Les autochtones promettent un été de mobilisation si Harper n’agit pas

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo

L’ampleur des mouvements sociaux des autochtones au cours de la saison estivale dépendra en grande partie de la volonté du premier ministre Stephen Harper de faire respecter les droits garantis par traité, selon le chef national de l’Assemblée des Premières Nations.


Shawn Atleo dresse un bilan en demi-teinte du processus entamé en grande pompe en janvier lorsque MM. Harper et Atleo se sont rencontrés pour la dernière fois. « Le statu quo ne fait que prolonger les conflits, a dit M. Atleo à La Presse canadienne. Les expressions de bonne foi, et la mise en place des engagements de janvier, voilà ce qui est nécessaire. »


Au cours d’une entrevue portant sur plusieurs dossiers, M. Atleo a indiqué que les discussions entre des hauts fonctionnaires gouvernementaux et les Premières Nations de certaines parties du pays sur la façon de faire respecter les droits décrits dans les traités progressaient lentement.


Selon M. Atleo et plusieurs leaders des Premières Nations, la reconnaissance complète des droits garantis par traité mènera à une amélioration des conditions dans de nombreux secteurs - en éducation, en logement, et en ce qui concerne le partage des revenus de l’exploitation des ressources naturelles. « Nous avons vu des signes de la part du gouvernement montrant qu’il est prêt à faire ce geste », a affirmé M. Atleo.


« Été de la souveraineté »


Au même moment, cependant, Ottawa continue de s’opposer aux Premières Nations en cour à propos du financement des services destinés aux enfants, d’imposer des lois sans consulter ceux qui seront concernés, en plus de résister aux appels pressants pour déclencher une enquête publique sur les centaines de femmes autochtones assassinées ou portées disparues.


En plus, le gouvernement refuse de divulguer la majorité de la documentation nécessaire pour comprendre l’impact du système de pensionnats autochtones.


Du côté des autochtones, plusieurs Premières Nations sont mécontentes des modifications importantes apportées aux normes de protection environnementale imposées par une loi fédérale au cours de la dernière année.


Northern Gateway


Alors que les jeunes autochtones sont de plus en plus éduqués et davantage connectés par les médias sociaux, leur scepticisme envers l’establishment augmente, qu’il s’agisse du gouvernement fédéral ou de la complexe structure des chefs établie en vertu de la Loi sur les Indiens, dit M. Atleo.


« Ils [...] ne se laisseront pas influencer par des communiqués de presse ou des déclarations officielles du gouvernement qui disent qu’ils travaillent et que c’est suffisant. Parce que ça ne l’est pas », a déclaré M. Atleo. « Ils le font savoir clairement en s’exprimant. Et ils seront entendus. »


Des militants affirment déjà qu’ils ne sont pas prêts à attendre. Des organisateurs du mouvement Idle No More ont quant à eux indiqué qu’ils travaillaient avec d’autres groupes expérimentés pour organiser un « Été de la souveraineté » qui protestera contre les projets d’exploitations de ressources naturelles et de construction d’oléoducs à travers le pays, appuyé par des manifestations dans les villes.


Alors que le gouvernement de la Colombie-Britannique a porté un nouveau coup au projet d’oléoduc Northern Gateway la semaine dernière, le mouvement d’opposition se concentrera autour de la proposition d’inversion du flux de l’oléoduc Ligne 9. Ce plan permettrait de transporter du pétrole des sables bitumineux de Sarnia, en Ontario, à Montréal, dit Clayton Thomas-Muller, porte-parole de l’« Été de la souveraineté ».


Dans son entrevue, le chef Atleo a fréquemment mentionné que les traités comprenaient un engagement envers la paix et l’amitié, et que les anciens des communautés rappelaient constamment cette obligation aux jeunes.

1 commentaire
  • Pierre Rousseau - Abonné 3 juin 2013 11 h 05

    Dirigeants ineptes!

    M. Atleo peut bien japper, le gouvernement Harper sait bien qu'il ne mord pas. Les chefs autochtones, M. Atleo en tête, se sont fait carrément avoir par la stratégie conservatrice avec une rencontre qui n'a abouti a strictement rien pour les collectivités autochtones. Ce sont les gens de la base qui font avancer les choses, les gens des collectivités, des nations qui sont devant les tribunaux nationaux et même les forums internationaux (comme le HTG qui est devant la Commission inter-américaine des droits de l'Homme pour récupérer son territoire ancestral). Les leaders de l'AFN sont complètement dépassés par la base et ne servent à strictement rien pour faire avancer les choses, sinon, souvent mettre des bâtons dans les roues de la base!

    Ils sont donc en partie responsables de l'instabilité créée par la situation que l'on connaît maintenant, ayant failli à leurs devoirs de chefs, et laissant aux gens des collectivités la responsabilité de s'organiser et de prendre sur leurs épaules l'avancement de leurs nations. Comme ils ne peuvent se fier sur leurs chefs nationaux, que leur reste-t-il? S'il y a un été chaud dans les collectivités autochtones ce ne sera pas la faute uniquement des gouvernements mais ce sera en grande partie dû à la faillite des chefs nationaux de prendre leurs responsabilités et d'agir au noms des peuples autochtones qu'ils sont sensés représenter. Ils sont des grands parleurs mais petits faiseurs, comme on le disait dans le temps... Le gouvernement Harper sait fort bien que « les chiens aboient, la caravane passe »!