Manifestation du 22 mars - Les policiers coupent court à la commémoration

Quelques centaines de personnes ont pris part à la manifestation vendredi à Montréal.
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir Quelques centaines de personnes ont pris part à la manifestation vendredi à Montréal.

Le rassemblement visant à souligner le premier anniversaire de la première manifestation contre la hausse des droits de scolarité du gouvernement Charest a rapidement été dispersé vendredi par les policiers, et environ deux cents personnes ont été interpellées, y compris le célèbre Anarchopanda.

« Depuis une semaine et demie, le droit de manifester est mort à Montréal », a expliqué l’Anarchopanda par téléphone au Devoir, alors qu’il se trouvait dans le groupe de manifestants sur le point d’être arrêté par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le professeur de philosophie qui souhaite garder l’anonymat explique que c’est la première fois qu’il se fait arrêter de la sorte.


L’Anarchopanda, qui était devenu aux yeux de nombreux étudiants une mascotte du printemps érable, dit aussi avoir pris « son premier vrai coup de matraque » dans les côtes. Il se trouvait près de l’intersection du boulevard de Maisonneuve et de la rue Labrecque lorsque les policiers anti-émeutes ont chargé la foule qui avançait au milieu de la circulation.


Quatre appels à la dispersion


Le SPVM avait auparavant demandé à quatre reprises à la foule de se disperser en déclarant la manifestation illégale, selon le porte-parole de la police, Jean-Bruno Latour. Le point de rendez-vous de cette manifestation était le parc Émilie-Gamelin, à 18 h, mais les organisateurs n’ont pas fourni l’itinéraire à l’avance aux policiers. Le sergent Latour ne rapportait aucun acte criminel ni geste de violence, mais il estime que la police a décidé de disperser la manifestation, car le cortège avançait dans le sens inverse de la circulation sur le boulevard de Maisonneuve, ce qui présentait un risque pour la sécurité du public.


Cette intervention policière a par ailleurs fait réagir l’Association facultaire des étudiants en science politique et droit (AFESPED) de l’Université du Québec à Montréal, qui est à l’origine du rassemblement. Dans un communiqué, celle-ci a dénoncé ce qu’elle qualifie de « techniques d’intimidation employées par le SPVM et par d’autres corps policiers du Québec ». L’Association pour une solidarité syndicale étudiante qui avait apporté son soutien à l’AFESPED a aussi condamné l’intervention policière. Son porte-parole, Jérémie Bédard-Wien, a dû courir pour ne pas se retrouver pris en souricière par le SPVM.


Finalement, deux groupes de manifestants ont été encerclés par les policiers près de l’intersection des rues Saint-Timothée et Labrecque et du boulevard de Maisonneuve.


Un troisième groupe de manifestants s’est formé près de l’intersection des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis, en fin de soirée. Les manifestants pris dans les deux souricières ont attendu plusieurs heures avant d’être embarqués dans les autobus de la Société de transport de Montréal par le SPVM. « Les gens chantent et dansent pour se réchauffer », a expliqué par téléphone au Devoir Evelyne Laforest, qui se trouvait dans le groupe de manifestants en train de se faire arrêter.


Les personnes arrêtées devraient recevoir une amende de 634 $ en vertu du règlement P6 de la Ville de Montréal, selon le porte-parole de la police.

 

Avec La Presse canadienne

1 commentaire
  • France Marcotte - Abonnée 23 mars 2013 08 h 08

    Mais pourquoi l'anti-émeute?

    Si le problème était que le cortège qui avançait dans le sens inverse de la circulation sur le boulevard de Maisonneuve présentait un risque pour la sécurité du public, pouquoi faire intervenir les policiers anti-émeutes, d'ailleurs déjà parés à intervenir, plutôt ques des policiers «ordinaires»?

    On connaissait la position du gouvernement libéral Charest sur ces questions, mais qu'en pense le gouvernement péquiste de madame Marois?