Bâillonnées par la peur

L’organisme Pour le droit des femmes du Québec, auquel adhèrent Evelyne Abitbol, Michèle Sirois et Djemila Benhabib, réclame que des enquêtes soient ouvertes pour retrouver les auteurs des menaces reçues par certaines femmes musulmanes.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’organisme Pour le droit des femmes du Québec, auquel adhèrent Evelyne Abitbol, Michèle Sirois et Djemila Benhabib, réclame que des enquêtes soient ouvertes pour retrouver les auteurs des menaces reçues par certaines femmes musulmanes.

On a parlé déjà des femmes voilées victimes d’intimidation dans le cadre du débat sur la charte de la laïcité. On parle moins des femmes musulmanes favorables à la charte qui sont intimidées par des membres de leur communauté. Zoom sur un phénomène.

 

Halima (nom fictif) a eu un choc lorsqu’elle a reçu une photo montrant une langue sur le point d’être coupée par des ciseaux alors qu’elle militait activement sur Twitter en faveur de la charte de la laïcité.

 

« Sur le coup, je l’ai envoyée à la police, puis je l’ai effacée », raconte celle qui ne veut pas que son nom soit cité, et qui ne sait d’ailleurs pas qui lui a envoyé cette photo. « J’avais peur, je me suis dit que toute la communauté musulmane me voyait et savait qui j’étais », dit-elle.

 

Halima n’est pas seule dans sa situation. Plusieurs femmes s’étant prononcées pour la charte de la laïcité proposée par le Parti québécois ont reçu des menaces visant à les faire taire. L’une d’elles, qui a témoigné en commission parlementaire à Québec, n’ose plus s’exprimer publiquement sur le sujet parce qu’elle craint pour la sécurité de sa famille à l’étranger après qu’on eut fait circuler des extraits de ses témoignages sur les réseaux sociaux.

 

« Depuis que les audiences publiques sur le projet de loi 60 ont débuté, les intimidations, notamment auprès des témoins, se sont multipliées sur les réseaux sociaux, par téléphone, et dans un site qui semble dédier son contenu aux musulmans du Canada »,affirmait Evelyne Abitbol, conseillère en développement international, lors d’une conférence de presse organisée jeudi par l’organisme Pour le droit des femmes du Québec (PDF), dirigé par Michèle Sirois.

 

L’organisme souhaiterait que les autorités policières assurent la sécurité des femmes osant se prononcer pour la charte sans les dénigrer ou les ridiculiser.

 

Or, selon Mme Sirois, les autorités policières banalisent cette intimidation lorsque les femmes portent plainte.

 

Pour PDF, ces femmes devraient aussi bénéficier d’une protection politique.

 

Selon Michèle Sirois, les personnes visées sont particulièrement des femmes de « certaines communautés » maghrébines et du Moyen-Orient, qui semblent déroger à la règle « de rester dans la maison et dans la sphère privée ».

 

« Nous voulons venir en aide à quelques femmes qui se sont adressées à nous. Certaines devaient être là aujourd’hui, mais elles sont dans leur maison, elles n’osent plus sortir, elles ont peur », dit-elle.

 

Les personnes visées ne savent pas exactement de qui viennent les menaces, qui circulent souvent sur les réseaux sociaux. PDF demande d’ailleurs que des enquêtes journalistiques et policières se fassent à ce sujet.


Un intégrisme présent à Montréal

 

L’organisme Pour les droits des femmes s’attaque plus particulièrement aux activités du Collectif contre l’islamophobie, qui, selon Evelyne Abitbol, vise plus qu’autre chose à soustraire la religion musulmane « à toute critique ».

 

Pour Michèle Sirois, l’intégrisme musulman est présent à Montréal. Elle cite en exemple différentes mosquées — l’une à Brossard, où prêche l’imam Foudil Selmoune, mais aussi sur le boulevard Laurentien et à l’angle des rues Hutchison et Jean-Talon, à Montréal.

 

Djemila Benhabib, auteure du livre Ma vie à contre-Coran et fervente militante pour la laïcité, a quant à elle déjà vu sa photo circuler sur des réseaux sociaux, barrée d’un X rouge.

 

Elle dit avoir aussi été identifiée par certains imams montréalais comme une « égarée », ou un « apostat », ce qui peut, dans l’islam, entraîner une condamnation à mort, dit-elle.

 

Pour sa part, Leila Lesbet, militante féministe et oeuvrant dans le monde scolaire, a raconté qu’un jeune élève de dix ans lui avait déjà demandé pourquoi elle portait du rouge à lèvres durant le ramadan. Une mère lui a aussi raconté que son enfant était intimidé en maternelle parce qu’il ne mangeait pas comme les musulmans orthodoxes le midi. « Dans nos sociétés [musulmanes], il est très difficile de vivre en couple ; on a la famille, la famille élargie, et après c’est tout le quartier », raconte Leila Lesbet.

 

Selon Michèle Sirois, plusieurs femmes décident de ne pas témoigner en faveur de la charte à cause des pressions exercées par la famille ou la communauté.

 

« L’une m’a dit : “s’il arrivait quelque chose à ma mère, je me sentirais coupable”», raconte Leila Lesbet. « Elles sont réduites au silence, non pas en Algérie ou dans un pays où l’islamisme a pignon sur rue. Elles sont réduites au silence au Québec, dans un pays démocratique et libre »,ajoute-t-elle

 

« Est-ce qu’on doit faire cesser nos témoignages sous la menace ? » demande Mme Sirois.

 

Mme Lesbet ajoute qu’il ne faut pas attendre que le nombre de victimes grossisse pour s’attaquer à cette intimidation.

68 commentaires
  • Léandre Nadeau - Inscrit 24 janvier 2014 01 h 42

    La SQ doit faire enquête

    La SQ doit faire enquête et si nécessaire protéger ces femmes. Ce sont nos libertés démocratiques qui sont en jeu. Et peut-être plus. Quant aux journalistes, je ne pense pas qu'ils vont fouiller ces cas car les groupes de presse sont généralement contre la charte et ils font une propagande éhontée contre la charte et le gouvernement actuel. J'avais demandé au journal Le Soleil il y a quelques mois de faire une enquête sur une femme de 70 ans qui avait subi les foudres de deux musulmanes et Le Soleil n'avait absolument rien fait.

    • Yves Perron - Inscrit 24 janvier 2014 08 h 07

      Le Soleil est fédéraliste , il ne va rien faire qui puisse nuire aux Libéraux.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 24 janvier 2014 13 h 15

      Il ne faut pas non plus compter sur la télé d’État pour bien nous renseigner concernant le projet de loi 60. Les reportages radiocanadiens préfèrent plutôt parler, deux fois plutôt qu’une, d’Herouxville, pour mieux tourner cela en risée, et de «division», pour mieux générer l’inquiétude générale parmi la population.

      Vous ne trouverez pas non plus de reportages sur les femmes musulmanes qui font face à de l’intimidation si elles osent parler et défendre la position des pro-charte.

  • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 janvier 2014 03 h 13

    Attention aux raccourcis

    Comme nous l'avons dit concernant les femmes musulmanes qui subissent de la discrimination reliées à l'islamophobie, il ne faut pas faire des raccourcis: ce ne sont pas tous les Québécois d'origine canadienne-française qui sont xénophobes ou racistes. Même chose ici. L'article mentionne bien que les messages de menace ont pour source inconnue. Nous présumons que cela viendrait de personnes maghrébines. Il y a ici une présomption de communauté.

    Ce qui est le plus triste, c'est l'instrumentalisation de la condition de victime des deux côtés, ceux en faveur ou en défaveur du projet de loi 60.

    Il faut élever le débat et ne pas sombrer dans des discours englobant, tu style «tous les gens des régions sont comme si», «tous les musulmans sont comme cela».

    Il faudrait aussi réfléchir à la signification donnée au terme «intégrisme», qui semble avoir une définition élargie dans le débat actuel.

    • Micheline Gagnon - Abonnée 24 janvier 2014 06 h 27

      Merci pour l'objectivité de votre commentaire. Dans ce dossier chaque côté instrumentalise en généralisant le sort de la femme musulmane dans le sens de son opinion. Les deux côtés peuvent avoir raison mais refusent de le reconnaître. Par contre on peut penser que ces femmes, peu importent leurs opinions, font les frais de ce débat, harcelées par les deux groupes. C'était prévisible pour qui les a un tant soit peu côtoyées.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 24 janvier 2014 08 h 07

      Avez-vous bien lu l'article M. Boisvert?

      Il y a des menaces de source inconnue, mais il y a des femmes d'origine maghrébine et du Moyen-Orient qui reçoivent des menaces dans leur milieu familial ou encore des membres de leur famille qui subissent des menaces dans leur pays d'origine à cause de l'appui à la charte ou de la dénonciation d'un milieu culturel et religieux opprimant.

      Un autre média a précisé que les femmes à la conférence de presse avaient dénoncé le site The Muslim news.ca "et demandé que les pages qui ciblent des femmes, remettent en question l'intégrité de leurs témoignages et dénigrent ouvertement leurs propos" soient retirés. Ce site s'est lui-même retiré de la circulation Internet hier, on ne peut plus y avoir accès. Mais on a sûrement fait des captures d'écran de ces infâmies.

      Il est également question du Collectif contre l'islamophobie qui musèle la moindre critique envers l'islam ce qui est un coup bas pour la démocratie.

      Et si vous relisez bien l'article, vous constaterez que Michèle Sirois dénonce l'intégrisme musulman notamment dans deux mosquées (vous saviez que ce sont des musulmans qui fréquentent les mosquées?), mais vous semblez banaliser l'intégrisme

      Par vos propos, vous semblez vouloir minimiser le fait que des femmes favorables à la charte soient victimes d'intimidation, de menaces, d'insultes et que ces nouvelles ne fassent ombrage aux femmes musulmanes particulièrement les femmes voilées qui sont aussi victimes.

    • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 janvier 2014 09 h 33

      La discrimination doit être dénoncée partout, pas seulement sur celles qui appuient notre cause.

      On ne peut pas choisir de défendre certaines victimes seulement parce qu'elles pensent comme nous.

      La défense du droits des femmes, c'est pout toutes les femmes, peu importe leur âge, religion ou couleur de peau!

      Il est inacceptable que des victimes soient instrumentalisées pour ou contre la Charte des valeurs.

  • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2014 03 h 37

    Intimidation dans les écoles...



    Et il n'y aurait pas que ces seules menaces, si on s'en réfère à l'intervention de Daniel Baril de l'Association humaniste du Québec en Commission parlementaire sur la Loi 60 le 22 janvier dernier.

    Il y aurait aussi, et je cite :

    «..de l'intimidation entre élèves qui portent et qui ne portent pas le voile dans les écoles..»

    «Des parents et des enseignants nous on signalé de l'intimidation entre jeunes filles. Des jeunes filles voilées qui intimides des jeunes filles non-voilées, en les traitant de salopes et de putains.. C'est les mots qui ont été cités par des enseignants.. Et ces qualificatifs-là ne s'adressent pas seulement aux jeunes musulmanes, ils s'adressent à toutes les femmes non voilées.»- Daniel Baril

    Or donc, ceux et celles qui prétendent qu'il n'y a pas «de faits» qui justifient un tel débat et qu'il ne s'agit que d'une manœuvre électorale de la part du gouvernement, se trompent amèrement en regard de l'intimidation et du harcèlement dont certaines femmes et enfants sont aujourd'hui les victimes au Québec.

    Christian Montmarquette

    Source :

    Commission parlementaire sur la loi 60 et la Charte de la laïcité
    Audition de l'Association humaniste du Québec

    http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-

    .

    • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 janvier 2014 05 h 58

      Il y a de la discrimination des deux côtés!
      Des femmes voilées qui se font arrachées leur voile, ça existe aussi!

      C'est lâche de choisir ses victimes pour servir sa cause!

    • Benoît Landry - Abonné 24 janvier 2014 06 h 31

      "Or donc, ceux et celles qui prétendent qu'il n'y a pas «de faits» qui justifient un tel débat et qu'il ne s'agit que d'une manœuvre électorale de la part du gouvernement, se trompent amèrement en regard de l'intimidation et du harcèlement dont certaines femmes et enfants sont aujourd'hui les victimes au Québec. "

      Le débat est nécessaire, cela n'empêche pas le gouvernement de le faire avec des visées électoralistes.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 24 janvier 2014 07 h 36

      Bien dit Monsieur Montmarquette...Voilà une raison de plus qui légitime la nécessité d'une charte de la laïcité...Mais à lire l'article "Baillonné par la peur", je commence à croire que cette charte ne sera pas suffisante pour contrer la montée intégriste au Québec...D'autres lois seraont-elles nécessaires pour mettre au pas l'action de certains imans et de certains religieux fondamentalistes...La liberté, l'égalité et la fraternité sont trois valeurs qui fondent l'humanisme de l'humanité...La promotion de ces trois valeurs n'est pas négociable...Que certains se le tiennent pour dit...

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2014 08 h 42

      À Sébastien Boisvert

      «Il y a de la discrimination des deux côtés!»-Sébastien Boisvert

      Vous avez raison, et c'est justement pourquoi la laïcité et la neutralité est le seul moyen de rétablir la paix sociale.

      Plusieurs intervenants de la Commission ont même demandé que les étudiants et les élèves ne puissent pas afficher leur appartenance religieuse dans les écoles.

      Christian Montmarquette

    • Fernand Carrière - Abonné 24 janvier 2014 08 h 44

      « Le débat est nécessaire, cela n'empêche pas le gouvernement de le faire avec des visées électoralistes. » B. Landry

      Comme si les trois partis d'opposition étaient tous purs dans leurs intentions, et n'avaient pas de visée électoraliste dans leur positionnement.

      Le parti au gouvernement avait annoncé ses couleurs pendant la campagne électorale. Le Parti québécois avait élaboré sa politique avant d'entreprendre la campagne électorale ; il a bien préparé son dossier et soigneusement introduit et dirigé le débat.

      Tenons-nous en à la question soulevée : il y a intimidation, on le sait depuis des mois, et tout le monde, y compris les médias tout autant que les victimes, a peur d'en parler.

    • Jean Richard - Abonné 24 janvier 2014 08 h 55

      « ceux et celles qui prétendent qu'il n'y a pas «de faits» qui justifient un tel débat et qu'il ne s'agit que d'une manœuvre électorale de la part du gouvernement, se trompent amèrement »

      Ceux qui nient qu'il y ait électoralisme (plusieurs l'avaient souligné dès le début du débat) sont ou bien naïfs – et on peine à y croire – ou bien cherchent à tromper les autres.

      Même le vocabulaire est, dès le départ, distordu quand on classe les gens entre pro-charte et anti-charte. En réalité, les anti-charte sont probablement assez rares. Il y a plutôt nombre de gens qui exigent des amendements à ce projet de loi (en particulier sur cette question de signes ostentatoires). Si on veut à tout prix faire un classement, il y aurait donc des pro-charte intégrale, des pro-amendements et des anti-charte (probablement très minoritaires).

      La laïcité n'est pas souvent remise en question. Ce qui l'est, c'est plutôt l'intégrisme laïc (le mot peut sembler fort mais il décrit la prise de position intraitable de certains, y compris de ceux qui mettent en branle un long processus de consultation en avertissant les participants que ça ne changera rien au projet de loi – quelle belle démocratie !

      On peut certes nier l'existence de ces faits montés en épingle, mais s'il est légitime d'y croire, il est tout aussi légitime de croire en leur « instrumentation » à des fins électorales, comme on le dit très bien ci-haut.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2014 09 h 22

      À Jean Richard,

      «La laïcité n'est pas souvent remise en question. Ce qui l'est, c'est plutôt l'intégrisme laïc»-Jean Richard

      L'intégrisme laïc n'existe pas

      L'intégrisme laïc n'existe pas, puisqu'un véritable «intégrisme laïc» refuserait d'intégrer les croyants de toutes les confessionalités et pas seulement l'interdiction du port de leur signes religieux durant les heures de travail. Cette assertion est encore plus fausse, parce qu'avec la laïcité, chacun conserve le droit de croire, pratiquer et afficher sa religion dans l'espace civique

      N'oublions jamais que ce sont les religions qui excluent, discriminent, excommunient.

      La laïcité, loin d’exclure, permet au contraire le pluralisme confessionnel et la coexistence pacifique de toutes les tendances et minorités; et y compris celles des athées et des LGBT; qui eux aussi, ont le droit au respect de leurs convictions religieuses.

      Chaque fonctionnaire doit s’acquitter de son devoir de réserve afin d'assurer l'uniformité des services et le respect des autres tendances de ses collèges comme de la clientèle.

      Un employé du gouvernement n'est pas là pour faire sa propre représentation, mais pour représenter l'État et exercer la fonction pour laquelle il a été embauché.

      - Quel respect des croyances des étudiants y aurait-il, si un professeur débarquait dans sa classe avec un chandail arborant..

      «Je suis athée et Dieu n'existe pas.»?

      Christian Montmarquette

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2014 09 h 29


      Une précision importante.

      Je ne nie pas l'utilisation du projet de Charte à des fins électorales.

      Je dis simplement que ce projet de Charte n'est pas «que» ça.

      Un enjeu électoral peut aussi constituer une cause valable à défendre.

      Merci de votre attention.

      Christian Montmarquette

      .

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 24 janvier 2014 09 h 50

      L'intimidation dans les écoles n'a rien de nouveau, celle basée sur la charte ne fait que s'y ajouter, et quant aux victimes... Une de mes connaissance originaire d'Algérie a dû intervenir avec son mari auprès des autorités de l'école parce que leur fille, non voilée, soit dit en passant, subissait de l'intimidation d'une Québécoise, et ce à deux reprises. Les autorités ont fini par menacer celle-ci de la changer d'école si elle poursuivait. Les enfants d'immigrants sont sans doute des vicitimes de choix indépendemment de la charte en question, qui n'arrange rien non plus.

      Veux veux pas cette charte, la manière dont elle a été lancée dans l'espace publique, le fait qu'elle s'appuie surtout sur des aprioris et des supposiions pour ne pas dire des préjugés, plutôt que sur des études, des rapports bien étoffés etc, et l'opposition systématique à des compromis en ce qui concerne la partie la plus discutable et discutées de cette charte qui, en plus discriminer en se qualifiant de charte des valeurs Québécoises, n'a rien fait pour aller dans le sens d'un débat démocratique. Tout cela ne fait que miner la confiance et amener le doute sur les véritables motifs de ce projet improvisé et favoriser des échanges acrimonieux ou pire encore.

      Comme le dit le proverbe on récolte ce qu'on a semé. À mon avis, Mme Marois ne devrait pas trop miser sur les sondages: si une majorité de musulmanes, au Québec, ne portent pas le voile, mais sont de ce fait invisibles, reste que la solidarité va sûrement jouer lors des élections. Elle s'est déjà gouré avec l'entente Péladeau/Labaume qui lui a coûté cher, mais aussi lors du Printemps québécois, avec le carré rouge et les chaudrons, perdant une marti de son électorat déjà d'un certain âge, et de ralliant pas les jeunes, déjà ailleurs. Il y en y a comme ça qui n'apprennent rien de leurs erreurs.

    • - Inscrit 24 janvier 2014 10 h 46

      Vous semblez manipuler avec soin la langue française, tellement qu'on ne sait plus si Amir n'a pas raison d'être là.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2014 11 h 30



      «L'intimidation dans les écoles n'a rien de nouveau, celle basée sur la charte ne fait que s'y ajouter..»-Céline A. Massicotte

      Je suis d'accord avec vous là-dessus. Mais le débat concerne de l'intimidation motivée par l'adhésion à des religions, que nous ne sommes quand même pas obligés de favoriser en vertu de nos règles et du droit.

      Les guerres et les conflits de religions ne vous suffisent-ils pas pour vous convaincre que le droit au pluralisme religieux ne peut être accordé qu'avec le devoir de réserve qui vient avec?

      Christian Montmarquette

    • Jean-Marc Simard - Abonné 24 janvier 2014 11 h 50

      Madame Massicotte, selon vous il n'y avait pas urgence à la demeure pour réaliser un débat sur la laïcité...

      Fallait-il attendre d'avoir le nez collé sur le problème pour commencer à agir ? Il y avait déjà suffisamment d'indices qui commandaient une réaction gouvernementale... Pourquoi la commission Bouchard/Tailor a été mise en place croyez-vous ? Parce que des demandes d'accommodements devenaient complètement déraisonnables...Rappelez-vous l'épisode demandant l'instauration de la charria à Toronto...
      La prévention est la meilleure des politiques...Si celle-ci avait toujours été appliquée, bien des problèmes auraient été évités, comme par exemple le drame de Mégantic...
      Maintenant si vous voulez jouer à l'autruche, libre à vous...

    • - Inscrit 24 janvier 2014 12 h 49

      Que pensent M. Mulcair et Mme David de vos arguments M. Montmarquette ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2014 13 h 59

      «Que pensent M. Mulcair et Mme David de vos arguments M. Montmarquette?»-Georges Hubert

      On s'en doute.

      Mais je crois qu'ils font fausse route dans ce dossiers, puisqu'historiquement autant la gauche que le mouvement féministe étaient traditionnellement des adversaires des religions, du sexisme et du patriarcat religieux.

      Et les chiffres semblent bien confirmer cette présomption, puisque selon un récent sondage mené par CROP, «49%» de la base de Québec Solidaire appuient la loi 60 et le projet de la Charte de la laïcité.

      Christian Montmarquette

      .

    • Benoît Landry - Abonné 24 janvier 2014 14 h 22

      Dans les écoles surtout au secondaire toutes les différences sont des prétextes à jeter du venin sur les autres. Je ne nie pas que des personnes voilées puissent s'être comportées comme le cite M.Montmarquette, mais je serais curieux de savoir statistiquement qui des immigrants et des "natives" sont les plus ostracisées..... Mais bien entendu nous n'aurons pas de chiffres à offrir à cette question plus que bien d'autres depuis le début de ce débat.

      M. Drainville nous dit qu'il faut les apparences de laïcité, ce doit être pour ça que lui et ses supporteurs ne se fient que sur des impressions pour établir leur charte.

      Elles sont là les impressions parfait, mais on est là à étabir une charte, ne serait-ce pas le temps de chiffrer le problème

  • Carole Jean - Inscrite 24 janvier 2014 04 h 39

    Le sexisme, ça va faire !


    Où sont les fausses féministes de la FFQ, les membres de la Commission des droits de la personne et les avocats réactionnaires quand il faudrait défendre ces femmes musulmanes favorables à la Charte, laquelle les libérera des goujats qui les oppriment ?
    Elles pensaient s’échapper d’eux en immigrant au Canada. Mais non ! Les fausses féministes s’allient à leurs tourmenteurs pour qu’elles continuent, comme dans leur pays d’origine, à être sous le joug d’hommes barbares qui considèrent les femmes leur propriété.
    Bravo à l’organisme ‘Pour le droit des femmes du Québec’ qui est du bon côté de la question.
    En effet, le sexisme, c’est-à-dire la ségrégation basée sur le sexe et la discrimination selon le sexe, sous le couvert des religions intégristes doit cesser.
    Ces valeurs rétrogrades et ces idéologies tribales importées, on n’en veut pas ici.

    • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 janvier 2014 05 h 59

      La vraie égalité femme-homme, c'est l'égalité réelle de TOUTES les femmes, pas seulement celle qui votent comme nous.

      C'est inacceptable de choisir les femmes musulmanes qui appuient la charte et de laisse tomber les autres.

      Le vrai féminisme, c'est la défense des droits de TOUTES les femmes.

    • Benoît Landry - Abonné 24 janvier 2014 06 h 35

      "Les fausses féministes s’allient à leurs tourmenteurs pour qu’elles continuent, comme dans leur pays d’origine, à être sous le joug d’hommes barbares qui considèrent les femmes leur propriété. "

      Et le gouvernement qui refuse de cesser de subventionner des groupes religieux à gérer des écoles religieuses qui contribuent à faire perdurer ces mentalités, est -il un allié de ces tourmenteurs ?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 24 janvier 2014 11 h 19

      "Elles pensaient s’échapper d’eux en immigrant au Canada."

      Il manque quelques mots à votre phrase pour qu'elle ait du sens "en immigrant au Canada... avec leur conjoint." Mais même cet ajout ajoute pas de sens au contraire. Quand on fuit son tortionaire, il faut le fuir: le pays n'y changera rien et elles le savent, mais peut-être ne sont-elles pas les esclaves que vous pensez... ou que c'est trop complexe pour vous.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 24 janvier 2014 12 h 57

      Le vrai féminisme, c'est la défense de toutes les femmes, en effet, par contre, ce n'est pas donner son appui à des femmes sexistes, par exemple des femmes qui appuient une pratique sexiste telle que le voile islamique. On peut vouloir défendre les droits de ces femmes en dépit de leur sexisme, mais si on les appuie dans leur sexisme, on ne peut plus se prétendre féministe.

    • Stéphane Laporte - Abonné 24 janvier 2014 13 h 26

      À Monsieurs Boisvert.
      Dans les années 30 au Québec bien des femmes fessaient campagne contre le droit de vote pour les femmes, dont Françoise Gaudet-Smet. Il aurait fallu les écouté elles aussi? Et maintenant, y’a-t-il des regroupements de femmes qui veulent enlever le droit de vote aux femmes?

    • Johanne Bédard - Inscrite 24 janvier 2014 13 h 37

      À Mme Carole Jean

      « Bravo à l’organisme ‘Pour le droit des femmes du Québec’ qui est du bon côté de la question.

      En effet, le sexisme, c’est-à-dire la ségrégation basée sur le sexe et la discrimination selon le sexe, sous le couvert des religions intégristes doit cesser.

      Ces valeurs rétrogrades et ces idéologies tribales importées, on n’en veut pas ici ».

      Mille fois bravo Mme Jean ! J'abonde en votre sens. Avant la vague de l'immigration, nous n'avions pas de problèmes comme ceux qu'on nous obligent à vivre maintenant. Comment se fait-il que les responsables de l'immigration aient laissé une situation se dégrader au point où, nous Québécois, vivons des tensions qui ne font pas partie de notre réalité, qui ne nous appartiennent pas. J'en ai assez de me faire dicter par des étrangers, dans ma province où la paix sociale a toujours régné, les règles de vie de notre communauté québécoise ! Si j'étais immigrée, je serais heureuse de vivre en Occident où les femmes sont libres de leurs choix, et je serais reconnaissante à jamais envers ma Terre d'Accueil qui m'a « acceptée » à bras ouverts !

      Réfléchissez là-dessus !

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 24 janvier 2014 14 h 16

      À M. Hubert

      Peut-être que Khadir et David ne sont pas au courant des propos de M. montmarquette...

    • Benoît Landry - Abonné 24 janvier 2014 14 h 25

      L'art de l'argumentation binaire. Prétendre que les femmes qui ne veulent pas que des femmes soient prises en sandwich entre deux autorités ne soient pas féministes est exagéré. Les régimes intégristes divisent tout en bien et mal sans nuances, en sommes -nous seulement rendu là au Québec ?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 24 janvier 2014 14 h 39

      M. Simard, vous embrassez large comme ont dit.

      "Madame Massicotte, selon vous il n'y avait pas urgence à la demeure pour réaliser un débat sur la laïcité..."

      ET

      "Pourquoi la commission Bouchard/Tailor a été mise en place croyez-vous ? Parce que des demandes d'accommodements devenaient complètement déraisonnables..."

      Présentement, tout tourne autour de l'interdiction des signes dits ostentatoires, tout le reste fait consensus, alors il ne sert à rien d'en parler. Et en passant, ne vous en faites pas pour ma mémoire, elle foctionne très bien.

      Quand on veut prévenir quelque chose, il faut savoir quoi au juste et ne pas viser à droite et à gauche sur n'importe quoi comme fait le P. q. en ciiblant sans les nommer les musulmanes.

      Le P. qui avait depuis 4 ou 5 ans une charte de la laïcité portant ce nom, et non pas un titre farfelu, rédigée entre autres par la députée de longue date Mme Beaudoin, mais ne s'en n'est jamais servi. Donc vraiment, mais vraiment pas d'urgence.

      La seule uregence de Marois dans le moment, c'est un mandat majoritaire pour lequel elle est prête à tout. Y compris à plomber l'option souverainiste.

      Céline A. Massicotte, indépendantiste de la première heure et électron libre

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 24 janvier 2014 15 h 14

      À M. Montmarquette, 11h30

      Vous avez la main afflolée sur la gachette, et me lisez vous bien? je vous cite.

      "le débat concerne de l'intimidation motivée par l'adhésion à des religions, que nous ne sommes quand même pas obligés de favoriser en vertu de nos règles et du droit."

      Ais-je dis cela? Je répndais à un commentaire qui me semblait verser dans la généralisationj.

      "Les guerres et les conflits de religions ne vous suffisent-ils pas pour vous convaincre que le droit au pluralisme religieux ne peut être accordé qu'avec le devoir de réserve qui vient avec?"

      Ais-je dit quoi que ce soit qui ait pu donner à penser que je favorise en quoi que ce soit une religion quelconque au détriment des règles et du droit? Et que vient faire ici le pluralisme religeux alors que, visées sans que le P. q. ne les nomme, tout ne tourne qu'autour de la tête des femmes musulmanes dans la fonction publique?

      Je n'en ai que contre le P. q. la manière qu'il a eu de lancer ce débat sur une fausse fuite, pour faire une fausse commission où l'opposition est invitée à rester chez elle, puisqu'il n'y aura pas de compromis possible pour ce qui est de l'inerdiction des signes dit ostetatoires dans la fonction publique, alors que tout le monde ne s'intéresse qu'à cet aspect de la charte.

      S. V. P. . ne vous emportez pas et lisez moi bien avant de me répondre. Merci.

  • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 janvier 2014 04 h 43

    On ne choisit pas ses victimes!

    Des femmes musulmanes en faveur du projet de loi 60 se disent victimes de menaces. Des femmes musulmanes en défaveur du projet de loi 60 se disent victimes de discrimination et d'agression.

    On ne choisit pas ses victimes!

    Lorsqu'un groupe qui se dit défenseur des droits des femmes «choisit sa solidarité» envers certaines victimes seulement, c'est inacceptable.

    Dans une société libre et démocratique, toutes les victimes sont à défendre et toutes les menaces sont à combattre.

    C'est inhumain que considérer qu'il y a des victimes plus valables que d'autres!

    • Louis Roy - Inscrit 24 janvier 2014 07 h 56

      C'est lâche de s'attaquer à eux qui dénoncent l'intimidation au lieu de s'attaquer à eux qui intimident et menacent!

    • Pierrette Bouchard - Abonnée 24 janvier 2014 08 h 01

      Vous revenez toujours avec cet «argument». Ce sont plutôt les victimes qui ont choisi leurs défenseresses ici. Par ailleurs. qu'est-ce qui vous permet de dire que ces dernières ne défendent pas toutes les femmes? Rien.

    • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 janvier 2014 09 h 36

      C'est lâche d'instrumentaliser les victimes au profit d'une cause politique, que se soit pour ou contre la charte.