Coteau-du-Lac - Une explosion chez BEM Feux d’artifice fait deux morts

La tâche des pompiers a été compliquée par le fait qu’il n’y avait aucune alimentation en eau près de l’immeuble.
Photo: La Presse canadienne (photo) Stéphane Brunet La tâche des pompiers a été compliquée par le fait qu’il n’y avait aucune alimentation en eau près de l’immeuble.

Coteau-du-Lac – Les dépouilles de deux femmes ont été retrouvées dans les décombres du bâtiment principal de l’entreprise BEM Feux d’artifice, à Coteau-du-Lac, en Montérégie, qui a été le théâtre d’une puissante explosion jeudi.

Les nombreux camions à incendie qui ont été dépêchés sur place en matinée se sont retrouvés face à un véritable spectacle pyrotechnique.


Des feux d’artifice et des pétarades remplies d’étincelles pouvaient être aperçus à travers les nuages noirs de l’incendie, qui a pris naissance dans le bâtiment principal du commerce où se trouvaient les pièces pyrotechniques commerciales réservées aux spectacles de grande envergure, a affirmé le chef des pompiers de Coteau-du-Lac, Stéphane Massicotte.


Une fois le brasier maîtrisé, il ne restait plus que quelques tôles tordues de l’imposant entrepôt et des débris fumants au sol. L’édifice a été complètement soufflé par les multiples explosions qui ont secoué tout le secteur.


Il n’y avait aucune alimentation en eau près de l’immeuble, qui n’était pas non plus équipé de gicleurs, a reconnu M. Massicotte. Il aura ainsi fallu 150 pompiers provenant de 14 services pour maîtriser le brasier. Les renforts ont surtout contribué au transport d’eau, selon le chef des pompiers. Le maire de la municipalité, Robert Sauvé, a justifié l’absence d’approvisionnement en eau en affirmant que l’entreprise était installée sur ce terrain depuis 40 ans. Il a évoqué un malheureux accident et a offert ses condoléances aux familles des deux employées de l’entreprise.


Cette absence d’aqueduc à proximité d’une usine fabriquant des pièces explosives a cependant soulevé des interrogations au sein du gouvernement Marois, au premier chef le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron. « On va attendre les conclusions de l’enquête, mais je peux vous dire que, déjà, on a quelques préoccupations. […] On va certainement tirer un certain nombre de leçons de ce malheureux événement », a dit le ministre.


Une enquête sera menée afin de déterminer les causes de l’accident, a précisé Joyce Kemp, porte-parole de la Sûreté du Québec.


6 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 21 juin 2013 05 h 50

    Pour vrai?

    Ni gicleurs ni borne-fontaine? Pour vrai? On tentait le "Guinness" de la bêtise humaine, c'est ça?

  • France Marcotte - Abonnée 21 juin 2013 06 h 21

    Deux morts?

    Je lis deux mortes, des travailleuses.

    Combien en faut-il donc pour qu'un adjectif s'accorde?

  • Franklin Bernard - Inscrit 21 juin 2013 09 h 07

    40 ans d'irresponsabilité

    «Le maire de la municipalité, Robert Sauvé, a justifié l’absence d’approvisionnement en eau en affirmant que l’entreprise était installée sur ce terrain depuis 40 ans.»

    Et pendant 40 ans, personne n'a jugé bon d'intervenir, ni le maire Sauvé?

    Faudra-t-il à chaque fois des morts pour que nous cessions un temps d'être aussi crétins? On ne parle pas ici d'une usine d'eau en bouteille, mais d'une fabrique de FEUX D'ARTIFICES! Ce sont des EXPLOSIFS, les feux d'artifices! Il n'y a pas de normes? Il n'y a pas d'inspection? Allô, il y a quelqu'un au bout de la ligne?

    Entre ça et l'effondrement récent d'une manufacture de textile au Bangladesh, il n'y a qu'une différence de nombre, mais certainement pas d'irrresponsabilité.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 21 juin 2013 12 h 36

    Pas simple

    Combattre ce genre d'incendie à l'aide d'eau est dangereux. Sur le coup, on arrive à baisser les flammes. Mais il se peut que des braises restent allumées. C'est après coup que le danger est plus grand. Le nettoyage et transport de ces matières peut ranimer les flammes. Mon oncle était pyrotechnicien et a vécu ce genre de drame. Il y eu mort d'hommes. Ce désastre mis fin à sa carrière.

  • Vincent Guilbert - Inscrit 21 juin 2013 14 h 02

    C'est un accident !!!

    Pour tous ceux qui chiale contre le fait que le bâtiment n'était pas giclé ou qu'il n'y avait pas de bornes fontaine dans le secteur. Premièrement je vous dirais que le bâtiment, même giclé sa n'aurait rien changé. Ce sont des EXPLOSIFS. Un gicleur sert à arrêter un début d'incendie tel qu'un feu de poubelle en exemple. Deuxième des choses, le service incendie a fait à chaque année des inspections préventives et jamais rien n'était illégal. Troisième des choses, quand même que le secteur aurait été borné, sa n'aurait pas changé quoi que se sois, c'est un accident. Un EXPLOSION, Allo??? Les pompiers ne peuvent pas s'approcher d'un tel bâtiment quand sa explose, donc bornes fontaines ou pas, sa change absolument rien à la donne.

    De comparé cet accident avec l'effondrement d'un usine au Bangladesh est complétement fou. Aller étudier un peu la chimie du feu, les comportements des explosifs et le métier de pompier et à ce moment vous allez vous rendre compte que votre chialage est complètement absurde.

    • Franklin Bernard - Inscrit 21 juin 2013 18 h 17

      Vous êtes complètement à côté de la question, M. Guilbert, même si vous semblez être un véritable «expert» en matière d'usine d'explosifs. Il ne s'agit pas de savoir APRÈS l'accident si tel ou tel système aurait pu empêcher le drame. Il s'agit de mettre en place AVANT un accident un minimum de systèmes de prévention et de lutte: bornes fontaines, gicleurs, alarmes...

      Selon votre raisonnement, tous ces systèmes seraient inutiles dans des endroit où on manipule des explosifs? Comme ça, la prochaine fois, s'il ne s'agit par exemple que d'un début d'incendie, on ne pourra rien faire, l'incendie s'étendra et on aura une nouvelle déflagration?

      Savez-vous seulement comment s'est produit la déflagration avant de déclarer que des gicleurs n'y auraient rien changé, alors que l'enquête officielle ne fait que commencer?

      Et qui vous dit que les deux pauvres victimes sont mortes de l'explosion et non pas dans l'incendie qui a fait rage ensuite, et que les pompiers ne pouvaient pas maîtriser, faute d'alimentation en eau?

      Allez-vous déclarer les ceintures de sécurité inutiles dans les automobiles sous prétexte que tant de personnes meurent de toute façon dans des accidents de la route, et que leur ceinture n'y a rien changé?

      Vous dites: «le service incendie a fait à chaque année des inspections préventives et jamais rien n'était illégal...» Qu'en savez-vous? Vous travailliez là-bas?