Arrestation sur Saint-Laurent - La Société de développement dénonce le comportement du SPVM

Les policiers ont négocié pendant huit minutes avec le responsable du kiosque, un homme grand et costaud qui a refusé de baisser le volume. Son comportement a incité les policiers à l'arrêter.
Photo: Capture d'écran Les policiers ont négocié pendant huit minutes avec le responsable du kiosque, un homme grand et costaud qui a refusé de baisser le volume. Son comportement a incité les policiers à l'arrêter.

L'arrestation musclée d'un commerçant de la rue Saint-Laurent pour bruit excessif pendant l'événement MURAL a été vivement dénoncée vendredi par la Société de développement du boulevard Saint-Laurent. Celle-ci estime abusive et prématurée l'intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L'incident est survenu jeudi devant l'épicerie-bistro La Vieille Europe, qui diffusait de la musique depuis son kiosque — la «main» est actuellement fermée entre Mont-Royal et Sherbrooke, où 35 artistes participent au festival MURAL. Un autre commerçant a jugé le volume jugé trop élevé et a déposé une plainte au 911. 
 
Les policiers ont négocié pendant huit minutes avec le responsable du kiosque, un homme grand et costaud qui a refusé de baisser le volume. Son comportement a incité les policiers à l'arrêter. Une vidéo mise en ligne sur YouTube et largement diffusée vendredi montre le fil des événements. On y voit l'homme qui résiste à son arrestation, mais passivement. Il refuse de mettre ses mains dans son dos comme le lui ordonnent les policiers à plusieurs reprises. 
 
À un moment, un agent l'empoigne solidement par-derrière, lui faisant un crochet autour du cou. Quatre collègues le secondent pour plaquer l'individu contre le sol, où il est maintenu pendant plusieurs minutes, avant d'être emmené en voiture. Pendant toute la durée de l'intervention, le prévenu apparaît passif.  
 
Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, indiquait au Devoir vendredi soir que le SPVM «va réviser ce qui s'est passé, comme toujours. Nous ne sommes pas infaillibles.» M. Lafrenière défend la présence des cinq policiers en indiquant que c'est la procédure normale pour un prévenu costaud. «On veut maîtriser un suspect sans utiliser d'armes intermédiaires», dit-il. 
 
La manière choisie pour le maîtriser n'était peut-être pas jolie, dit M. Lafrenière, mais elle fait à priori partie des méthodes de contrôle habituelles. «C'est une technique qui existe.»
 
Partenaire du festival MURAL, la Société de développement du boulevard Saint-Laurent demeurait outrée vendredi. «Habituellement, s'il y a des plaintes pour bruit, c'est nous qui intervenons et faisons la médiation avec le commerçant, explique le directeur général Glenn Castanheira. S'il y a un problème, le SPVM intervient ensuite. Mais cette fois, nous n'avons reçu aucun avertissement, rien.» La Société de développement a un permis pour diffuser de la musique durant les événements sur rue. 
 
M. Castanheira estime qu'on «peut se questionner sur la pertinence de l'arrestation. Il n'y a pas eu d'avertissement, le SPVM a donné une contravention de 1250 $ au commerçant et ils ont procédé à une arrestation musclée pour un simple problème de bruit. Vous comprendrez que j'essaie de demeurer poli, mais on trouve ça inacceptable.»
 
À cela, Ian Lafrenière rétorque que le SPVM va revoir les événements, mais qu'une plainte pour le bruit se règle habituellement en quelques secondes. Dans ce cas, le commerçant impliqué n'a pas obtempéré.


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