​Aide sociale: légère bonification de 20 $ pour 60 000 prestataires

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté juge nettement insuffisante cette bonification, qui devrait par ailleurs s'étendre à tous les prestataires sans exception, selon l'organisme.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le Collectif pour un Québec sans pauvreté juge nettement insuffisante cette bonification, qui devrait par ailleurs s'étendre à tous les prestataires sans exception, selon l'organisme.
Québec — Près de 60 000 personnes assistées sociales du Québec ont bénéficié vendredi d'une prestation bonifiée.

Cette bonification de 20 $ par mois, qui entre officiellement en vigueur ce samedi 1er février, est consentie uniquement aux personnes dites sans contraintes à l'emploi vivant seules, qui ont recours à l'aide sociale depuis plus de 6 mois et qui ne reçoivent aucune aide au logement.

Elles recevront dorénavant un chèque mensuel de 630 $, incluant l'indexation au coût de la vie de 1 % donnée aux 450 000 assistés sociaux du Québec le 1er janvier dernier.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté juge nettement insuffisante cette bonification, qui devrait par ailleurs s'étendre à tous les prestataires sans exception, selon l'organisme.

Le porte-parole Serge Petitclerc affirme que l'ensemble des assistés sociaux du Québec ne réussissent pas à couvrir leurs besoins de base, ce qui est inacceptable.

Selon lui, le gouvernement doit reconnaître que ce n'est pas 20 $, mais plutôt 600 $ qu'il manque par mois aux personnes visées par la présente bonification.

M. Petitclerc estime que pour couvrir ses besoins de base, une personne doit avoir un revenu autour de 16 000 $ par année, soit environ 1330 $ par mois.

Selon le Collectif, le gouvernement devrait investir plus dans les programmes d'aide sociale. Serge Petitclerc croit qu'en améliorant le revenu des personnes assistées sociales accroît les chances de réussite de leur retour en emploi, en plus de réduire les coûts sociaux liés à la pauvreté.
5 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 1 février 2014 16 h 04

    Le Pérou...

    <<Cette bonification de 20 $ par mois (...) est consentie uniquement aux personnes dites sans contraintes à l'emploi>>

    Tandis que dans mon voisinage de pauvres, ceux aux prises avec une contrainte dûment reconnue ont vu leur chèque majoré d'environ... cinq dollars par mois !

    On ne rigole plus, quand on sait que le ministère n'alloue que quelques dollars pour couvrir les soins dentaires des prestataires, ainsi qu'un maximum de 125 $ pour l'achat de lunettes (verres et montures comprises !)... Et que les banques alimentaires sont vides.

    Qu’en est-il des prestataires qui ont vu récemment leurs prestations drastiquement coupées, suite à la récente <<réforme>> Maltais ? Bénéficient-ils tous de formation à ce jour, suivant ce que promettait la ministre ?

    • Roland Berger - Inscrit 2 février 2014 22 h 56

      Bien oui, le gouvernement sait très bien qu'il n'y aura d'emplois que pour ceux et celles qui pourront acquérir la formation requise pour les occuper, mais lésine sur l'appui financier à cette acquisition. Devrait-on appeler cette attitude de l'hypocrisie sérieuse ?

  • René Racine - Abonné 2 février 2014 04 h 36

    Quel est le profil de l'assisté social ?

    450 000 assistés sociaux au Québec à ce qu'on lit. Derrière cette statistique, il y a des individus qui vivent misérablement dont des enfants qui manquent de tout et qui n'auraont à peu près aucune chance de s'en sortir quand ils deviendront des adultes.
    C'est un vrai drame social, de partir avec 3 stikes quand tu arrives au bâton, tu es retiré avant de t'essayer. C'est gênant aussi de cacher sa pauvreté et son exclusion d'une société prospère, éduquée, formée et générateur de richesse (PIB) collective.

    Un chèque mensuel de 630 $ et vivre une statistique d'être pauvre, c'est vivre de rien et manquer de tout. La pauvreté a ici un visage et je me demande qui sont ces gens, ces laissés-pour-compte.

    On cherche des coupables, ce sont les coupables, des "si" et des "ça" et on connait les qualificatifs qui vont avec le si et le ça et rien ne semble changer. La pauvreté engendre la pauvreté, et pis après on se dit: on est donc content de ne pas être de même. J'ai l'impression que tout le monde s'en fout quand ça devrait être "tout le monde en parle".

    À qui la faute ? Personne ne veut porter le chapeau et ce n'est pas la faute de personne. Il y a plusieurs facteurs qui amènent à l'aide sociale, des spécialistes de la pauvreté ont des études sur le sujet. Durant la grande crise économique de 1929 que mon père a vécu, les gens étaient pauvres mais tout le monde vivait cette situation de pauvreté sauf quelques exceptions. Aujourd'hui, l'exception c'est la pauvreté.

    • Leclerc Éric - Inscrit 2 février 2014 20 h 34

      Les plus récentes statistiques (décembre 2013) indiquaient que 306,000 ménages bénéficiaient de la sécurité du revenu, je suis entièrement d'accord avec vous pour dire que je serais surpris, qu'Agnès Maltais ait vraiment demandé à ses fonctionnaires d'accompagner TOUS les prestataires qui n'ont pas de DES ou encore un taux de scolarisation nettement inférieur; la plus grave erreur commise par Stéphane Bédard à sa nomination comme président du Conseil du trésor, ait d'avoir coupé l'aide de dernier recours à ceux qui parmi tous les bénéficiaires, possèdent le moins de scolarité; plus facile de couper les plus pauvres que de refuser de généreuses hausses salariales aux hauts fonctionnaires, quand les électeurs ont l'esprit ailleurs juste avant Noël ou pendant l'été par exemple.

  • john fitzpatrick - Inscrit 2 février 2014 16 h 21

    ...

    « Serge Petitclerc croit qu'en améliorant le revenu des personnes assistées sociales accroît les chances de réussite de leur retour en emploi »

    Cette affirmation me laisse sceptique.

    Les assistés sociaux sont comme toute autre personne. Si on augmente les prestations d'assistance sociale, on rend l'assistance sociale comparativement plus intéressante que l'emploi. À la marge, il y aura plus de personnes pour qui l'équilibre revenu-loisir de l'assistance sociale sera plus intéressant que celui de l'emploi.

    L'affirmation de M. Petitclerc équivaut à dire que si on augmente le revenu net des travailleurs, on augmente les chances de retour à l'assistance sociale. Ça n'a aucun sens et ce n'est pas observable empiriquement dans le comportement des citoyens.