Des troubles mentaux pour 14 % des soldats canadiens allés en Afghanistan

Près de 14 % des membres des Forces canadiennes qui ont été déployés en Afghanistan ont reçu un diagnostic de troubles mentaux directement liés à leur mission, conclut une étude militaire.

Selon ce rapport, commandé par les Forces armées et rédigé par du personnel militaire, 8 % des militaires canadiens déployés en Afghanistan entre 2001 et 2008 souffrent d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

De plus, 5,5 % de ces militaires ont développé d'autres troubles dépressifs après leur retour de cette mission, qui a été marquée par de violents combats.

«Le déploiement à Kandahar était associé à un risque particulièrement élevé — environ six fois le niveau de risque associé au déploiement aux Émirats arabes unis ou dans le golfe Persique», peut-on lire dans le rapport.

Et d'après certains, cette étude ne reflète pas le problème dans son ensemble. L'enquête, publiée mardi dans le Journal de l'Association médicale canadienne, a été réalisée auprès de 30 500 membres des Forces canadiennes qui ont pris part à la mission afghane. Les dossiers médicaux d'environ 2000 d'entre eux ont été mis à profit.

La plupart des sujets étaient des hommes âgés de moins de 40 ans faisant partie du service régulier de l'armée.

Selon l'un des auteurs du rapport, Mark Zamorski, de la Direction des services de santé mentale des Forces canadiennes, les hommes plus jeunes enrôlés à titre de militaires du rang semblaient plus à risque de développer un TSPT.

Une porte-parole du ministère de la Défense a déclaré qu'aucun des auteurs de l'étude n'était disponible pour commenter les résultats.

Deux fois plus?

Pour Greg Woolvett, dont le fils a développé un TSPT après deux missions en sol afghan, ces résultats ne témoignent pas de l'ampleur réelle de ce fléau.

«Je soupçonne que ces données ne sont pas exactes, a-t-il dit lors d'un entretien à Burlington, en Ontario. Il y a probablement deux fois plus de personnes qui souffrent de troubles de stress post-traumatique, mais qui n'en parlent pas.»

Même son de cloche du côté du porte-parole néodémocrate en matière de défense, Peter Stoffer, selon qui les soldats hésitent à lever le voile sur les problèmes de santé qui les affligent, de peur d'être stigmatisés ou d'être libérés par l'armée pour des raisons médicales.

«Je regarde [ce pourcentage] de 13,5 %, et je me dis: "Allez, ça doit être beaucoup plus élevé que ça"», a-t-il affirmé en entrevue.

La qualité du suivi médical et la capacité des Forces canadiennes à gérer les cas de soldats ayant développé un TSPT sont par ailleurs peu adéquates, selon Greg Woolvett.

Celui-ci a d'ailleurs retiré son fils Jon de la base des Forces canadiennes de Petawawa afin de l'aider à trouver de l'aide pour son alcoolisme et pour composer avec la douleur éprouvée à voir ses compagnons d'armes tomber au combat.

«Les Forces canadiennes ont une expertise pour former ces soldats à devenir des tueurs, mais n'ont aucune défense contre le TSPT», a-t-il suggéré.

La porte-parole du ministre de la Défense Peter MacKay, Paloma Aguilar, a écrit dans un courriel que le gouvernement fédéral s'assurait que le personnel militaire bénéficie des meilleurs soins de santé disponibles.
1 commentaire
  • André Michaud - Inscrit 2 juillet 2013 20 h 05

    Drôles de guerres

    Des guerres comme au Rwanda, en ex Yougouslavie ou en Afghanistan sont très difficiles mentalement. Voir autant d'esprit sanguinaire est tout un changement culturel pour nos jeunes canadiens.

    Bien différents des guerres d'avant où on affrontait l'ennemi directement. Ce n'est plus une guerre entre soldats, tentant d'éviter les civils, femmes et enfants. À la place l'ennemi se déguise en femme, se cache à travers des civils ...

    Dans ces pays on est souvent pris pour ne pas agir devant des massacres, alors que l'on est entrainé pour cela. Le volume du général Dallaire explique bien ces situations insoutenables, les gens qui s'attaquent à coup de machette, tous les milliers d'handicapés partout..les cadavres..et l'ONU qui interdit d'intervenir. Seulement les sans coeur peuvent en sortir sans rien..tous sont touchés à un niveau ou un autre.

    Il faut évidemment supporter nos miliatires à qui on demande beaucoup..sinon l'impossible.