G20 de Toronto : les derniers arrêtés québécois libérés

L'événement a donné lieu aux plus importantes arrestations de masse de l'histoire canadienne.
Photo: François Pesant - Archives Le Devoir L'événement a donné lieu aux plus importantes arrestations de masse de l'histoire canadienne.

Youri Couture et Guillaume Constantineau, deux militants québécois anticapitalistes condamnés à six mois de prison pour des gestes commis durant les manifestations du G20 à Toronto, en juin 2010, ont été libérés.

Selon un groupe de soutien et de correspondances créé à leur intention sur le réseau social Facebook, ils ont recouvré leur liberté mercredi. Il s'agit toutefois d'une libération conditionnelle. Toujours selon le groupe, la famille de Guillaume Constantineau allait le retrouver mercredi à 14h.

Les cas des deux accusés avaient été transférés au Québec depuis le Service de police de la Ville de Toronto. Les deux hommes avaient alors plaidé coupables à trois chefs d'accusation, soit ceux de voie de fait armée contre un policier, de possession d'arme et de méfait de plus de 5000$. En échange du plaidoyer de culpabilité, la Couronne avait accepté de retirer les autres chefs déposés contre eux (quatre chefs d'accusation en tout). La possibilité de purger une peine au Québec et d'augmenter les visites des proches y aurait aussi joué pour beaucoup.

La peine d'emprisonnement avait été prononcée le 4 octobre dernier à Montréal par le juge Marc David.

Guillaume Constantineau et Youri Couture sont les derniers manifestants québécois à être condamnés à une peine de prison par la justice québécoise concernant le G20 de Toronto, qui s'est déroulé les 26 et le 27 juin 2010 au Palais des congrès de la Ville Reine. Charles Bicari, en 2012, a lui aussi été incarcéré durant 7 mois pour vandalisme.

Rappelons que l'événement a donné lieu aux plus importantes arrestations de masse de l'histoire canadienne. Près de 1090 personnes ont été arrêtées durant cette fin de semaine, mais 827 d'entre elles avaient été relâchées sans qu'aucune accusation ne soit portée contre elles.

En septembre dernier, l’agent Babak Andalib-Goortani a été reconnu coupable de voies de fait armées contre un manifestant. La juge Louise Botham a déclaré que le policier avait fait usage d’une force excessive pendant son arrestation.

En 2011, un juge de la Cour de justice de l'Ontario avait statué que des policiers avaient chargé des manifestants sans raison, allant même jusqu'à dire que «la seule agression physique collective ou organisée à cet endroit ce soir-là a été celle perpétrée par les policiers chaque fois qu'ils avançaient vers les manifestants.»
5 commentaires
  • Emilie Joly - Inscrit 19 décembre 2013 12 h 22

    Libération conditionnelle

    La peine des deux hommes n'a pas "été raccourcie". La majorité des détenus sont elligibles à une libération conditionnelle après avoir purgé un minimum du 1/3 de leur sentence. Après audience devant la Commission des libérations conditionnelles, ils ont donc pu sortir de prison et seront en libération conditionnelle pour les 3,5 mois du reste de la sentence.

  • Damien Tremblay - Inscrit 19 décembre 2013 20 h 09

    Les criminels d'aujourd'hui sont les héros de demain

    Cette violence concertée des forces policières et les arrestations massives allant à l’encontre de la Charte canadiennes des lois et libertés est une gifle envers la démocratie Canadienne.

    J’ai beaucoup d’admiration envers ces jeunes qui s’opposent au dictat de l’oligarchie planétaire qui concentre ses attaques à l’intérieur du G20. Leur brutalité est inouïe quand on considère que leur capitalisme sauvage tue à chaque année des millions de personnes victimes de la faim et des catastrophes environnementales engendrées par l’intensification de l’effet de serre. Ce dernier découle d’une ère industrielle qui repose sur la consommation à outrance et l’obsolescence programmée et décrétée.

    J’éviterai évidemment de faire un lien formel entre la brutalité policière, les arrestations massives injustifiées et le fait qu’elles se sont montrées particulièrement « zélées » envers les Québécois.

    N’ayons pas l’attitude de l’autruche qui se cache la tête dans le sable quand un danger survient. Certains chroniqueurs parlementaires constatent que le gouvernement Harper grignote de plus en plus les libertés civiles, les droits démocratiques, la liberté d’expression, etc. De plus, il s’enferme dans une gouvernance hermétique, entourée d’un épais brouillard que les journalistes parlementaires n’arrivent plus à percer.

    Ces derniers pâtissent de cette cécité artificielle, mais cela ne les empêchent pas de subodorer que rien ne va plus dans le monde politique fédéral et que les excès de zèle policier dans cette rencontre du G20 ont été commandités par le pouvoir central.

    • Guy Vanier - Inscrit 20 décembre 2013 05 h 24

      Je suis d'accord avec vous,, bien dit!

  • Jacques Pruneau - Inscrit 20 décembre 2013 09 h 30

    Kanada démocratique? Vraiment?

    Un crime, c'est une action commise par quelqu'un qui ne fait pas partie de la bonne gang. Si tu es membre du gouvernement fasciste d'Ottawa, tu as tous les droits. Tu peux voler, détourner des fonds, cacher tout ce que tu veux, tu peux même appeler les flics pour massacrer les pauvres qui ne font pas partie de la clique.

    Les vrais bums arrivent alors équipés de tous les engins de mort nécessaire à leur travail de casse, poivre et matraque surtout mais aussi balles de plastique, teasers et autres. Inutile d'essayer d'argumenter avec eux, le verveau ne fait pas partie de l'équipement de base. Babak Andalik-Goorgani, il a été comdamné? Allons donc!

    Le Duce Harper veille au grain, il n'y aura pas de grabuge dans les rues. Mais le vol et le pétrole qui coule partout, est très bien vu. Et bien senti. Un pays de fous où le fol est roi...

    Honneur aux manifestants qui sont les seuls à pouvoir encore dénoncer. Honte à un Pouvoir qui croule déjà sous la Honte et qui s'en fout!

    Ni dieu ni maître me convient encore parfaitement!

  • Daniel Bérubé - Abonné 20 décembre 2013 19 h 38

    Moi aussi,

    je respecte ces jeunes qui démontrent que la société n'a pas à accepter tout type, mode, ou style de vie que le capitalisme sauvage ne cesse de lui imposer de par ses marchés et ses publicités...