Croissance sans précédent du transport de pétrole par train

Le transport de pétrole par train est en progression rapide et il est notoire qu'un des consommateurs avertis dans l'Est canadien est la raffinerie Irving, au Nouveau-Brunswick. La raison est simple: l'écart de prix entre le baril de pétrole de l'Ouest (WTI) du continent et celui de l'étranger (Brent) a incité les raffineurs à se tourner vers des solutions rapides pour profiter de la situation, dont le chemin de fer.
 
Située au bout d'un système ferroviaire alimenté en partie par la société américaine Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), la raffinerie Irving est capable de traiter 300 000 barils de pétrole brut par jour et aurait effectué les investissements nécessaires pour en recevoir jusqu'à 70 000 uniquement par wagon-citerne, selon des informations de l'agence Bloomberg récemment citées par le gouvernement américain. Les investissements de la compagnie, qui n'est pas inscrite en Bourse et demeure donc relativement discrète, ont d'ailleurs fait la manchette l'an dernier.
 
Dans un bref communiqué publié dimanche, la direction d'Irving a confirmé que le pétrole contenu dans le convoi qui a déraillé à Lac-Mégantic lui était bel et bien destiné. (cliquez ici pour voir le réseau ferroviaire de MMA). MMA a indiqué à d'autres médias que le train transportait du brut léger de la formation de Bakken. Le chemin de fer de Montreal, Maine and Atlantic, pour lequel travaillent 170 personnes, parcourt 800 kilomètres et traverse le Québec, le Vermont et le Maine.
 
«Le chemin de fer peut amener du brut [de l'Ouest canadien et de la formation de Bakken] à Saint John à un coût plus faible que s'il arrive par voie maritime [en provenance de l'étranger]», a dit le président du conseil de MMA, Ed Burkhardt, lors d'une entrevue au Portland Press Herald en mai 2012.
 
Au Canadien National, par exemple, la demande est si forte que les livraisons sont passées de 5000 wagons-citernes par année en 2010 à environ 30 000 wagons en 2012, a récemment indiqué au Devoir un porte-parole de l'entreprise. Si l'industrie affirme qu'il est sécuritaire, le transport par train suscite les inquiétudes des groupes écologistes qui craignent les effets d'un déversement.
 
Toujours en 2012, M. Burkhardt a dit au magazine Eastern Railroad News qu'après la fin d'un conflit de travail qui sévissait alors au Canadien Pacifique, MMA comptait passer à un horaire de six jours par semaine, dans les deux sens, de Montréal à Brownville Junction (Maine).
 
«Ce sont de bonnes affaires et ça génère beaucoup de revenus», a dit au Bangor Daily News le président de MMA, Bob Grindrod, lors d'un entretien en juin 2012. Sa compagnie a transporté environ trois millions de barils de pétrole brut dans le Maine en 2012, a-t-il précisé il y a trois mois à l'Associated Press.

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