Compteurs «intelligents»: la bataille se poursuit

Près de 180 000 compteurs intelligents ont été installés à ce jour dans l’ouest de l’île de Montréal, à Laval et dans la banlieue sud de Montréal, selon Hydro-Québec. Cent treize personnes ont mis en demeure la société d’État de retirer gratuitement le compteur intelligent déjà installé à leur domicile.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Près de 180 000 compteurs intelligents ont été installés à ce jour dans l’ouest de l’île de Montréal, à Laval et dans la banlieue sud de Montréal, selon Hydro-Québec. Cent treize personnes ont mis en demeure la société d’État de retirer gratuitement le compteur intelligent déjà installé à leur domicile.

Hydro-Québec n’a pas fini d’en découdre avec les opposants aux nouveaux compteurs émetteurs de radiofréquences. Plusieurs d’entre eux exhortaient vendredi la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, à décréter un « moratoire immédiat » sur l’installation de ces appareils représentant, selon eux, un danger pour la population.


Ils accusent Hydro-Québec de rouler dans la farine la population québécoise en sous-estimant l’impact des ondes émises par les appareils de troisième génération. « La combinaison de [plusieurs] facteurs crée des situations qui dépassent largement les normes de sécurité canadiennes », a déclaré la porte-parole de Villeray refuse, Marie-Michelle Poisson.


À peine 184 des 415 000 clients de la société d’État ayant reçu un avis d’installation d’un compteur de troisième génération se sont prévalus de l’option de retrait, souligne le porte-parole d’Hydro-Québec Patrice Lavoie. « On est largement en deçà du 1 %. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a-t-il indiqué.


Cinq cent soixante-deux avis de non-consentement ont aussi été acheminés au siège social d’Hydro-Québec du 1er janvier 2011 au 15 avril 2013.


Les gens qui les ont envoyés devront acquitter des frais de 314 $ la première année, puis de 206 $ annuellement par la suite, a réitéré M. Lavoie hier.


Hydro-Québec ne compte pas donner suite à une motion adoptée à l’unanimité par les élus, à la fin de mai, lui enjoignant d’« évaluer d’autres options afin de ne pas pénaliser financièrement ses clients qui ne veulent pas des compteurs intelligents ».


« Qu’attend Hydro pour agir en ce sens ? s’interroge le président de Québec solidaire, Andrés Fontecilla. Le conseil d’administration d’Hydro-Québec et son président-directeur général doivent faire preuve de responsabilité en respectant les abonnés et la demande de l’Assemblée nationale. »


Coûts prohibitifs


Les opposants aux compteurs émetteurs de radiofréquences jugent l’option de retrait privilégiée par Hydro-Québec et la Régie de l’énergie « discriminatoire », « inéquitable » - dans la mesure où ses coûts sont prohibitifs pour les personnes à faible revenu - et « inapplicable en pratique ». « Un client ayant plusieurs compteurs groupés dans son logement ou étant exposé au rayonnement des compteurs de ses voisins ne peut pas […] demander le retrait des compteurs de ses voisins », a notamment dénoncé la porte-parole de Laval refuse, Francine Lajoie.


Près de 180 000 compteurs intelligents ont été installés à ce jour dans l’ouest de l’île de Montréal, à Laval et dans la banlieue sud de Montréal, selon Hydro-Québec. Cent treize personnes ont mis en demeure la société d’État de retirer gratuitement le compteur intelligent déjà installé à leur domicile.


Contre vents et marées, Hydro-Québec continue d’installer pas moins de 5000 compteurs de troisième génération chaque jour. « C’est le rythme de croisière », a précisé M. Lavoie.

8 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 8 juin 2013 09 h 59

    Une autre bataille

    J'ai lu qu'il y avait des cas où ces nouveaux compteurs donnaient des consommations beaucoup plus élevées que les anciens. Il faudrait peut-être porter la bataille sur le terrain du droit des consommateurs.

  • Bernard Terreault - Abonné 8 juin 2013 10 h 23

    Irrationnel

    Il faudrait ausi bannir la radio, la télé, les téléphones mobiles, les satellites de communication, et surtout les fours microonde qui émettent de radiations électromagnétiques des millers de fois plus intenses que toutes ces autres sources.

  • Serge-Étienne Parent - Abonné 8 juin 2013 10 h 46

    Les priorités sont ailleurs

    D'accord, les ondes wifi des compteurs pourraient avoir des effets sur la santé. Mais ce risque, qui n'a jamais pu être mesuré, n'est certainement pas annonceur du cataclisme. Bien des problèmes de santé publique méritent davantage notre attention que les compteurs d'Hydro. Voici ce qu'en dit l'Organisation mondiale de la santé.

    "S'appuyant sur un examen approfondi de la littérature scientifique [25 000 articles publiés depuis 30 ans], l'OMS a conclu que les données actuelles ne confirment en aucun cas l'existence d'effets sanitaires résultant d'une exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité. Toutefois, notre connaissance des effets biologiques de ces champs comporte encore certaines lacunes et la recherche doit se poursuivre pour les combler."
    http://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/inde

    • Lise Thibault - Inscrite 9 juin 2013 19 h 49

      La dernière phrase de cet énoncé de l'OMS démontre qu'il y a tout lieu d'appliquer le "principe de précaution", d'autant plus que la très grande majorité desdites recherches ne tiennent pas compte des compteurs "intelligents", puisque ceux-ci n'étaient pas encore utilisés à l'époque où elles furent menées.

      N'oublions pas non plus qu'un four micro-ondes ne fonctionne que quelques minutes par jour et qu'on peut s'en éloigner, qu'on peut limiter le recours au cellulaire, mais que les nouveaux compteurs d'Hydro-Québec émettent en permanence et ce, partout, soit dans chacun des foyers du Québec, dans chaque milieu de travail, etc. Impossible donc d'y échapper.

  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 8 juin 2013 12 h 30

    (1) Communiqué - Des citoyens dénoncent la désinformation et les méthodes abusives d’Hydro-Québec

    La version intégrale du communiqué se trouve sur le site Refusons les Compteurs Version résumée :
    Nous voulons aujourd’hui dénoncer publiquement les stratégies de désinformation et les méthodes cavalières utilisées par Hydro-Québec pour tenter de poursuivre, malgré l’opposition populaire grandissante, le déploiement controversé de son réseau de compteurs « intelligents » émetteurs de radiofréquences.
    Premier volet – la désinformation

    Nous voulons démontrer comment HQ a su mettre au point une campagne de communication bien orchestrée afin d’obtenir l’appui des décideurs et de la population sur la base d’omission de données importantes et de démonstrations fallacieuses.

    HQ omet de parler…

    1-De la technologie des ondes pulsées

    2-Des mesures ponctuelles- La densité de puissance ponctuelle est de 65 000 uW/m2 à 1 mètre de distance du compteur ce qui, à égale distance, surpasse tous les autres appareils domestiques. HQ ne donne que des mesures de densité de puissances moyennées dans le temps qui pour effet de minorer artificiellement les mesures réelles en les amenant à une valeur très faible de 50 uW/m2. (N.B. les valeurs théoriques des ondes pulsées sont plus du double des valeurs mesurées)
    3-Des émissions omnidirectionnelles

    4-Du nombre maximal d’ondes pulsées par minute (cycle d’utilisation maximal) Selon les calculs d’HQ, les faibles données publiées actuellement sont obtenues sur une utilisation de moins de 0.1 % de l’appareil

    5-Du caractère dynamique de son nouveau réseau de communication automatisé.
    (...)

  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 8 juin 2013 12 h 32

    (2) Communiqué - Des citoyens dénoncent la désinformation et les méthodes abusives d’Hydro-Québec

    (...)
    6-Du facteur de distance HQ omet toujours de donner des mesures de densité de puissance en dessous de 30 cm de distance. HQ omet de dire que la densité de puissance du signal augmente selon le carré de la distance si on se rapproche de la source d’émission. HQ a admis avoir omis de tester en laboratoire le degré d'absorption spécifique ( DAS). Ce test aurait permis d’établir une limite de distance sécuritaire. À 30 cm d’un compteur, la densité de puissance a été mesurée à 552 900 uW/m2 ce qui outrepasse largement tout autre appareil disponible sur le marché. (N.B. la valeur théorique de l’onde pulsée est de 2 000 000 uW/m2).
    7-Des effets de cumul des ondes émises par plusieurs compteurs ou plusieurs sources d’émissions de micro-ondes. (...)
    8-Des effets de réflexivité des ondes (...)
    Nous avons des raisons de penser que la combinaison de tous ces facteurs crée des situations qui dépassent largement les normes de sécurité canadiennes.
    La population est en droit de savoir quelles sont les données réelles d’exposition à moins d’un mètre de distance des compteurs émetteurs de radiofréquences.
    Nous considérons que la décision de la Régie de l’énergie d’autoriser le déploiement des compteurs émetteurs de radiofréquences n’est pas valide puisqu’elle a été prise sur la base d’informations incomplètes quant au degré d’exposition réelle à proximité des compteurs en considérant tous les autres facteurs aggravants.

    C’est pourquoi nous pensons qu’il est légitime d’exiger un moratoire immédiat au déploiement des compteurs émetteurs de radiofréquences.

    ( La version complète du communiqué se trouve sur le site Refusons les Compteurs)

    • Gaston Carmichael - Inscrit 8 juin 2013 20 h 04

      Aucune des très nombreuses études qui ont été faites sur ce sujet ne semble répondre adéquatement à vos inquiétudes. Encore dimanche passé, l'émission "Découverte" nous a présenté un reportage sur ce sujet: http://www.radio-canada.ca/emissions/decouverte/20

      Apparemment, si on veut vraiment s'inquiéter, il faudrait regarder d'abord et avant tout du côté des téléphones cellulaires que les grands utilisateurs peuvent garder à l'oreille (donc, collés à leur crâne) pour plus d'une heure par jour.

      Pourquoi ne lancez vous pas votre propre étude pour confirmer vos craintes? Prenez 100 résidences avec des compteurs intelligents fonctionnels, et 100 autres avec des compteurs intelligents non fonctionnels (impossible de distinguer l'un de l'autre). Choissisez des édifices à haute densité afin de maximiser le risque. Demandez aux deux groupes de noter tous leurs symptôme durant trois mois.

      Évidemment, cela va coûter des sous. Je vous suggère donc de vous addresser au syndicat représentant les releveurs de compteurs d'H-Q. Il ont tout intérêt à accréditer votre thèse. Certaines personnes, de mauvaise foi semble-t-il, pensent que ce serait eux derrière cette campagne anti-compteurs intelligents.

      Si ce syndicat refuse de vous financer, il faudra alors se demander s'il ne craigne pas justement que votre étude comparative ne prouve absolument rien.