Rente d’orphelin et aide sociale: Cathy Desormeaux accepte une entente avec le ministère

Cathy Desormeaux
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Cathy Desormeaux

Cathy Desormeaux, cette mère assistée sociale dont le revenu était en concurrence avec la rente d’orphelin de son fils, pourra garder la totalité de son chèque d’aide sociale à condition que son fils de deux ans, Félix, ne soit plus inscrit sur son carnet de réclamation. La rente d’orphelin de Félix servira donc à payer tous les frais ordinairement assortis à ce carnet de réclamation, soit certains frais liés à l’école, des frais liés aux soins de santé, ambulance, lunettes, soins dentaires, etc. Cette entente pourrait être révisée s’il advenait que Félix souffre d’une maladie grave.

 

« Je n’ai pas le choix de prendre cette option, dit Cathy Desormeaux, qui a accepté cette entente jeudi matin parce qu’il s’agissait d’un moindre mal. Mais si j’accepte, ça ne veut pas dire que je suis d’accord. »

 

Mme Desormeaux ne trouve pas cette entente plus logique, et considère tout de même être brimée dans ses droits. « Mais c’est cela que je prends pour ne pas perdre le chèque », dit-elle. Avec cette entente, qui lui a été présentée mercredi au cours de la journée par le ministère et qu’elle a acceptée finalement jeudi, elle se trouve « moins pauvre » que si on avait coupé son chèque de la totalité du montant de cette rente d’orphelin, soit 228 $ par mois.

 

«Marge discrétionnaire»

 

Jointe au téléphone, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, a dit que la loi permet de « régler » les cas problématiques comme ceux de Mme Desormeaux. Selon elle, « il y a des règles qui nous permettent de faire face aux situations comme celles-là ». La ministre affirme même avoir « une marge discrétionnaire » qui lui permet de pallier certaines situations dramatiques.

 

Reste que Mme Desormeaux a dû contester cette mesure et s’adresser au bureau de circonscription de la ministre pour obtenir un certain règlement dans le cas qui nous occupe. Or, selon la ministre Maltais, les personnes assistées sociales contestent lorsqu’elles font face à de telles injustices. « Elle a fait ce qu’il fallait, elle a appelé à mon bureau de comté », dit-elle, ajoutant que les cas sont réglés un par un.

 

Pour la députée de Québec solidaire, Françoise David, les personnes assistées sociales sont également discriminées en matière de perception de pensions alimentaires. En effet, alors que l’ensemble des Québécois peut disposer de la totalité de ses pensions alimentaires, les personnes assistées sociales sont limitées à cet égard.

 

Mme Maltais reconnaît qu’« il arrive qu’on découvre des injustices » relativement à la loi réglementant l’aide sociale, mais considère que le ministère dispose des mécanismes pour les régler.