Le nouveau visage de «l’insécurité alimentaire»

Béatriz Rivera, son mari Jean-Baptiste et leur petit Diego. Le couple, diplômé de HEC, vit une situation d’insécurité alimentaire qu’il croyait impensable.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Béatriz Rivera, son mari Jean-Baptiste et leur petit Diego. Le couple, diplômé de HEC, vit une situation d’insécurité alimentaire qu’il croyait impensable.

Près d’un Canadien sur 10 souffre «d’insécurité alimentaire», révèle une étude récente de Statistique Canada. Les femmes et les enfants sont les premières victimes. Même des jeunes bardés de diplômes — et qui travaillent — sont forcés de recourir aux banques alimentaires. Zoom sur un nouveau phénomène.

La vie jusque-là sans histoire de Béatriz Rivera a basculé en mars 2011. Elle a été congédiée par la société d’assurance où elle occupait un poste bien rémunéré lorsque son patron a appris qu’elle était enceinte. « Ils ont mis mes effets personnels dans un grand sac noir et ils m’ont dit de quitter les lieux sur-le-champ », raconte la femme de 33 ans.

Presque trois ans plus tard, elle et son mari se démènent encore pour remettre leurs vies sur les rails. Après une longue bataille juridique, Béatriz Rivera a gagné sa cause pour congédiement abusif devant la Commission des normes du travail, mais ça ne lui a pas redonné son ancien emploi. Et son mari de 32 ans, qui a terminé sa maîtrise en marketing à HEC Montréal, cherche désespérément du travail. Immigrant français, son permis de séjour ne lui permettait jusqu’à récemment de travailler que sur son campus universitaire.

Le couple a quitté son confortable appartement du centre-ville de Montréal pour un trois et demi dans le quartier Côte-des-Neiges. Ils ont rempli leurs cartes de crédit pour payer le loyer, l’épicerie et les couches de leur garçon, Diego, qui a 18 mois. Et Béatriz Rivera doit accoucher dans les prochains jours d’un deuxième enfant. Toute la famille dormira dans l’unique chambre de l’appartement.

« On vit beaucoup d’insécurité. On n’a pas d’argent pour le moindre imprévu. Je me dis toujours : “Qu’est-ce qu’on va faire s’il arrive quelque chose avec le bébé ?” », dit la mère de famille d’origine mexicaine, qui a immigré à Montréal il y a 10 ans.

Béatriz Rivera et son mari Jean-Baptiste nous reçoivent chez eux. Le petit Diego court dans toutes les directions. Les parents gardent leur patience, les traits tirés. L’inquiétude se lit sur leurs visages. Ils ne pensaient jamais se retrouver dans une situation pareille. Ils ont l’impression de vivre un mauvais rêve.

Ils sont pourtant jeunes, brillants, dynamiques et diplômés de HEC Montréal, une des universités les mieux cotées du Québec. Ils sont convaincus que leur « mauvaise passe » laissera place à un avenir meilleur. Mais en attendant, la jeune maman compte sur l’aide d’un organisme communautaire pour bien se nourrir. Elle avait aussi eu droit au secours précieux de cet organisme, le Dispensaire diététique de Montréal, au cours de sa première grossesse.

« C’est grâce au Dispensaire que j’ai pu mettre au monde un premier bébé en santé. Et bientôt un deuxième, souhaitons-le », dit-elle.


Les femmes et les enfants d’abord

Ce couple est loin d’être seul dans cette situation précaire. Les jeunes femmes qui ont un emploi — et souvent un diplôme — représentent une nouvelle clientèle pour le Dispensaire diététique de Montréal, explique Marie-Josée Caya, directrice de l’organisme fondé en 1879.

« Le nouveau visage de l’insécurité alimentaire, c’est des gens éduqués, dynamiques, qui ont souvent un travail, mais n’arrivent pas à joindre les deux bouts », dit-elle.

Une étude de Statistique Canada rendue publique juste avant le temps des Fêtes confirme l’ampleur du phénomène. Pas moins de 1,1 million de ménages canadiens ont de la misère à se nourrir convenablement ou ne mangent pas à leur faim, selon le rapport ; 8,3 % des familles vivent une telle « insécurité alimentaire ».

Les femmes et les enfants sont les principales victimes de cette difficulté à bien se nourrir. Près d’une mère de famille monoparentale sur quatre (et leurs enfants) souffrent d’insécurité alimentaire.

« La vie peut basculer rapidement. Un simple incident peut venir tout changer », dit Béatriz Rivera. Les gens qui ont besoin d’aide alimentaire se trouvent souvent dans une situation temporaire, confirme Marie-Josée Caya. Les clientes du Dispensaire diététique ont un emploi précaire, sont aux études ou se trouvent en congé de maladie, entre autres.

Compter ses sous

L’insécurité alimentaire se transforme rapidement en insécurité tout court. Béatriz Rivera et son mari passent leur temps à compter leurs sous et à imaginer des façons d’économiser pour se nourrir, se vêtir, se déplacer. « On achète tout en spécial. On découpe les coupons dans les circulaires et on achète chez Dollarama », résume Jean-Baptiste.

Le Dispensaire diététique donne à Béatriz les aliments de base d’une femme enceinte qui veut donner naissance à un bébé en santé : oeufs, jus d’orange, légumineuses, fruits, légumes, yogourt. L’organisme offre aussi des cours de tricot, de cuisine, de relaxation, des visites gratuites au musée — y compris un billet de métro gratuit, ce qui n’est pas rien.

Plus important encore, le Dispensaire diététique a même embauché Béatriz Rivera : elle a décroché en septembre dernier un emploi de réceptionniste… qu’elle retrouvera après son congé de maternité d’un an. Cette diplômée en administration des affaires est sans doute surqualifiée pour ce poste, mais qu’importe : Béatriz se sent respectée et utile au Dispensaire. À défaut d’être riche, elle a trouvé là un précieux réconfort.

38 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 7 janvier 2014 00 h 25

    Pas plus tard qu'il y a quelques jours

    Oui pas plus tard qu'il y a quelques jours certains ici même se fendaient de raisonnements abscons pour tenter de démontrer que nos jeunes avaient le ventre plein et que c'était par négligence qu'ils ne parvenaient pas à préparer leur retraite...

    Aujourd'hui on nous apprend que certains, même diplômés, ne mangent pas à leur faim et apparemment ont un avenir des plus incertains.

    J'ai hâte de voir ce que nos jovialistes vont dire.

  • Jean-Roch Nelson - Inscrit 7 janvier 2014 08 h 14

    la business de la pauvreté

    je suis compable et je fais des rapports d'impot depuis 40 ans.La vraie pauvreté chez les familles québécoises avec enfants est pratiquement inexistante.Les statistiques omettent délibérément les revenus qui proviennent de la tps-tvq,prestation fiscale,crédit d'impot solidarité et allocation enfant du Québec,Pour deux enfants dans une famille a revenu de 30000$ plus ou moins celle-ci recevra 1000$ par mois non imposable.C'est quand meme 12000$ sans impot par année.Les organismes veulent continuer a vivre avec des subventions gouvernementales et omettent délibérement ces statistiques pour grossir l'état de la pauvreté.Le vrai probleme,dans la majorité des cas c'est l'incompétence des parents et surtout leur manque de responsabilité.Dans le cas précité dans l'article,oui il se peut que le couple soit en difficulté temporaire,mais ils ont eus l'intelligence de couper dans une dépense non primordiale,loyer,et je suis certain que ce n'est qu'une question de temps avant que leur situation ne s'améliore.Je ne crois pas au statistique sur la pauvreté,elles sont biaisées,c'est comme les stats sur le décrochage,ca va de 20 a 50% tout dépendant si les stats viennent du ministere ou d'un syndicat

    • France Marcotte - Abonnée 7 janvier 2014 09 h 17

      «Pour deux enfants dans une famille a revenu de 30000$ plus ou moins...»

      Et si le revenu est pratiquement inexistant?

    • Jean-François René - Abonné 7 janvier 2014 09 h 59

      Considérer non primordiale le loyer, va à l'encontre de toutes les études sur la pauvreté des familles. La clé passe bien souvent pas un logement vivable, en fonction de la grosseur de la famille. Quant à affirmer qu'il n'y a pas de vraie pauvreté des familles au Québec, c'est une affirmation purement idéologique.

    • Bernard Moffett - Inscrit 7 janvier 2014 11 h 03

      Statistiques biaisées? Possible, surtout depuis qu'Harper est à la calculette!

      Mais dites, qui donc utilise les services d'un compatable? Est-ce que votre 'échantillon' est suffisant, significatif et pertinent?

      N'est-il pas vrai qu'un médecin ne voyant dans sa carrière que des 'malades' ne peut surtout que vous parler à titre de professionnel en tout premier lieu que des 'malades'?

      Un comptable, selon moi, ne peut en tant que tel que voir des gens capables de se payer un comptable, par conséquent certainement pas ceux qui sont visés par cet article.

      Mais qui peu prétendre que: Pas vu = Existe pas?

      Et les 50 000 000 de 'foodstampeux' aux USA? Statisque biaisée aussi? Et la pauvreté grandissante en Europe? Biaisée aussi. Et les tablettes des produits en 'spécial' au supermarché et qui se vident dans le temps de le dire?

      Les gens souffrent de plus en plus de l'estomac et cela se constate de visu. Et probablement qu'il ne faut surtout pas être comptable pour s'en apercevoir.

      Comme pro du chiffre, parlez-nous donc un peu des départements 'commodities' des banques d'affaire. Merci.

      Nunc est bibendum?

    • Marie-Ève Mathieu - Abonnée 7 janvier 2014 11 h 14

      Vous faites des rapports d'impôts depuis 40 ans et vous croyez que votre expérience est représentative??? Les pauvres n'ont pas le moyen de faire affaire avec un comptable, donc vous ne les voyez jamais. Qu'est-ce que vous pouvez en savoir? Les loyers seraient inessentiels? C'te blague. Il ne fait pas du tout froid au Québec.
      Ma maison ne me coûte pas cher à chauffer, parce que j'ai eu les moyens de la rénover pour qu'elle ait les caractéristiques de Novoclimat ou presque, elle ne dépasse pas 25% de mon budget mensuel, parce que je suis nantie et que j'ai des options: j'ai pu sortir de Montréal, où les appartements sont très chers et mal isolés, car j'ai une voiture. La possibilité de faire des choix économiques vient, paradoxalement, avec l'aisance et non avec de bas revenus.

    • Francois Cossette - Inscrit 7 janvier 2014 13 h 45

      Un comptable ca sert a compter des chiffres mais ca sert a rien quand il n'y a pas de chiffres a compter c'est pour cela qu'il ne peut comprendre la situation.

    • Gilles Théberge - Abonné 7 janvier 2014 13 h 52

      Imaginons que notre société soit complètement dominée par une vision «comptable» et jovialiste des choses. Vous avez raison madame Mathieu, on ne peut faire des choix que quand on a le choix.

      Un jour j'ai dit à mon fils, tu devrais t'intéresser à la «simplicité volontaire» mon fils.

      Il m'a répondu fort pertinemment : Penses-tu vraiment que j'ai le choix p'pa?

      Là-dessus j'ai fermé ma yuele...! Certains devraient peut-être y songer au lieu de dire n'importe quoi.

    • Mario Bard - Inscrit 7 janvier 2014 16 h 28

      "Dépense non primordiale - le loyer -..." Pardon? Aies-je bien lu?

      Avoir un toit sur la tête, et par dessus le marché, dans un pays où l'hiver est très froid (comme aujourd'hui), est "non primordiale"?

      Je suis sidéré. Un toit représente l'une des première sécurités dont les humains ont besoin avec la nourriture. Surtout quand on a des enfants. Avec tout le respect, sur quelle planète vivez-vous Monsieur Nelson?

  • Rafik Boualam - Inscrit 7 janvier 2014 08 h 19

    L'héritage de Harper

    Et la situation ira en s'empirant. Les conservateurs ont donné des congés de taxes à des entreprises déjà trés riches pour la création de l'emploi, résultats, elles ont pu épargné des dizaines de milliards de dollars qui,...loin d'être réinvestis, dorment dans les banques. Pendant ce temps, les gouvernements, tant fédéral que provincial, tapent sur les plus pauvres, les chômeurs et les assistés sociaux.

    • Jacques Moreau - Inscrit 7 janvier 2014 11 h 21

      <<Les conservateurs ont donné des congés de taxes...>> Pour une chose, les entreprises ne paie pas vraiment de taxes; elles collectent des taxes pour les gouvernements. Les consommateurs paient des taxes; c'est à dire, le petit salarié. Qui croyez-vous paie les taxes que la compagnie de téléphone ou d'électricité doit remettre en taxes aux gouvernements? Regardez dans votre facture! Vous verrez les taxes de ventes, et il vous reste à vous demander ou ils prennent l'argent pour leur profits, impôts et aussi la part d'impôt sur le revenu de leurs employés.

    • Gilles Théberge - Abonné 7 janvier 2014 14 h 04

      Ça me fait penser à ce mot dont je ne me souviens pas du nom de l'auteur et qui disait, mais où va-t-on prendre l'argent? Chez les pauvres répondit l'autre. Oui mais les pauvres n'ont pas d'argent réplique le premier. Et l'autre dit, c'est vrai, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres...

      Comme disait Voltaire, gouverner c'est prendre l'argent à certains pour le donner à d'autres.

      À qui vous pensez ?

  • Yves Perron - Inscrit 7 janvier 2014 08 h 46

    Les deux côtés de la médaille

    Malheureusement, on ne connaîtra pas l'autre version de l'histoire et mon expérience de vie m'a apprise que d'habitude les gens compétents et rentables ont toujours du travail.

    Ce n'est pas parce qu'on a des diplômes qu'on est compétents automatiquement. Je n'ai qu'un secondaire et je n'ai jamais eu à chercher plus d'une semaine pour un nouvel emploi. J'ai même quitté 2 fois un poste pour lequel on m'a fait revenir avec des conditions bonifiées. Présentement je cumule 2 emplois et je dois refuser d'autres à 61 ans.

    • France Marcotte - Abonnée 7 janvier 2014 10 h 01

      Et si vous aviez été incompétent dans le sens que vous pensez, vous auriez mérité de crever de faim sans qu'on vous porte secours?

    • Bernard Moffett - Inscrit 7 janvier 2014 13 h 08

      Oh! le beau petit sujet ce jour'hui. Compétence? Que dire de celle de ceux qui nous ont pondu la situation actuelle?

      Que dites-vous de ceci (Le Monde, Jan 2014):
      - Grèce : 27,3 % de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans : 54,8 %
      - Espagne : 26,7 % chez les jeunes 57,4 %
      - Croatie : 17,6 % chez les jeunes : 52,4 %
      - Chypre : 17 % chez les jeunes : 43,3 %
      - Portugal : 15,7 % chez les jeunes : 36,5 %
      - Slovaquie : 13,9 % chez les jeunes : 31,5 %
      - Bulgarie : 13,2 % chez les jeunes : 28,8 %
      - Irlande : 12,6 % chez les jeunes : 26 %
      - Italie : 12,5 % chez les jeunes : 41,2 %

      Rien que des imcompétents, des fainéants? Et pas dans des pays de bonhommes verts avec des antennes! Et je ne parle pas des techniques de mesure de chômage qui sont basées sur la 'population active' (une farce?). Je ne parle pas non plus de la création de jobs aux USA qui sont surtout dans le domaine de la 'récréation' (barman, serveur etc.), jobs à bas revenus et captés surtout par la tranche d'âge des plus de 50 ans! Alors que nos pays ont besoin d'industries et des salaires qui vont avec.

      Monsieur. Le système est en panne sèche. La situation actuelle ne dépend pas uniquement de la bonne volonté de certains. Il est évident que le travail disparait structurellement et de plus en plus.

      La première de toutes les évidentes causes en est une de nature technologique; plus de machine = moins d'hommes. La seconde, la mise en compétition insensée de pans entiers de populations à travers l'univers, de laquelle les plus exploités sortent 'gagnants'. Achetez chez Dolorama et je vous le dit, peu après vous n'aurez plus les moyens d'y aller. C'est bête mais c'est comme ça. Une troisième consiste à laisser aller le gavage des plus gras en croyant que les excès de mietttes nouriront les plus maigres. Marché de dupes dont nous avons fait, faisons et feront les frais.

      S'il y a imcompétence, cherchez la du côté des borgnes qui gouvernent et qui font danser.

      Visa le blanc,

    • Huguette Durocher - Inscrite 7 janvier 2014 20 h 20

      M. Moffett,

      Au Québec c'est ont ce met la tête dans le sable pis nos hauts dirigeants "ce font" et "nous fonds" des accroires.
      C'est facile, l'argent ne sort pas de leur porte-monnais mais dans celui des payeurs.

      C'est pas nos services de santé qui nous coûte cher, ce sont les promesses de nos élus (CHUM). . . . et autres.

      Une autre taxe.... il est grand temps de couper en haut dans le gras avant de couper dans "nos services".

      Mais misère, nous faire des accroires et ce servir dans le pot à $$$$$, au nom du nous sommes des savents et brillant économises....

      C'est la bourse qui tiens l'économie ....Actions en bourse, 6 compagnie "porte-feuille" au travers du monde mais subventionné au Canada et Québec ou autre..... des riches qui mettent leur argent à l'abrit par des tucs des avocats-fiscaliste.

      Huguette Durocher

  • André Michaud - Inscrit 7 janvier 2014 09 h 33

    Aide de la famille ?

    Absolument rien de nouveau dans cette situation. Qui n'a pas passé par là? On a tous eu nos vaches maigres..

    Au début de mon mariage je fus employé occasionnel au gouvernement . A chaque début de contrat il fallait attendre des semaines avant d'avoir une première paye..

    Ce sont mes parents et ceux de ma femme qui nous ont aidé à quelques reprises avant que ma situation financière devienne stable.

    Retour des choses, nous avons aidé notre fille lorsqu'en sortant des études elle avait des dettes et peu de revenus..

    De plus en plus au Québec on demande à l'état de remplacer la famille, on semble vouloir remplacer la famille par le "gouverne maman" ..on détruit ainsi les liens familiaux pour aller plus vers l'individualisme..est-ce vraiment souhaitable?

    Déjà la notion de couple est de plus en plus éphémère, verra t'on la famille devenir aussi éphémère?

    • Christian Fleitz - Inscrit 7 janvier 2014 10 h 24

      Que les familles soient solidaires, c'est une bonne chose. Il n'empêche qu'être obligé de compter sur celles-ci pour pallier les difficultés de la vie n'est pas raisonnable. Certes, compétence, au moins théorique, n'est pas performance, mais la société doit permettre à tous et à chacun de pouvoir vivre décemment de son travail, le contraire n'est pas raisonnable et comporte des risques sociaux évidents. L'activité économique ne doit pas avoir comme seul objectif que de bonifier les intérêts des actionnaires des compagnies, ce qui est la seule règle de l'économie néolibérale actuelle, mais doit tendre vers une ''économie responsable'' qui, d'une part, se donne comme objectif la réponse aux besoins de la société humaine et, d'autre part, de permettre à chacun d'obtenir les moyens nécessaires à vivre de manière autonome. Voilà, un vrai but à donner à la société.

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 janvier 2014 10 h 26

      Il s'agit d'immigrants, dont la famille est sans doute à l'étranger.

    • Sandy Carreiro - Abonnée 7 janvier 2014 10 h 52

      Le gouvernement aide la famille depuis les débuts de la colonisation. Allocation familiale, éducation, etc. C'est la base même du colonialisme tel que le drapeau québécois l'illustre: l'église (la croix au centre) main dans la main avec la monarchie (bleu royal et fleur de lys) pour civiliser l'amérique. Vous n'ête pas plus noble parce que votre famille vous a aidé. Ça s'appelle de l'embourgeoisement et du népotisme.

    • caroline masse - Inscrite 7 janvier 2014 12 h 19

      Que fait-on quand on a des parents qui sont dans la soixantaine, qui sont proches de leur retraite et qui refuse d'aider monétairement? Il nous est impossible, autant du coté de mon conjoint que du mien d'avoir de l'aide monétaire de nos parents, pas plus que d'avoir leur aide pour faire garder notre fils lorsque la garderie est fermée pour la énième fois, ou qu'il a un peu de fièvre et que la garderie ne veut pas le prendre. Mon conjoint et moi avons tous 2 notre diplôme d'études secondaire, et nous occupons des postes dans des entreprises qui ne nous paye aucune journée de maladie, ni de journées de congé exemple quand le bureau ferme pour les fêtes de Noël pendant 2 semaines, nous ne sommes pas payés. Pour revenir au commentaire de André Michaud, ce n'est pas la société en général ni les nouvelles générations qui sont individualistes, c'est souvent les babyboomers qui sont comme ca. Eux, étant jeunes, ils avaient papa et maman qui leur donnait de l'argent pour les aider à commencer leurs familles et ils avaient tous leur mamans à la maison pour garder leurs enfants. Aujourd'hui, parcontre, demandez leur de garder vos enfants et ils trouvent toujours une raison pour ne pas le faire ex. il est trop énervé, j'ai pu l'énergie, je ne me sens pas à la hauteur ect... Pourtant, pour eux, leurs propres parents étaient là pour les garder leurs enfants et ils étaient aussi vieux et même plus qu'eux maintenant! Ca vaut pour tous les types d'aide.
      Alors, les gens comme nous se replient sur eux-mêmes, travaillent comme des fous pour des salaires de crève-faim, on s'endette pour pouvoir avoir une maison (une vieille petite niche dans les Laurentides) pour que notre fils puisse jouer dehors et grandir dans un environnement où il ne se fera pas chicaner à chaque fois qu'il fait un peu de bruit et où on ne se fera pas regarder de travers par les autres locataires parce que notre fils s'époumonne dehors. On ne se paye jamais de luxe. On fait sans l'aide de nos parents.

    • caroline masse - Inscrite 7 janvier 2014 12 h 31

      De plus, en ce qui concerne les ''retours d'impôts'', les ''remboursements TPS/TVQ'', on les oublie, on en a jamais. On a pas assez de dépenses pour arriver à 0$ à la fin des trimestres. Les allocations nous aident de 2 manières: De un, acheter le linge dont notre fils a besoin pour les saisons (linge d'été, automne, hiver, printemps) et à cinq ans, le linge ne fais pas plus qu'une saison, et acheter ses souliers, ses bottes. De deux, les petites allocations de chaques mois environs 178$, nous aide à payer la nourriture à la fin du mois où les plus gros paiements passent et à mettre du gaz pour aller travailler. Je popotte pour étirer la nourriture tout en veillant à ce que notre fils ne manque de rien, mais ouui, des fois, on mange 2 oeufs avec une toats. Mon conjoint et moi même on a toujours peur que quelque chose d'autre arrive, on est toujours stressés et notre fils a commencé à développer un stress alimentaire. Il voudrait constamment être en train de manger, et souvent il prend quelque chose, en mange quelques bouchées, le jette et demande autre chose. Il ne fait ca que depuis qu'on est en difficulté financière. Il demande si je vais faire l'épicerie ''parce qu'y a plus rien'', faisant allusion au fait qu'on a que la nourriture indispensable, mais pas de barre tendre ou de popcorn. Beaucoup de jeunes de notre âge sont dans cette situation. Et de ne pas avoir d'aide de nos parents nous contraint souvent à s'endetter, entre autre au congé de grossesse où on attend 3 mois pour avoir le premier chèque. Mon fils a cinq ans et on est toujours en train d'essayer de s'en sortir, On a eu un imprévu il y a 6 mois, et tout est à refaire. Voilà la réalité d'aujourd'hui!

    • Huguette Durocher - Inscrite 7 janvier 2014 19 h 48

      Bonjour chère Maman Masse,

      Merci de remettre la pendule à l'heure.

      Mais, il y a beaucoup de grands-mamans qui doivent travailler
      et n'ont pas plus que 2 semaines de congés payé, pas d'avantages sociaux et aucune retraite devant elles.

      Bisous une grand-maman,
      Huguette Durocher

    • Huguette Durocher - Inscrite 7 janvier 2014 21 h 27

      M. Fleitz,

      La politique au pouvoir depuis les dernière décénies au Québec a largement contribué au non vrai développement économique du Québec et à endetter le Québec.
      Le tout au nom des promesses électorales du parti en place.......
      Avions-ton besoin d'un CHUM non fini qui tombe en ruine de moissisures et qui nous coûte la peau des fesses.

      Cela inclut le présent Gouvernement en place.
      Huguette Durocher