « En refuge, c’est difficile de prendre soin de toi », dit-il.

2 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 16 février 2014 05 h 07

    Bien arbitraire...

    Voilà comment s'effectue le tri dans le monde de la culture, sans nécessairement égard au talent.

    D'un côté, dans l'ombre, les poqués qui ont voulu mais n'ont pas pu, de l'autre ceux, bien nés, qui se meuvent avec aisance jusque sous les feux de la rampe.

    On ne saura jamais comme société de quoi l'arbitraire nous prive.

    • Guillaume Houle - Inscrit 16 février 2014 09 h 24

      Mme Marcotte,


      Pour votre science, un projet tel que cité par M. Jack existe déjà. Vous pouvez le trouver ici : http://baladodiscovery.com/

      En culture, il faut avoir plus que des idées, ça prend aussi un réseau de gens pour soutenir et développer ton idée, ainsi que beaucoup de persévérance.

      Arrêtons de blâmer le sort et relevons-nous les manches. Il y a de la place pour des créatifs sociables qui osent travailler en équipe avec ceux qui, parmi leur concitoyens, présentent des dispositions et des valeurs similaires.