Journées québécoises - «Faut se parler!»

Émilie Corriveau Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« On est six millions, faut se parler ! », chantait François Dompierre en 1975, dans une publicité pour la bière Labatt 50. Inspirés par cette campagne, les organisateurs des Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI) ont décidé de revisiter l’aphorisme et de tenir l’édition 2013 de l’événement sous le signe du dialogue.

 

Tenues à travers le Québec du 6 au 16 novembre, les JQSI seront l’occasion pour la population de participer à diverses activités informatives portant sur les enjeux de la solidarité internationale. Qu’il s’agisse de conférences, de débats publics, d’activités culturelles ou de projections documentaires, ces activités visent à mieux faire connaître le travail des organismes québécois, à favoriser une meilleure compréhension des enjeux de la mondialisation et de son impact sur les plus démunis de la planète, à susciter l’engagement des Québécois à travers des actions concrètes, ainsi qu’à tisser des liens de solidarité entre les populations d’ici et d’ailleurs.

 

« Il y en a pour tous les goûts, assure la comédienne Geneviève Rochette, porte-parole de l’événement pour une deuxième année. C’est vraiment un forum, une arène où on peut prendre le pouls de ce qui se passe, rencontrer des gens qui ont une expertise dans le domaine. »

 

Dialoguer pour mieux comprendre

 

Si, pour cette 17e édition, les organisateurs de l’événement ont choisi de tenir celui-ci sous le signe du dialogue, c’est d’abord parce qu’ils ont noté une méconnaissance des Québécois quant aux menaces pesant sur les organisations canadiennes qui oeuvrent en solidarité internationale.

 

« On ne mesure pas à quel point il y a une érosion manifeste de notre participation au développement international, parce que ça se fait de façon insidieuse, indique Mme Rochette. Depuis que le gouvernement Harper a effectué des changements au fonctionnement de l’ancienne Agence canadienne de développement international (ACDI), aujourd’hui intégrée au ministère des Affaires extérieures, du Commerce et du Développement, les actions du Canada en matière de développement international ne sont plus du tout ce qu’elles étaient ! C’est catastrophique. On n’en parle pas assez ! »

 

Aussi, le comité organisateur en est venu à la conclusion que, pour que les JQSI aient l’impact désiré, il était primordial d’améliorer les communications entre le public et les organismes de solidarité internationale.

 

« Ce que le comité de communication souhaitait, c’était de valoriser le travail des organismes de coopération internationale […]. En discutant de la façon dont on pouvait mettre ça de l’avant, on s’est mis à parler du fait que, souvent, on est mal compris par la population, comme si notre regard était totalement tourné vers l’international et qu’on n’avait pas d’assise sur le plan local, ce qui est faux ! Cela a beaucoup fait réagir autour de la table et quelqu’un a lancé “ Faut se parler ! ” », relate Marie Brodeur-Gélinas, chargée de programmes des JQSI.

 

De 1976 à 2013

 

« Faut se parler ! » comme dans « On est six millions, faut se parler ! », la fameuse publicité de Labatt. Trouvant que la vignette publicitaire de 1976 communiquait très clairement le message qu’ils souhaitaient transmettre, c’est-à-dire une illustration de la réalité des individus travaillant au sein d’organisations de solidarité internationale, les membres du comité de communication ont décidé de reprendre intégralement sa formule et d’en faire une version moderne.

 

Trois vidéos ont ainsi été produites. « Il y a une version réalisée avec des Québécois et des Québécoises ; elle s’intitule “ On est huit millions, il faut se parler”. Il y en a une autre qui s’appelle “On est 35 millions, il faut se parler”. Dans celle-ci, on donne la parole à des Canadiens et des Canadiennes [...]. Et, finalement, il y en a une troisième, “ On est sept milliards, faut se parler”, qui renvoie au monde entier. Pour chacune de ces versions, on a aussi des vidéos censurées. Le but de ces dernières, c’est d’illustrer ce qui se produit lorsque les gens sont muselés », précise Mme Brodeur-Gélinas.

 

Ces publicités peuvent être facilement consultées dans le site Internet des JQSI ainsi que Facebook.

 


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