Gaétan: Montréal ou la descente aux enfers

Gaétan vend le journal L’itinéraire au métro Bonaventure.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gaétan vend le journal L’itinéraire au métro Bonaventure.

Gaétan avait toujours travaillé alors qu’il vivait à Saint-Adèle, d’où il vient ; dans la foresterie, et dans la vente. Mais un jour, ses parents divorcent, son père décède et il perd son emploi.

 

Gaétan décide alors d’aller vivre à Laval pour se trouver un emploi, entre autres pour aider sa mère. « J’aurais pas dû faire ça », dit-il aujourd’hui, alors qu’il distribue L’itinéraire au métro Bonaventure. Parce que c’est à ce moment-là qu’il a commencé à tâter de la drogue. « Quand ma mère est morte, je me suis laissé aller », raconte-t-il.

 

Il dépense de 400 à 500 dollars par jour en crack, finit par en vendre pour pouvoir en consommer, se fait prendre, et écope de 41 mois de prison en 2009. « Dans les Laurentides, j’étais bien entouré », dit-il. À Montréal, il était seul. Et la drogue a servi à colmater sa souffrance.

 

En sortant de prison, il se retrouve à nouveau dans la rue. Il suit une cure de désintoxication à Trois-Rivières. Il change de quartier pour éviter de retomber dans la drogue. Quand on lui demande s’il préfère vivre en prison ou dans la rue, il répond : « En prison, tu le sais où tu vas dormir et tu sais que tu vas manger. »

 

Il dit se maintenir dans une certaine sobriété, même s’il a fait une rechute de cinq jours il y a quatre ou cinq mois. Il vit de l’aide sociale et de la vente de L’itinéraire. « Je suis un des cinq meilleurs vendeurs », dit-il. « La rue, je ne voudrais pas y retourner. C’est un milieu où tu n’as que des ennemis. » Dans ce royaume du chacun pour soi, on risque à tout moment de se faire voler. « C’est pas le même monde », dit-il.

 

Le rêve de Gaétan, qui a aujourd’hui 58 ans, c’est de retourner s’installer dans les Laurentides. Mais il veut y retourner lorsqu’il sera plus stabilisé, et capable de subvenir à ses besoins.