Une Mexicaine menacée d’expulsion parce qu’elle a fui un conjoint violent

Ivonne Hernandez, qui est originaire du Mexique, est à quatre jours d’avoir tout perdu.
Photo: Source Cité sans frontières - Facebook Ivonne Hernandez, qui est originaire du Mexique, est à quatre jours d’avoir tout perdu.

Ivonne Hernandez avait tout à perdre lorsqu’elle est allée frapper, avec son bébé d’un an, à la porte d’une maison d’hébergement, pour se protéger d’un mari violent.

 

Elle risquait de perdre sa chance d’obtenir sa citoyenneté canadienne grâce au parrainage de son mari, et aussi la garde de son bébé, à cause de sa situation précaire.

 

Aujourd’hui, Ivonne Hernandez, qui est originaire du Mexique, est à quatre jours d’avoir tout perdu.

 

Un avis d’expulsion, qui entrera en vigueur le 7 février, a en effet été délivré contre elle par l’Agence des services frontaliers du Canada. Son mari, qui l’a dénoncée aux autorités, a obtenu provisoirement la garde de son bébé, à cause de la situation instable de la mère. La Cour familiale doit réentendre la cause le 6 mars, et Mme Hernandez ne pourra pas y assister si elle est expulsée.

 

Injustifiable

 

« Laissez-moi rester avec mon enfant. C’est tout ce que je veux », a dit jeudi, les larmes aux yeux, Mme Hernandez, dans le cadre d’une conférence de presse organisée, entre autres organismes, par la Fédération des femmes du Québec pour réclamer que le statut de réfugiée soit accordé à Mme Hernandez.

 

Pour la Fédération des femmes du Québec, la décision d’enlever l’enfant à Mme Hernandez, même provisoirement, n’est pas justifiable, puisque « cette dernière était en sécurité dans une maison d’hébergement pour femme victime de violence conjugale et leurs enfants ».

 

Tant le Dr Nicolas Bergeron, président de Médecins du monde, un organisme qui a offert ses services à Mme Hernandez, que Sonia Dionne, directrice de la maison d’hébergement Parados, attestent que Mme Hernandez est une bonne mère pour son enfant.

 

« Elle m’a parlé d’un climat de violence psychologique, de menaces à son intégrité physique, et m’a mentionné que son conjoint la menaçait régulièrement de la dénoncer aux agents d’immigration afin de la faire renvoyer au Mexique. […] Sur la base de mes rencontres avec Mme Hernandez, il ne fait aucun doute pour moi qu’elle désirait avant tout prioriser l’épanouissement de son fils et jugeait que la tension à la maison était si insoutenable qu’elle nuisait au bien-être de son enfant », a dit le médecin traitant de Mme Hernandez, la Dre Marie-Michelle Bellon. La Dre Bellon est ainsi citée dans plusieurs lettres adressées au ministre de la Sécurité publique du Canada, Steven Blaney, et au ministre de l’Immigration, Chris Alexander, par des organismes de défense des droits des femmes.

 

Mme Hernandez a d’abord fui le Mexique parce qu’elle y vivait de la violence conjugale de la part d’« un agent de l’État mexicain au service de l’Agence fédérale d’investigation qui a eu des comportements violents physiquement avec elle », soutient l’organisme Amnistie internationale, qui défend la cause de Mme Hernandez.

 

Une fois arrivée au Canada, elle s’est vu refuser le statut de réfugiée. « Le décideur de cette audience a jugé que la protection de l’État mexicain était disponible et que Mme Hernandez avait une possibilité de refuge interne. »

9 commentaires
  • François Parent - Inscrit 4 février 2014 07 h 20

    Avait-elle des papiers?

    Je n'aime pas la façon que l'on présente les événements aucun centre hébergement n 'exclus de femme en détresse . C'est une autre chose que de vivre sans papier au pays. On tente de ternir l' image des centres d' hébergement au nom de la vertu. Devons nous feindre les lois pour sauver les personnes illégales au pays ?

    • Pierre Gabriel Dumoulin - Abonné 4 février 2014 09 h 06

      Pour entamer les procédures de parainage, il faut nécessairement avoir des papiers et avoir le droit légal de vivre au Canada.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 février 2014 09 h 27

      À ce que je comprends, elle est entrée légalement, mais comme c'est son mari qui la parraine, elle perd son parrainage en le quittant.

    • Guillaume Cloutier - Inscrit 4 février 2014 09 h 32

      Vous devez lire l'article avant de commenter... Elle n'est pas menacé d'expulsion du centre d'hébergement, mais bien du pays! Si son conjoint n'avait pas été un homme violent elle aurait probablement fini par obtenir le statut de résident permanent. Le fait maintenant qu'elle se retrouve seul dans un centre d'hébergement justifie malheureusement la demande d'expulsion de la part des autorités sous notre cher gouvernement conservateur!

    • Marie Leclerc - Inscrit 4 février 2014 09 h 36

      M. Parent, vous devriez relire le texte. On ne parle pas d'un centre d'hébergement qui a refusé Mme Hernandez. Mme Hernandez s'est réfugiée dans un centre d'hébergement pour femmes violentées. N'ayant pas la citoyenneté canadienne et étant parrainée par son mari, celui-ci l'a dénoncée aux autorités qui ont jugé qu'en raison de son "instabilité" (pas de citoyenneté, risque d'être déportée), il était plus opportun que l'enfant soit remis au père.
      Ce que je trouve complètement scandaleux dans cette histoire, c'est qu'un pays comme le Canada devrait avoir en place des mesures pour protéger les femmes victimes de violence conjugale et qui sont parrainée par leur conjoint. Cela me fait penser à la situation que vivaient les aides domestiques il y a quelques années lorsqu'elles ne pouvaient pas quitter un employeur abusif de crainte d'être renvoyée dans leur pays. Des changements s'imposent. Et vite.

    • Michel Cadieux - Abonné 4 février 2014 11 h 34

      @François Parent: avez-vous lu le même article que moi? Le centre d'hébergement n'est pas en cause. La dame est en règle, parrainée par son mari, qui lui est citoyen. Celui-ci profite de cet avantage, la menace de lui retirer ce parrainage, la violente. Le mari retire son parrainage et dénonce sa femme. Le Canada s'empresse d'enlever l'enfant pour le remettre au mari violent, et prépare l'expulsion de madame. Le centre et d'autres intervenants essaient de la défendre.

      Vous et moi, visiblement, ne connaissons ni le mari ni la femme. Vous soupçonnez la femme d'intentions illégales! Personnellement, dans l'état de nos connaissances, je prends résolument le parti de la plus faible. Le Canada, s'il était le pays qu'il prétend être, ferait de même. Les faits tels que relatés par la journaliste sont un scandale!

  • François Landry - Inscrit 4 février 2014 08 h 53

    S'il en a un.

    Conrad Black, ancien magnat de la désinformation, fraudeur, il passe 36 mois en taule aux états-unis. Afin de recevoir le titre de Lord Britannique, il renie sa citoyenneté canadienne.

    Habitant toujours à Toronto, il vient de se faire enlever quelques honneurs mais est-ce suffisant? Non, le temps qu'il passe sur les ondes et à écrire dans les pages du national post es-tu temps emprunter de trop.

    Déportons Conrad Black et gardon avec nous cette pauvre femme.

    Change pour change, nous n'avons pas besoin d'un débris de la trempe de M. Black

  • Normand Murray - Inscrit 4 février 2014 13 h 16

    Désolant.

    Combien sont elles peu importe une c'est une de trop.Maintenant avec le paquet d'indésirables au pays franchement cette dame devrait bénéficié d'une seconde chance.Malheureusement elle n'est pas parente avec des dictateurs Lybiens, Syriens et autres du même acabit ou ceux ci bénéficie de statut spécial. L'incohérence règne souvent en maître chez immigration Canada.Combien de personnes sont ici illégalement ou pire j'ai ma citoyenneté je n'ai qu'a revenir sporadiquement question de gardé cette citoyenneté et si par malheur je suis malade bien mon retour en seras accéléré du à la gratuité des soins.À quand un réel suivi de ces usurpateurs de réfugiés et ne me dites pas que ça n'existe pas des firmes et individus se spécialisent comme facilitateur de ce fait.P.S:La police mexicaine est un des corps de police le plus corrompu au monde selon certaines données 50% est un chiffre plus que réel delà la crainte légitime de Mme.Hernandez.

    • florence neuilly - Inscrite 5 février 2014 16 h 18

      Ne vous inquiétez pas, cher Monsieur Murray: nous sommes pléthore d'expatriés et d'immigrants à rentrer darre darre chez nous au moindre bobo pour y bénéficier de soins de santé, tellement le système de santé au Québec fait pitié ! Personnellement, je cotise à la RAMQ pour des prunes car chaque fois que j'ai cherché à consulter ici, j'ai dû renoncer face aux délais interminables d'attente pour avoir accès à un spécialiste ou à certains examens. On a le temps de crever ou de se retrouver avec un cancer de phase terminale !! Sans parler de vos rigolos de médecins qui soignent tout à coup de paracétamol et vous envoient vous "laver avec de la petite vache" quand ce qu'il vous faut, c'est de la cortisone (du vécu !!) !!Je ne vous parle même pas du prix exhorbitif des médicaments ! Si ces immigrants que vous taxez d'usurpateurs se trouvaient si bien ici et ne butaient pas toujours sur votre clientélisme et népotisme sauce poutine, peut-être qu'ils ne chercheraient pas à mettre les voiles vers des cieux plus cléments.
      Pour ce qui est de la corruption au Mexique, ce pays ne se targue pas d'être "le meilleur au monde". Et puis, il faut balayer devant sa porte avant de parler...Franchement, c'est l'hôpital qui se moque de la charité !
      Quant à votre "citoyenneté" canadienne (même si le mot correct est nationalité, mais bon, pas le temps de vous donner un cours de droit...), ne croyez pas qu'elle fait fantasmer grand monde, à part peut-être, il est vrai, encore quelques Mexicaines éplorées qui tombent à point pour raviver la légende de ce pays hospitalier et empreint de magnanimité !