Le quartier gai de Montréal connaît une accalmie

Les patrouilles policières ont concentré leur présence dans les zones jugées plus problématiques.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les patrouilles policières ont concentré leur présence dans les zones jugées plus problématiques.
Les mesures déployées pour juguler la flambée d’actes de violence gratuite dans le quartier gai à Montréal semblent commencer à porter leurs fruits. Aucune nouvelle agression sur des passants n’a été recensée depuis trois semaines dans le secteur du Village.

Tel est du moins ce que rapportent les autorités policières du poste 22 du Service de police de la Ville de Montréal, qui ont mis en œuvre depuis le 20 janvier un « plan de visibilité accrue » dans certains points chauds du Village.

« Ces dernières semaines, aucun autre événement violent gratuit dans la rue ne nous a été rapporté. La présence policière a été augmentée entre 2 et 4 heures du matin la fin de semaine, à la sortie des bars », a confirmé vendredi le commandant du poste 22, Vincent Richer.

Le nombre de policiers affectés aux patrouilles policières dans le quartier est resté le même, mais leur présence a été concentrée dans les zones jugées plus problématiques, a affirmé le commandant Richer. À l’exception de l’auteur d’un vol qualifié, les auteurs des agressions violentes des récents mois n’ont toutefois jamais été identifiés, faute de témoins visuels, a-t-il ajouté.

Six agressions violentes étaient survenues dans la seule semaine du 11 au 17 janvier, faisant culminer la spirale amorcée depuis deux ans dans ce quartier très fréquenté par la communauté homosexuelle. La récente accalmie a de quoi soulager les résidants et fondateurs du mouvement collectif Carré rose, créé dans la foulée des attaques gratuites pour alerter les autorités et l’opinion publique quant aux actes homophobes et à l’insécurité croissante dans leur quartier.

« On fait le bilan tous les lundis matin. Avant, chaque week-end on déplorait de nouvelles agressions. On est convaincus que l’ajout récent de policiers a eu un impact », a soutenu Louis-Alain Robitaille, résidant du quartier gai et instigateur du mouvement citoyen. Selon ce dernier, l’afflux de clientèles à la sortie des bars constitue un des nœuds du problème, ainsi que la présence envahissante de petits revendeurs de drogue dans plusieurs endroits clés du quartier.

Mais la visibilité accrue de policiers ne réglera pas tous les problèmes, pense M. Robitaille. À son avis, une opération-choc doit aussi viser les trafiquants qui sèment la peur et insultent les personnes homosexuelles.

À ce chapitre, le commandant Richard affirme que les jeunes revendeurs ne seraient pas identifiés comme étant les auteurs des agressions rapportées. « C’est une autre problématique dont on est aussi conscients. On travaille depuis des mois à contrôler cet autre phénomène », dit-il.

Chose certaine, les résidants entendent changer l’image de « secteur à risque » qui plane sur leur quartier en invitant, le vendredi 14 février, toute la population à se rallier à une marche festive, le soir de la Saint-Valentin. « On invite les gens à se réapproprier les rues la nuit. Il y a plus de 500 personnes inscrites à la marche et 3000 qui ont appuyé notre mouvement. On espère aussi la présence du maire de Montréal, Denis Coderre », a-t-il dit.

Le maire Coderre a d’ailleurs hissé vendredi à l’hôtel de ville le drapeau arc-en-ciel, qui flottera au côté du drapeau olympique pour toute la durée des Jeux de Sotchi. Faisant référence aux lois homophobes russes, ce dernier a rappelé que la fierté ressentie pour les athlètes olympiques canadiens ne devait « pas nous aveugler sur ce qui se passe en ce moment en Russie ».


Avec Brian Myles
1 commentaire
  • Normand Babin - Abonné 9 février 2014 15 h 26

    jamais on admettra

    Un peu comme si on se bouchait les yeux les oreilles et le nez. On parle dans cet article d' "événement violent gratuit". Ces violences ne absolument pas gratuites, elles sont homophobes. Les victimes sont tous, sans exceptions, homosexuelles. Pourquoi le nier?