Fermeture de l'usine Rio Tinto Alcan - Paroles de travailleurs

<strong>Serge Berthiaume</strong><br />
Journalier, responsable de la santé et sécurité — 53 ans, 32 ans de service. «À l'annonce de la fermeture, sur le coup, les gars ne réagissaient pas. J'en ai vu deux ou trois qui étaient songeurs ce matin. Il y en avait un qui fumait tout seul dans son coin. Faut que les gars jasent de ça, on est une équipe, on va s'entraider.»
Photo: François Pesant - Le Devoir Serge Berthiaume
Journalier, responsable de la santé et sécurité — 53 ans, 32 ans de service. «À l'annonce de la fermeture, sur le coup, les gars ne réagissaient pas. J'en ai vu deux ou trois qui étaient songeurs ce matin. Il y en avait un qui fumait tout seul dans son coin. Faut que les gars jasent de ça, on est une équipe, on va s'entraider.»





Rémi St-Onge
Tuyauteur — 61 ans, 11 ans de service

«Je me sens comme quand mon père est décédé. Je suis en deuil. On a été privilégiés de travailler ici. J'ai été 19 ans à mon compte avant de rentrer à l'usine, et je travaillais 80, 90 heures par semaine, jour et nuit. On avait de très bonnes conditions de travail ici.»




David Grenier
Scieur — 36 ans, 15 ans de service

«On se prépare depuis longtemps à la fermeture. On restait pour protéger nos acquis, notre fonds de pension, notre prime de séparation, en pensant à l'avenir de notre famille. C'est un soulagement. On peut maintenant passer à autre chose.»


Philippe Dumont
Scieur — 42 ans, 16 ans de service

«La fermeture de l'usine va faire mal à la ville. Il va peut-être falloir déménager pour trouver de bonnes jobs. Il n'y aura plus d'ouvrage à 35$ de l'heure à Shawinigan. Qui va acheter nos maisons?»




Louis Dallaire
Mécanicien, président du syndicat des employés de l'usine Alcan — 50 ans, 29 ans de service

«Les relations de travail sont matures chez nous. Il y a une façon de faire à Shawinigan qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Ça nous a permis de gagner du temps. Il faut maintenant s'assurer qu'on replace notre monde.»


Photos: François Pesant
1 commentaire
  • Jacques Moreau - Inscrit 12 août 2013 09 h 57

    Des salaires de privilégiés?

    Si le salaire moyen était de $35.00 l'heure, je comprend que Rio Tinto ait "désiré" investir dans une autre usine, ... loin de Shawinigan. Quand vous êtes le "seul" producteur, vous pouvez demander le prix que vous voulez, à condition qu'on ait besoin de votre produit. Remarquez que si votre production génère de gros profit, quelqu'un d'autre voudra vous imiter, et vous couper l'herbe sous les pieds pour se faire une place. J'ai comme l'impression qu'avec tous leurs "acquis" avec le $35.00 de l'heure; un grand coup à été donné pour tirer le tapis sur lequel ces travailleurs se tenais. Et qu'est-ce qui arrive quand le tapis glisse sous vos pieds?