RSF dénonce les soldats de l’ère numérique

Innover, oui, mais pour entretenir les régimes totalitaires, non ! Reporters sans frontières (RSF) a mis dans sa ligne de mire cinq entreprises occidentales du monde de la techno accusées de soutenir la répression ainsi que la violation des droits de la personne et de la liberté d’information de régimes totalitaires par l’entremise de leurs outils de cyber-surveillance. Dans la foulée, le groupe de pression réclame à l’avenir des mécanismes de « contrôle de l’exportation de technologies et matériel de surveillance vers [ces] pays qui bafouent les droits fondamentaux ».

Dans son Rapport spécial sur la surveillance, dévoilé cette semaine en marge de la Journée mondiale contre la cyber-censure - c’était mardi -, RSF qualifie Gamma (Royaume-Uni), Trovicor (Allemagne), Blue Coat (États-Unis), Amesys (France) et Hacking Team (Italie) d’« entreprises ennemies d’Internet », de « mercenaires de l’ère digitale », dont les outils d’optimisation de réseau et de lutte contre la criminalité ont été mis au service de régimes répressifs pour la surveillance et la persécution de dissidents.


L’organisme cite, entre autres choses, l’espionnage et l’arrestation de journalistes par la famille royale du Bahreïn grâce au produit de Trovicor, l’utilisation des produits de la californienne Blue Coat par le régime syrien pour traquer les opposants au régime de Bachar el-Assad ou encore l’arrestation et la torture de dissidents par la police secrète de Mouammar Khadafi, aidée par un système de surveillance du cyberespace développé par la boîte française Amesys, dont une succursale existe à Montréal.


Rappelons qu’au début de l’année, cinq blogueurs libyens ont déposé une plainte contre cette entreprise devant la justice française pour « complicité de torture ». Une enquête est en cours pour déterminer si Amesys a donné les moyens technologiques à Khadafi d’identifier les voix dissidentes, pour les faire taire. Dans son rapport, RSF estime qu’à l’instant même « où ces entreprises ont entrepris de commercer avec des régimes autoritaires, elles ne pouvaient pas ignorer que leurs produits pourraient être utilisés pour surveiller des journalistes, dissidents ou net-citoyens », peut-on lire.


Cinq pays visés


« La surveillance en ligne représente un danger grandissant pour les journalistes, les citoyens, les blogueurs, les défenseurs des droits de la personne, a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les régimes qui cherchent à contrôler l’information préfèrent de plus en plus agir dans la discrétion » avec des censures et de la surveillance technologique. « Comme de graves violations des droits de la personne sont rendues possibles par l’utilisation de matériels ou de technologies de surveillance fournies par des entreprises basées dans des pays démocratiques, il est temps que les dirigeants de ces pays prennent des mesures fortes » pour enrayer la chose.


Dans son rapport, RSF dresse aussi la liste des États ennemis d’Internet qui, selon l’organisme, mènent des politiques de surveillance en ligne systématique avec de graves violations des droits de la personne : la Syrie arrive en tête suivie par la Chine, l’Iran, le Bahreïn et le Vietnam.

2 commentaires
  • Jean-François Thibaud - Inscrit 14 mars 2013 22 h 59

    Scandaleux

    RSF, organisme subventionné par le NED, quand ce n'est pas directement par la CIA, n'a aucune crédibilité pour émettre quelques avis que ce soit sur quelques sujets que ce soit.Il est proprement sacndaleux de voir un tel sujet traite sans aucun contre-poids.

    • Franklin Bernard - Inscrit 15 mars 2013 18 h 39

      Vous avez des preuves de ce que vous avancez? Sinon, c'est vous qui n'avez aucune, mais alors aucune, crédibilité.