Des assises pour un Québec numérique

Un vaste exercice de réflexion et de consultation nationale sur le Québec 2.0 s’amorcera cet automne.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jonathan Hayward Un vaste exercice de réflexion et de consultation nationale sur le Québec 2.0 s’amorcera cet automne.

Ils ont déploré l’absence d’un plan numérique au Québec. Ils proposent désormais de passer par des assises nationales pour l’atteindre.


Les « 13 étonnés », ce groupe d’acteurs importants du Québec numérique qui, en novembre dernier, a dénoncé publiquement l’inertie du gouvernement par rapport aux mutations technologiques et sociales en cours, vont annoncer ce mercredi la tenue d’un vaste exercice de réflexion et de consultation nationale sur le Québec 2.0. Ces assises débuteront cet automne, sous la houlette, entre autres, de Claude Béland, désormais président du Mouvement Démocratie et Citoyenneté Québec. À terme, elles visent l’ébauche du premier plan numérique pour le Québec de demain.


« C’est dans la suite logique des choses », a résumé en entrevue au Devoir Michel Cartier, vieux routier du numérique, un des « étonnés » qui ont mis au monde avec plusieurs d’entre eux l’Institut de gouvernance numérique (IGN), organisme censé encadrer cet espace de discussion et de mutation avec la complicité de Webcom, ce forum international sur le Web et l’Internet. « Dans bien des domaines, le Québec est en retard et il se doit d’en prendre conscience. La démocratie, la culture, l’économie passent par la circulation de l’information. Or, les façons que cette information a de circuler sont en profondes transformations et appellent désormais à repenser collectivement nos relations politiques, culturelles, économiques et sociales. »


Avec les assises nationales du numérique, l’IGN souhaite du coup contribuer à l’élaboration de ces « nouveaux modèles » en partageant avec la population les réflexions menées partout dans le monde sur les mutations induites par la technologie, mais également en partant à la rencontre des idées neuves partout à travers le Québec par l’entremise de consultations régionales. « Pour expliquer l’inertie, un des problèmes que nous avons identifiés en est un d’éducation, a indiqué M. Cartier, qui, dans les années 80, a bossé entre autres pour Steve Jobs alors qu’il présidait à la destinée de la Fondation Éducation Apple. Pour savoir où l’on s’en va, quels contours il faut redéfinir, il faut savoir de quoi on parle, mais surtout prendre conscience que le Québec est encore en train de se penser en société industrielle, alors qu’il entre désormais dans une ère postindustrielle. »


La consultation va s’incarner dans une dizaine de rencontres à Montréal, Gatineau et plusieurs autres régions du Québec. L’objectif est d’en faire émerger un plan numérique pour le Québec en avril 2014, plan que l’IGN va alors soumettre au gouvernement. « Tous les acteurs de la société québécoise sont interpellés par ces mutations, dit M. Cartier, désormais président d’honneur de l’IGN, y compris le gouvernement qui doit prendre acte du changement de rôle de l’État et modifier ces façons d’intervenir en conséquence. »


Le lancement officiel des assises va se faire mercredi au coeur de la conférence Webcom, qui s’ouvre au même moment à Montréal. La question de la citoyenneté numérique doit entre autres y être disséquée, et ce, dans un tout placé cette année sous le thème des villes et territoires intelligents.


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G8: Ottawa veut plus de transparence
 

Autre lieu, même préoccupation. Mardi, Stephen Harper a annoncé un plus large accès aux données produites par l’appareil gouvernemental, et ce, dans la foulée de l’adoption par Ottawa d’une Charte des données ouvertes avec les autres membres du G8 réunis à Lough Erne, en Irlande du Nord. L’engagement va induire une transformation du portail fédéral des données gouvernementales (donnees.gc.ca), ouvert depuis plusieurs mois, et qui depuis mardi met à la disposition du public un plus grand éventail de données, mais également des licences d’utilisation permettant aux programmeurs d’en faire un usage commercial ou pas sans restriction. Le fédéral espère ainsi « stimuler l’innovation » et espère de cette transparence des « retombées économiques et sociales », a-t-il indiqué par voie de communiqué.