Coupes à l'aide sociale - La pression pourrait mener à de la discrimination

Agnès Maltais
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Agnès Maltais

Les modifications prochaines à l’aide sociale ne suscitent pas l’inquiétude seulement chez les prestataires visés par les coupes. Les organismes en employabilité, dont les parcours de formation en emploi devraient permettre de « n’échapper personne », selon la formule de la ministre Agnès Maltais, craignent non seulement que les places ne suffisent pas pour l’afflux de nouvelles demandes, mais que la pression créée par la réforme entraîne une discrimination dans la sélection des travailleurs en formation.

Le Devoir a appris que ces préoccupations ont été discutées lors d’un entretien qui s’est tenu mardi entre la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale Agnès Maltais, et des groupes représentant les organismes en employabilité. La ministre s’est faite rassurante, mais ses propos n’ont pas atténué toutes les craintes puisqu’ils n’ont pas été étayés par des données officielles.


« Les organismes en employabilité sont déjà aux prises avec un surcroît de demandes, alors nous ne voyons pas comment un ajout de prestataires va alléger la situation. On a déjà des listes d’attente ! », a dit Frédéric Lalande, directeur général de la Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d’oeuvre (COCDMO), dont la mission est de combattre l’exclusion sociale et professionnelle des citoyens en favorisant le retour à l’emploi. Cette coalition regroupe 13 organismes nationaux, qui, à leur tour, sur le terrain, représentent environ 1000 groupes. Ils reçoivent des handicapés, des immigrants, des prestataires d’assurance-emploi et d’aide sociale. « En 2011-2012, il y a eu 136 000 participations [aux mesures d’emploi] », explique M. Lalande. « Les changements [proposés par Québec] ajouteront à terme, dans trois ans, 25 000 prestataires de plus dans les mesures. Sans ressources additionnelles, il sera impossible d’accueillir tout le monde. »

 

La frilosité est grande


La pression causée par cet étranglement pourrait entraîner une sélection inacceptable. « On se demande si la pression mise sur les services publics d’emploi ne pourrait pas amener à donner la priorité à certains prestataires par rapport à d’autres », confie Frédéric Lalande, qui trouverait cette discrimination « inacceptable ». Au Front commun des personnes assistées sociales, les échos entendus par Amélie Châteauneuf vont carrément en ce sens. « Dans le milieu de l’employabilité, on nous dit qu’il y a déjà des mots d’ordre qui circulent selon lesquels il faudra donner la priorité aux prestataires touchés. Mettre en priorité certains citoyens par rapport à d’autres, c’est quelque chose que nous ne pourrions pas accepter. C’est de la discrimination ! »


Sous couvert d’anonymat, tant la frilosité est grande dans ce milieu d’employabilité, trois sources nous confirment que les mots d’ordre ont circulé. « Oui, on a entendu que la priorité devait être mise sur les prestataires touchés », explique une source travaillant dans un organisme. « Ce qui est important pour nous, c’est qu’il y ait des places suffisantes », nous explique une autre. « Parce qu’on ne veut pas se retrouver à faire des choix déchirants. Un jeune qui est allé à l’aide sociale serait soudainement plus important qu’un jeune qui n’y est pas encore allé, mais qui frappe à notre porte ? Qu’on ne se retrouve pas avec l’obligation de donner la priorité à un travailleur par rapport à un autre, parce que ça n’aura pas d’allure. »


Plusieurs personnes ont refusé de commenter le dossier. Rappelons que les changements proposés doivent entrer en vigueur le 1er juin ; ils prévoient entre autres la disparition d’une allocation de 129 $ (en sus de la prestation de base mensuelle de 604 $) pour la contrainte à l’emploi des prestataires de 55 à 57 ans, et des familles comptant un enfant de moins de cinq ans. Cette omission serait compensée par le versement d’une prestation de 196 $ par mois le temps que dure une mesure d’emploi, l’objectif étant bien sûr l’entrée sur le marché du travail.

 

Des places pour tous, dit Maltais


En entretien mardi, Mme Maltais aurait laissé entendre qu’il y aurait des places pour tous, quitte à en ajouter. Elle a assuré aussi, selon des participants aux entretiens du matin et de l’après-midi, qu’il ne serait aucunement question de mettre des candidats en priorité par rapport à d’autres. Mais les données manquent pour appuyer ses propos. « Nous attendons toujours de voir les chiffres, parce que tant qu’on n’a pas ça, c’est dommage, mais on ne peut pas la croire. Ça ne concorde pas avec la réalité du terrain », explique Amélie Châteauneuf, qui confirme, car elle était de l’entretien du mardi matin, que Mme Maltais a promis que personne ne serait laissé sur le carreau.


Autre question préoccupante : pour certains groupes, comme les entreprises en insertion, 60 % de la clientèle est constituée de « sans chèque », soit des citoyens ni prestataires d’assurance-emploi ni bénéficiaires de l’aide sociale. Ces gens arrivent de leur plein gré dans une entreprise, pleinement motivés. « Nos premiers critères de placement comptent la motivation, dit une source. Allons-nous devoir laisser tomber un “sans chèque” motivé, décidé à trouver un emploi, pour faire passer un prestataire qu’on force à entrer dans une mesure, sans garantie de succès ? »


C’est sans compter la conjoncture préoccupante que créent les réformes combinées de l’assurance-emploi, au fédéral, et celle de l’aide sociale, au Québec. « On a dénoncé pour le fédéral ce qu’on a appelé l’effet indésirable des “fausses participations”, c’est-à-dire ces gens qui se retrouvent dans des mesures par obligation, sans motivation aucune, et qui prennent la place de gens qui sauraient en tirer profit », explique Frédéric Lalande, de la COCDMO. « Avec l’aide sociale, c’est la même logique. C’est une fiction idéologique totale ! Il n’y a rien qui soutient le fait qu’en privant les gens du minimum vital, on les transforme magiquement en travailleurs. »

37 commentaires
  • Fernand Lachaine - Inscrit 9 mai 2013 06 h 39

    Il faut continuer madame Maltais.

    Bien que le projet sur l'aide sociale suscite beaucoup de commentaires et d'inquiètudes, je suis d'avis qu'il faut continuer.
    Trop de québécoises et de québécois reçoivent cet aide depuis des années sans raison majeure et sont maintenant fragilisées psycologiquement par leur effacement volontaire de la société.
    Par contre, d'autres personnes comme les handicappés, les personnes sérieusement atteintes de maladie mentale doivent être protégées légitimement par le gouvernement du Québec de façon convenable.
    En tant que payeur de taxes, si je me suis trompé dans mon évaluation de la situation, je suis prêt à me retracter.
    Cependant je suis au courant de personnes qui, avec l'aide nécessaire et humaine, pourraient retourner à des activités beaucoup plus emballantes et enréchissantes.
    BS un jour, BS toujours n'est pas une option pour beaucoup de récipiendaires et le projet de madame Maltais pourrait apporter des solutions appropriées.

    • Micheline Gagnon - Abonnée 9 mai 2013 09 h 27

      Pour que ce que Madame Maltais veut faire ait du sens, il faudrait attendre pour couper que «chaque» personne ait sa place avant de modifier le 129$ pour le 196$/mois. Il semble que le manque de place créera des annulations de suppléments nécessaires pour ces citoyens qui n'ont déjà pas le «nécessaire».Le problème il est là!

      Et puis, sachez qu'après environ 45 ans sur le marché du travail, j'ai vu à l'oeuvre beaucoup de «BS» diplômés avec des emplois très bien payés, avec avantages sociaux et pension. Ce serait intéressant qu'avant de juger on élargisse son champ visuel plutôt que de se concentrer sur l'arbre qui cache la forêt.

    • Nathalie Moffet - Abonnée 9 mai 2013 10 h 10

      En effet, Monsieur Lachaine, il existe beaucoup «de personnes qui, avec l'aide nécessaire et humaine, pourraient retourner à des activités beaucoup plus emballantes et enrichissantes». Les mots-clés étant : aide nécessaire et humaine. Les coupes dans les services sociaux n'épargnent aucun secteur et mettent en péril la survie de beaucoup d'organismes communautaires qui sont en contact direct avec la population. Ces organismes sont souvent portés par quelques personnes dévouées qui doivent composer avec des réductions ou un plafonnement de leurs subventions alors même que leur charge de travail augmente devant les besoins grandissants de la population. Pour que cette aide nécessaire soit donnée, il faut être prêt à soutenir celles et ceux qui sont sur le terrain. L'alternative est d'abandonner une partie de la population à leur sort, ce qui n'est pas dans nos moeurs.

    • Solange Bolduc - Inscrite 9 mai 2013 11 h 26

      @ Mme Moffet

      Certaines organismes communautaires se plaignent : "Ces organismes sont souvent portés par quelques personnes dévouées qui doivent composer avec des réductions ou un plafonnement de leurs subventions alors même que leur charge de travail augmente devant les besoins grandissants de la population. Pour que cette aide nécessaire soit donnée, il faut être prêt à soutenir celles et ceux qui sont sur le terrain."

      On oublie souvent que, parmi le personnel de certains organismes communautaires, il existe beaucoup d'incompétents ou de mal formés pour répondre aux problèmes qui se posent devant une clientèle très diversifiée. On doit faire un grand ménage en ce sens!

      Aussi il existe une lutte de pouvour qui nuit énormément à la bonne marche de certains organismes communaiutaires...De graves problèmes se posent, et on semble vouloir les ignorer! Inacceptable !

      Avant de demander plus d'argent, il faudrait obtenir l'assurance que ceux qui y oeuvrent sont en mesure de remplir adéquatement leur fonction. Ce qui ne m'apparaît pas si évident !

      Pour répondre aux besoins de toutes sortes, il faut de la compétence: la première clé du succès!

      J'invite Mme Maltais à se préoccuper de ce problème urgent avant d'investir de nouvel argent ! À s'ouvrir les yeux devant l'injustice que crée certaines directions !

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 9 mai 2013 12 h 43

      Dans plusieurs autres pays ou provinces, c'est le privé qui subventionne les organismes communautaires et je suis sûr que ces gens dévoué son capable de trouver des moyens ingénieux d'aller chercher d'autres sources de financement sans attendre l'aide de notre gouvernement.

    • David Boudreau - Inscrit 9 mai 2013 13 h 41

      À Mme Bolduc:
      J'aimerais bien savoir ce qui vous permet de décréter l'incompétence aussi aisément, avez-vous quelques faits, une expertise à ce sujet qui pourrait justifier votre intuition? À mon avis ce genre d'argument est relativement facile et réduit la complexité de la problématique. On ne fait pas beaucoup de science avec des «on sait bien que» et des «il existe...». Le jugement requiert des démonstrations plus rigoureuses. Si avez des faits et des exemples plus détaillés, n'hésitez pas à nous les partager. Cordialement.

    • Solange Bolduc - Inscrite 10 mai 2013 16 h 02

      Tout simplement M. Boudreau, ce que j'affirme n'a rien à voir avec l'intuition, ce qui ne veut pas dire que je ne m'en suis jamais servi en telles circonstances pour pousser plus loin mon investigation.

      J'ai fait du bénévolat durant 4 ans, ce qui m'aura permis de me rendre compte de bien des choses, mais aussi de défendre des personnes plus vulnérables...J'ai produit quelques documents pour me plaindre...Je m'arrête ici !

    • Serge Clement - Inscrit 13 mai 2013 00 h 03

      Madame Bolduc,
      Je vous lis sur beaucoup de discussion dans ce forum du Devoir et parfois j'ai eu envie de vous demander d'en parler à d'autres, de mieux vous informer avant d'écrire sur la place publique. Cependant, vous vous prévalez de votre droit.
      J'abonde dans le sens de David Boudreau et Dominic Lamontagne selon la réplique qu'ils vous proposent et je m'insurge contre plusieurs de vos points dans votre commentaire à Mme Moffet. Vous remettez en question les compétences de bien des intervenants dans le milieu de l'employabilité. Je vous trouve impertinente et prétentieuse, je vous cite: "On doit faire un grand ménage en ce sens". Vous qui avez côtoyé le milieu communautaire pendant 4 ans... so what?
      Êtes-vous spécialiste en employabilité, en orientation, avez-vous des connaissances pratiques et théoriques des problématiques qu'on y retrouve, etc, pour vous permettre de douter des compétences des intervenants du milieu.
      Vous ignorez sans doute tout le dynamisme et l'entraide qu'on retrouve dans ces milieux, entre confrères et consœurs de travail mais aussi entre divers organismes. Votre assertion sur les luttes de pouvoir réfère à quelleS expérienceS. Il ne suffit pas d'avoir fait un constat pour avancer d'un prétendu état de fait.
      Comment pouvez-vous en arriver à un tel constat et y croire en plus. Vous avez sans doute été bien désillusionnée pour, d'une part, vilipender ainsi tant de personnes qui se démènent pour aider les gens dans leur recherche d'insertion/réinsertion socioprofessionnelle mais pour aussi inviter Mme Maltais à y regarder de plus près, rien de moins.
      Je suis un spécialiste du milieu, depuis plus de 10 ans et j'y rencontre moult spécialistes de tout acabit. Je suis à même d'apprécier ce qui s'y passe, d'un œil critique, et permettez-moi de vous proposer que vous parlez de ce que vous ne connaissez pas mais que vous croyez honnêtement connaitre sans doute.
      Je conviens que nous pouvons errer dans nos perceptions et je croi

    • Serge Clement - Inscrit 13 mai 2013 00 h 30

      Monsieur Lachance,
      Je n'oserais vous demander de vous rétracter, ce qui sous-tenderait que mon point de vue est le bon et le votre le mauvais. J'apprécie cette ouverture à échanger, ce que j'aimerais succinctement faire.
      Pensez-vous que des personnes puissent être fragilisées psychologiquement sans raison majeure? Croyez-vous qu'une personne vise, désire, dans son fin fond, faire de l'effacement volontaire de la société, alors que tous les manuels de psychologie disent que l'individu se développe par ses différents contacts sociaux.
      Au pire, pensez-vous qu'une personne qui se détruit, voire se suicide, en a foncièrement envie?
      Vous seriez surpris de constater tout ce que des mécanismes de défenses peuvent engendrer comme comportements paradoxaux. Allez sur Internet et tapez "mécanismes de défense: évitement, retrait". Il y a plusieurs dizaines de mécanismes de défenses qui peuvent expliquer l'isolement individuel, que ce soit professionnel ou social ou les 2. Bonne lecture.

  • Denis Marseille - Inscrit 9 mai 2013 07 h 00

    Le travail agricole

    L'employabilité des travailleurs étrangers dans le secteur de l'agriculture ne sera pas affectée par la réforme 'Harperienne'. Dommage. En région, bon nombre de personne sur l'aide sociale pourrait combler ses postes et aucun effort en ce sens est fait.

    Dans le milieu, on dit que les québécois sont paresseux, lents, chiâleux, vindicatifs, non ponctuel, non assidu... bref, ils ne veulent pas travailler. Les employeurs ne réussissent pas à trouver la main d'oeuvre dont ils ont besoin.

    On dira que ce travail est dur et exigeant. Pour l'avoir fait, je répondrai, quel travail de production ne l'est pas. Lorsqu'on a aucune qualification, faut pas trop être exigeant sur l'offre.

    Tant que l'état subventionnera la paresse, ces employeurs n'auront d'autres choix que d'employer des étrangers.

    • Alexie Doucet - Inscrit 9 mai 2013 08 h 54

      Et vous, je suis sûre que vous seriez personnellement prêt à déménager dans le fin fond d'un rang pour aller travailler sur une ferme et être remercié à la fin de la saison. Puis vous auriez alors à redéménager et à vous battre avec le chômage... Bonne chance!

    • Fernand Lachaine - Inscrit 9 mai 2013 09 h 43

      @Alexie Doucet,
      Si je comprends bien, vous êtes d'accord à laisser ces jobs aux étrangers mais qui seraient trop astreignants pour les bénéficiaires de l'aide social.
      D'ailleurs les emplois que pourraient effectué les assistés sociaux permanents ne sont pas tous au fin fond d'un rang.

    • Denis Marseille - Inscrit 9 mai 2013 10 h 10

      réponse à Alexie Doucet:

      Je vois que premièrement, vous avez une certaine animosité envers le monde rural et secundo, vous saurez monsieur qu'il y a des autobus qui partent de la station de métro Henri-Bourassa à chaque matin et revient au même point le soir. Faut juste vouloir travailler et être prêt à se lever tôt.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 9 mai 2013 16 h 12

      La servitude volontaire, disait La Boétie.

    • Marc Lévesque - Inscrit 9 mai 2013 16 h 34

      M. Marseille,

      S'il n'y a pas preneurs pour les postes en agriculture la "loi" économique prescrit qu'on hausse les salaires et ajuste le prix des aliments en conséquence ? Non ? Pas si simple ? Le gouvernement subventionne la paresse ? Non. Pas si simple. Attention aux arguments simplistes et stéréotypés.

  • Jacques Morissette - Abonné 9 mai 2013 08 h 21

    L'étalon argent pour juger, plus ou moins consciemment, de la valeur des gens.

    Personne ne choisit d'être sur l'aide sociale, même si certains bénéficiaires le pensent à les entendre. Certains pourraient parfois les juger négativement, à voir parfois leur façon d'être. Il ne faut pas oublié que l'un des principaux étalons pour mesurer la valeur des individus est l'argent. Dans tout ce fatras, il y a ceux qui en ont et qui jugent plus ou moins consciemment les autres; il y a aussi ceux qui n'en ont pas et qui se jugent en se dévalorisant ou jugent négativement ceux qui en ont, à cause de l'étalon argent.

    On parle beaucoup de croissance économique dans notre société. Que ce soit par nature ou par culture, pourquoi tout le monde se sentiraient obligés de participer à la course, avec un protocole établi. Je serais d'accord pour encourager tout le monde à mettre l'épaule à la roue, mais ce serait idéalement à chacun de choisir la façon. Ce serait un grand pas de fait sur l'acceptation de soi et une certaine manière de faire participer tout le monde. J'entends très souvent les gens parler de bonheur, il commence par la conquête de soi, pour soi.

    • François Robitaille - Inscrit 9 mai 2013 12 h 39

      Personne ne choisit d'être sur l'aide sociale? Je vois que vous oubliez les fraudeurs professionnels. Oui, la plupart des gens qui se retrouvent avec ce service social ne l'a pas souhaité, mais je ne vois pas le lien avec l'application de cette nouvelle mesure... à part des "impressions" de mépris et d'injustice.

      Le modèle économique dans lequel nous vivons nous permet de nous payer ce genre de services, mais il faut tenir les reines, ne pas donner les clés du coffre à tout le monde, un peu de rigueure afin de pouvoir concerver le service ce pourquoi il a été crée: Les gens inaptes.

      Le modèle volontaro-communiste que vous proposez est rempli de vertu, par contre, il a aussi prouvé ses lacunes dans le passé, pensez à l'URSS. Quand un humain ne se sent pas menacé pour sa survi, son régime baisse, c'est-à-dire, vu qu'il n'a plus besoin de travailler fort pour vivre...il en profite, et ce même inconciamment. À partir de là, la productivité baisse, les revenus baisses et la qualité des services baissent.

      Personne n'en a contre les gens inaptes, même que je crois qu'ils seront mieux servi avec ce genre de réforme.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 9 mai 2013 12 h 48

      "pourquoi tout le monde se sentiraient obligés de participer à la course"

      Pour combler ses besoins de base M. Morissette sans dépendre des autres.

    • Jacques Morissette - Abonné 9 mai 2013 16 h 34

      François, vous avez raison de parler de tenir les brides, mais il faudrait que ce soit la même chose pour tout le monde. Pensez-vous que nous vivrons assez vieux pour voir le salaire minimum à 1 million de l'heure? Je fais de la dérision, j'aime autant le préciser pour ne pas que vous interprétiez en mettant les pièces du puzzle aux mauvais endroits. Vous croyez à l'idéologie de la croissance économique? Plus de sagesse serait de bon aloi.

      Il n'y a pas que l'argent qui est un étalon pour juger des autres, il y a les statuts aussi. Je parle de l'inconscient, entre les lignes. L'inconscient existe, d'autant plus, même si nous ne voudrions pas en parler. Ce ne sont pas les mots qui font que les choses existent. Les mots servent simplement à décrire les choses, pas le contraire.

      Dominic, les gens se valorisent ou se dévalorisent souvent en fonction de ce qu'ils ont ou de ce qu'ils n'ont pas. Il y a des gens simples qui se dévalorisent parce qu'ils n'ont aucun goût pour les ambitions que la société propose, comme idée-force. La meilleure façon d'être sans se sentir obligé de participer à la course, c'est de ne lire ou de s'en tenir uniquement à ce qui fait notre affaire. Que quelqu'un pense à vivre ainsi, vous ne pensez pas que d'autres vont peut-être pointer ces gens simples, simplement parce que leur habit n'est pas semblable au leur? Bien entendu, ce n'est pas tout le monde qui se sent obligé de suivre, mais beaucoup qui ne suivent pas se dévalorisent à force de se faire pointer du doigt.

  • Jean Lapointe - Abonné 9 mai 2013 08 h 23

    Une hypothès fondée sur une rumeur

    « Dans le milieu de l’employabilité, on nous dit qu’il y a déjà des mots d’ordre qui circulent selon lesquels il faudra donner la priorité aux prestataires touchés. Mettre en priorité certains citoyens par rapport à d’autres, c’est quelque chose que nous ne pourrions pas accepter. C’est de la discrimination ! »

    Voilà maintenant que vous faites un gros titre avec quelque chose qui pourrait arriver si jamais une rumeur qui, paraît-il court, se révélait fondée.

    Et une possibilité envisagée par une seule personne soit madame Châteauneuf, du Front commun des personnes assistées sociales.

    Comment faut-il donc comprendre de telles insinuations?

    Et comment faut-il comprendre que le DEVOIR leur accorde autant d'importance?

    Mais à quoi voulez-vous donc en venir?

    J'ai bien du mal à vous suivre.

    • Anne Emma - Inscrite 9 mai 2013 10 h 49

      Dans ce cas-là, on n'aurait pas beaucoup de reportages...

      Vous attenderiez quoi, vous, pour réagir?

    • François Robitaille - Inscrit 9 mai 2013 12 h 46

      À quoi ils veulent en venir? C'est simple, orienter la pensée des gens avec des pseudo-nouvelles, parce qu'il s'agit d'un éditorial déguisé. Ce genre d'article tendencieux me désole, moi aussi.

      @Anne Emma: Des nouvelles il y en a plein, mais des gens dégourdis qui en parlent et écrivent, moins. Nous vivons dans un mode de nouvelles chocs, les dossiers important sont à peine éfleuré parce que la population préfèrent le fast-food-news.... C'est comme le reste.

      Remarquez à quel point la dualité est utilisée dans vos journaux et téléjournaux.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 mai 2013 15 h 55

      D'accord avec M. Lapointe : Je crois qu'on a assez étiré la sauce : ça devient de l'eau-de-rose un peu éventée... Les jugements préconçus et les leçons de morale n'aideront en rien à faire progresser les choses.
      C'est un peu surréaliste de voir ce groupuscule, sous la houlette de Mme Chateauneuf, demander la démission de la ministre. C'est clair comme de l'eau de roche que cette passionaria est en mission commandée pour QS. Faire des alliances serait plus constructif et plus fécond. Voir à ce sujet l'excellente lettre de Mme Ferretti dans Le Devoir d'aujourd'hui.
      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/377706/le
      Louka Paradis, Gatineau

    • Solange Bolduc - Inscrite 9 mai 2013 20 h 46

      Entièrement d'accord avec vous quand vous dites Mme Paradis: "C'est clair comme de l'eau de roche que cette passionaria est en mission commandée pour QS. Faire des alliances serait plus constructif et plus fécond. "

      Merci de votre commentaire constructif !

    • Serge Clement - Inscrit 13 mai 2013 00 h 14

      Un petit commentaire celui de M. Jean Lapointe.
      Vous semblez être dans le milieu de l'employabilité, tout comme moi. Dans les organismes que je je connais, il y a et il devra toujours y avoir un espace temps pour "la clientèle" non référée, donc autre que "prestataires touchés" selon votre expression. Je sais que ma direction et d'autres veulent rester fermes dans cette volonté, position qui, en passant, n'a jamais été incompatible avec les institutions gouvernementales concernées.

  • Alexie Doucet - Inscrit 9 mai 2013 09 h 04

    Les misérables

    On vit dans une société qui a de l'argent, mais cet argent, c'est comme l'eau dans la canalisation souterraine de Montréal: elle fuit de partout! Attaquez-vous donc à notre vrai problème de complaisance économique et laissez donc les moins nantis en paix! Ce soir, allez revoir les Misérables de Victor Hugo, ça vour inspirera peut-être.

    • Fernand Lachaine - Inscrit 9 mai 2013 09 h 43

      On peut macher de la gomme et marcher en même temps.
      La société peut s'occuper des fuites d'eau et aussi voir à ce que les assistés sociaux puissent trouver de l'emploi.
      Il est temps que: BS un jour, BS toujours se termine avant qu'il y ait plus de dommages.

    • Anne Emma - Inscrite 9 mai 2013 10 h 46

      Huuum Fernand...
      Je n'avais jamais utilisé l'expression "BS un jour, BS toujours".
      Faut croire qu'on finit par croire ce qu'on répète
      parce que vous avez l'air bien convaincu
      sans être très convaincant...

    • David Boudreau - Inscrit 9 mai 2013 11 h 54

      Les perroquets croient que ce qu'ils répètent devient science. De quoi nourrir une chronique à radio-poubelle.

    • François Robitaille - Inscrit 9 mai 2013 12 h 49

      L'argent fuit de partout en effet, mais pour que ça arrête de couler, il faut boucher tout les trous!!! Justice pour tous pas juste pour une classe sociale.

      @David Boudreau, commentaire inutile, hors d'ordre et faux.

    • Denis Marseille - Inscrit 9 mai 2013 15 h 38

      Bien, justement, m. Doucet. l'oeuvre de Victor Hugo ' Les misérables' est l'histoire d'un gars qui se prend en main, même si les vicissitudes de la vie lui donneraient raison d'abandonner. Elle dicte aussi que 'charité bien ordonné commence par soi-même' via le personnage de m. Madeleine l'entrepreneur et maire (Jean Valjean). M. Madeleine a du coeur et prend soin de ses employés. Mais Hugo nous dicte que cela ne suffit pas. Il faut aider les autres aux meilleurs de nos moyens. Il prend la responsabilité de la faute du renvoi de Fantine et lui jure de prendre soin de sa fille et il le fait.

      A l'autre bout du spectre, il y a les Thénardier. Etres misérables qui malgré leur pauvreté (moins matériel que morale) font fi du malheur des autres et abusent de leurs conditions pour les voler..

      Le jour où les gens cesseront de s'apitoyer sur leur sort et lèveront la tête pour se prendre en main, La tiers de leur malheur sera déja derrière eux. Lorsqu'ils cesseront d'attendre l'aide des gouvernements et de la charité organisationnel, un autre tiers disparaîtra. Il ne restera que le hasard de la vie qui apportera son lot de malheur mais celui ou celle qui aura assez de fierté pour se lever le matin trouvera la force de passer au travers.

      Bien sur, la maladie et les handicaps, sont un autre problême. Mais même là, au canadian Tire près de chez moi il y avait des trisomiques qui lavaient des tablettes. Si eux le peuvent, qui ne le peut pas?