Manifestation contre la brutalité policière - Au moins 200 arrestations

Dès le début du rassemblement, quelques arrestations ont été effectuées par les policiers.
Photo: François Pesant - Le Devoir Dès le début du rassemblement, quelques arrestations ont été effectuées par les policiers.

La 17e manifestation contre la brutalité policière ressemblait plus au jeu du chat et de la souris entre les policiers qui voulaient disperser les manifestants et ces derniers qui voulaient se rassembler pour parcourir le centre-ville, vendredi après-midi.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé à environ 200 arrestations. En vertu des règlements municipaux, la police a déclaré la manifestation illégale dès le départ, car aucun trajet n’avait été donné à l’avance par les organisateurs. C’est vers 16 h 50 que les manifestants ont commencé à se rassembler autour de l’intersection des rues Ontario et Saint-Urbain. Au moins deux personnes ont été arrêtées dès le début du rassemblement, a constaté Le Devoir.


Ils étaient quelques centaines à avoir répondu à l’appel annuel du Collectif opposé à la brutalité policière. Une fois le cortège en marche, les policiers du SPVM l’ont suivi de très près. Puis, appuyés par l’anti-émeute de la Sûreté du Québec, ils ont divisé la manifestation en deux. En effet, une fois arrivés près de la Place des Arts, une vingtaine de policiers de la Sûreté du Québec (SQ) sont sortis au pas de course de l’entrée d’un garage sous-terrain, situé sur la rue Saint-Urbain, surprenant beaucoup de manifestants. Les agents de la SQ ont monté les escaliers menant à la Place-des-Arts en courant afin d’y poursuivre les manifestants qui s’y trouvaient. Une fois arrivés sur la rue Sainte-Catherine, le nombre de manifestants avait déjà diminué, mais le cortège a repris sa marche, scandant des slogans tels que « Police partout, justice nulle part » ou encore « Parti québécois, parti bourgeois ».


Mais la manifestation se faisait au pas de course, car à intervalles réguliers, les policiers avançaient en courant vers la foule, obligeant les manifestants à accélérer la cadence. Au moins une grenade assourdissante a été utilisée par la police, a constaté Le Devoir. Elle a explosé à environ un mètre d’un manifestant, provoquant un important panache de fumée. La charge du SPVM a été vigoureuse, la manifestation s’est en partie dispersée et plusieurs personnes ont été arrêtées. Quelques minutes plus tard, ce qui restait du cortège a repris la route. La manifestation est en fait revenue vers la Place des Arts, et a redescendu la rue Sainte-Catherine.

 

Arrestation de masse


Vers 18 h 30, la manifestation s’est terminée de facto, avec une arrestation de masse. Environ 150 personnes ont été prises en souricière par la police : un groupe au coin des rues Sainte-Catherine et Sanguinet, et l’autre à l’angle des rues Sainte-Catherine et Hôtel-de-Ville. Les policiers ont minutieusement identifié chacune de ces personnes. Elles ont été transférées vers un centre de détention de la police et elles recevront des amendes de 637 $, a indiqué le porte-parole du SPVM, le sergent Laurent Gingras. Par ailleurs, 38 personnes ont été interpellées de manière isolée, notamment pour entrave, possession de matériel incendiaire ou voies de fait contre un policier. De plus, un agent a été blessé légèrement, et une policière a été victime d’un malaise.


Fait inusité : une vingtaine de policiers de Toronto, Peel, Ottawa, Gatineau, Laval et Longueuil sont venus observer la manifestation selon M. Gingras. En effet, il arrive souvent que des policiers d’autres services viennent observer les méthodes du SPVM. Ce fut régulièrement le cas lors des manifestations du printemps érable, selon le porte-parole du SPVM.


La manifestation contre la brutalité policière a fréquemment été ponctuée d’affrontements entre des manifestants et les policiers et au fil des ans, plusieurs actes de saccage y ont été commis. L’année dernière, le SPVM avait procédé à une foule d’arrestations, au point où 226 personnes s’étaient retrouvées derrière les barreaux. Il y a deux ans, plus de 300 personnes avaient été arrêtées.

 

Avec La Presse canadienne

20 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 16 mars 2013 00 h 45

    Bon, enfin

    Une police qui n'entend plus a rire. ce sont les commerçants qui doivent être heureux

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 16 mars 2013 21 h 39

      En effet: elle infiltre la manifestation avec des agents provocateurs pour justifier ses actions. Photo d'un policier déguisé en «Black block» lors de la manifestation du 15 mars:

      http://www.flickr.com/photos/thienv/8562945786/

    • Michel Richard - Inscrit 17 mars 2013 11 h 00

      pourquoi "agent provocateur" ?

    • Yves Claudé - Inscrit 17 mars 2013 23 h 36

      Monsieur Leblond,

      La photo de ce policier soi-disant «déguisé en «Black block»» n’est aucunement crédible. C’est faire outrage aux talents des costumiers et aux metteurs en scène de la police, que de penser qu’ils ne sont pas aptes à réaliser un déguisement, qui n’est d’ailleurs pas seulement vestimentaire, mais aussi mental !

      La CSN a mis beaucoup de temps à identifier le policier qui s’était «déguisé» en syndicaliste dans le secteur hôtelier de la Fédération du commerce. Quant au défunt groupe marxiste-léniniste En Lutte, il a mis des mois à prendre la décision d’expulser de ses rangs un policier infiltré : son déguisement physique et mental était si parfait, ce policier était un «camarade» exemplaire !

      Yves Claudé

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 18 mars 2013 21 h 24

      Bonjour M. Claudé,

      Peut-être ne vous souvenez-vous pas de l'épisode du sommet de Montebello en 2007, alors que des policiers très mal «déguisés» en manifestants s'apprêtaient à lancer des roches sur leurs confrères avant d'être démasqués et dénoncés justement à cause de leur piètre déguisement? La SQ avait dû passer aux aveux peu après et admettre l'utilisation d'agents provocateurs qui infiltraient les manifestations:

      http://www.ledevoir.com/societe/justice/239350/age

      «Qu'est-ce qu'un policier fait avec une roche dans les mains et un foulard sur le visage si ce n'est pas de la provocation?»

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 18 mars 2013 21 h 27

      «Des militants avaient pris en grippe trois hommes assez costauds, vêtus de noir et le visage recouvert d'un foulard. L'un d'entre eux portait un t-shirt d'appui à la station CHOI-FM, un accoutrement plutôt rare dans les milieux d'extrême gauche.»

      Extrait de l'article du Devoir traitant des déboirs de la SQ à Montebello, dont j'ai fourni le lien çi-haut.

      « C’est faire outrage aux talents des costumiers et aux metteurs en scène de la police, que de penser qu’ils ne sont pas aptes à réaliser un déguisement...»

      C'est vous qui le dites.

  • Pierre Bourassa - Inscrit 16 mars 2013 07 h 33

    « Police partout, justice nulle part »

    Désolant de voir la couverture médiatique hier de cette manifestation s'en tenant à suivre une seule ligne éditorialiste,celle d'encenser la stratégie policière.Pourtant si un groupe avait bien le droit de manifester contre la brutalité policière c'était bien les étudiants.Après s'être vus imposer l'an dernier une hausse de 75% par le gouvernement Charest,les étudiants ont courageusement défendus leur point de vue pour eux et les générations futures et ont été les principaux responsables du changement de gouvernement après neuf ans de tromperies.
    L'éducation pour tous est un gage de santé pour la démocratie.
    Nous leurs devons une fière chandelle.
    Cette période historique du Québec,ce printemps érable a été une belle victoire pour la démocratie-active et les étudiants l'ont payés cher car à moment donné nous avions l'impression de vivre dans un état totalitaire.

    Alors voilà,changement de gouvernement et çà recommence.Hier c'était carrément une interdiction de manifester.Les policiers étaient plus nombreux que les manifestants et surprise,la SQ se battait aux côtés du SPVM. Les médias nous annonçaient avec indifférence que des ''arrestations préventives'' avaient été effectuées pour éviter les débordements...
    Le comportement des forces de l'ordre et de tous les amis de l'agent 728 devront un jour rendre des comptes pour leurs agissements au printemps dernier et madame Marois,ce n'est pas en perpétuant la stratégie de votre prédécesseur que vous ferez la différence entre votre gouvernement et celui de Jean Charest.

    • Yves Claudé - Inscrit 17 mars 2013 02 h 41

      «Police nulle part, justice partout ???»

      La meilleure manière de dénoncer les abus policiers est-elle d’organiser une émeute annuelle, laquelle s’est agrémentée le 15 mars 2012 - comme j’ai pu le constater sur la rue Ste-Catherine (à Montréal) - non seulement de ces exactions utilisant les manifestants ordinaires comme boucliers humains, de vandalisme et de vol dans des commerces, mais aussi de vols avec violence sur des passants ?

      Le rituel d’une fête sauvage et ordalique autour de véhicules incendiés relève-t-il d’une action politique digne de ce nom, ou du tribalisme de sports extrêmes urbains se conjuguant avec une involontaire régulation de l’ordre social ?

      Les citoyens qui participent à la “manifestation” annuelle du 15 mars, avec l’intention louable de protester contre les abus policiers, ont-ils une information minimale sur la nature du “comité” qui organise cette activité, ainsi que sur les stratégies des organisateurs et des groupes qui gravitent autour de ce “comité” ? Sont-ils en mesure de savoir si les porte-parole se présentent au public et aux médias sous leur véritable identité ?

      Ne serait-il pas préférable d’exiger du gouvernement une Commission d’Enquête sur les abus policiers de 2012, mais aussi sur les entreprises de violence organisées par des casseurs, provocateurs, vandales et autres groupes et individus antisociaux, entreprises qui sont indissociables du contexte de ces abus et de leur interprétation ?

      Les évènements du 4 mai 2012 à Victoriaville, avec le mélange détonnant de plans d’attaque du site et de présences à documenter, telle que celle du SCRS, évènements parmi d’autres, méritent un retour objectif de la part d’une instance étatique irréprochable.

      Yves Claudé

  • André Lefebvre - Inscrit 16 mars 2013 07 h 52

    Donc...

    C'est donc dire que pour qu'une manifestation soit à peu près pacifique, vaut mieux avoir plus de 10,000 manifestant; 300,000 est plus sûr; C'est clair.

    André Lefebvre

  • Serge Lemay - Inscrit 16 mars 2013 08 h 13

    Manifestation déclarée illégale !

    La manifestation a été déclarée illégale ! Toute une surprise, les policiers n'utilisent pratiquement jamais ce recours ultime qui vient brimer les droits des citoyens de revendiquer une société plus juste et plus tolérante. Certainement qu'ils avaient de bonnes raisons pour agir ainsi, je vais tenter d'en trouver quelques-unes : pour emplir les autobus prévus à cet effet, pour justifier la brutalité, pour échapper aux balles de golf qu'ils ont saisie (trois balles de golf ont été saisies) et que les manifestants s'apprêtaient à utiliser comme arme de destruction massive, pour montrer que pour manifester au Québec on doit dire à quelle heure, où l'on va manifester et par où l'on va passer, parce qu'il y en avait un avec un passe montagne et un autre avec un foulard qui lui cachait les oreilles, parce que certains policiers avaient un party en soirée et qu'ils souhaitaient en finir rapidement, par ce que le chef de police leur a dit qu'il paierait pas d'overtime, parce que les manifestants dénonce une chose qui n'existe même pas (les polices sont nos amis et ils ne sont jamais brutaux) parce qu'il faut bien montrer c'est qui est-ce qui mène, pour toutes ces raisons et encore bien d'autres comme parce que ça fait l'affaire de l'establishment, parce que ça fait l'affaire de la droite qui compose 75 à 80 % de la population, parce que la culture de revendication ne rime pas nécessairement avec mouton dans le style se laissent manger la laine sur le dos, pour pouvoir frapper dans le tas (c'est un excellent moyen de s'approcher du peuple) etc.

    Vive la démocratie, vive les droits humains, vive les matraques !
    Serge Lemay

  • Marie Rochette - Abonné 16 mars 2013 08 h 28

    Les bons et les méchants

    par Martin Roy
    Dans le coin "gauche" du ring mesdames et messieurs, les Bons pesant 200 participants au moment de la pesée officielle... Et dans le coin "de la droite" les gros méchants, pesant plus qu'il n'en faut pour ne faire que bouchée des pauvre Bons.

    Avant même que la cloche ne sonne, les Bons, avaient décidés de ne pas suivre nouvelle règle imposée par les arbitres de la ligue majeure de lutte sociale, édictée depuis un an et consistant, à annoncer officiellement au sein de quelles aréne-rue il souhaitaient faire leur lutte:les bons ont l'avantage du choix de la glace, dans la mesure où ce choix est annoncé à l'avance.

    Les gros méchants étants pour leur part très susceptibles, n'ont pas supporter une telle entorse au nouveau réglement et se sont mis à rouspéter et a faire du bruit avec leur équipement assourdissant de manière à ce que les Bons dégagent l'arène-rue déclaré non légitme selon la nouvelle règle.

    S'en est suivi un chassé croisé où les Bons ont commencé à se comporter comme des souris qui se sauvent partout mais voulant se regrouper pour se protéger par l'effet de masse. De leur côté, les gros méchants se comportaient en chat bouffeurs de souris, avec l'habitude impolie qu'on leur connait de jouer avec leur nourriture. Devant l'effervescence, même le courageux journaliste du Devoir n'a pas été en mesure de statuer avec clareté qui des Bons ou des gros méchants a réellement commencé à se comporter en animal.
    Toujours est-il qu'à la fin, plusieurs Bons-souris ont été attrapés par les gros méchants-chats. Chaque groupe est sorti avec des griffures et des morsures mais le décompte offieux (car hors règle) relate un surplus de blessures du côté des bons.

    Un étranger qui a observé la scène, s'est demandé à la fin, pourquoi les Bons ne tentaient pas de faire modifier la nouvelle règle de manière à ce qu'elle soit plus conforme à leur aspirations en investissant l'arène politique arbitrale. Car ici c'est permis contrairement au cas de son p