Université de Montréal - L’entente avec les partenaires suisse et belge se concrétise

Martine Letarte Collaboration spéciale
À l’avant-plan, Jean-Dominique Vassalli, recteur de l’Université de Genève, Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal (UdeM), et Didier Viviers, recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB). À l’arrière-plan, S. E. Beltrametti, conseiller-chef adjoint de mission de l’ambassade de Suisse en Belgique, Christos Sirros, délégué général du Québec à Bruxelles, Serge Jaumain, vice-recteur aux relations internationales de l’ULB, et Hélène David, vice-rectrice aux relations internationales de l’UdeM.
Photo: Université libre de Bruxelles À l’avant-plan, Jean-Dominique Vassalli, recteur de l’Université de Genève, Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal (UdeM), et Didier Viviers, recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB). À l’arrière-plan, S. E. Beltrametti, conseiller-chef adjoint de mission de l’ambassade de Suisse en Belgique, Christos Sirros, délégué général du Québec à Bruxelles, Serge Jaumain, vice-recteur aux relations internationales de l’ULB, et Hélène David, vice-rectrice aux relations internationales de l’UdeM.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’entente de partenariat signée en septembre prend forme entre l’Université de Montréal (UdeM), l’Université libre de Bruxelles et l’Université de Genève. L’objectif du trio est de devenir une référence francophone dans le monde universitaire.


Un colloque sur la santé publique est organisé par les partenaires montréalais, suisse et belge. Une rencontre de trois jours des trois facultés de pharmacie se déroulera prochainement pour discuter de projets porteurs. Les trois partenaires souhaitent également nommer conjointement des fellows. Même certaines facultés non désignées comme prioritaires dans le cadre des projets de collaboration souhaitent mettre la main à la pâte.


« Nous sommes un peu dépassés par la motivation de tous. Il faudra créer une structure pour coordonner les initiatives dans les universités », indique Hélène David, vice-rectrice aux relations internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels à l’Université de Montréal.


Les partenariats peuvent prendre différentes formes : projets de recherche en collaboration, mobilité entre les professeurs, les chercheurs, les étudiants et les stagiaires postdoctoraux, cotutelle de thèse, organisation d’activités.


« Nous avons annoncé cette volonté commune entre les trois équipes à la fin septembre, mais ensuite, il faut que ça percole dans les facultés », explique Mme David.

 

Des champs disciplinaires ciblés


Pour faciliter le processus, les partenaires ont ciblé des champs disciplinaires prioritaires. « Par exemple, la santé publique en est un parce que Genève et Bruxelles sont en quelque sorte le centre de l’Europe, indique Hélène David. On y retrouve plusieurs organismes, dont l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Quant à l’UdeM, elle a son École de santé publique. »


En ce qui concerne les facultés de pharmacie, on abordera notamment dans les discussions la création d’écoles d’été tripartites.


L’UdeM a d’ailleurs déjà du succès avec les écoles d’été de son Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM). « La diplomatie internationale est un autre exemple de domaine où nous avons de grandes ambitions, affirme Hélène David. Le partenariat est intéressant parce que Genève et Bruxelles nous donnent une porte d’entrée au sein des grandes organisations mondiales. Montréal, pour sa part, est une porte d’entrée sur l’Amérique du Nord. Nous souhaitons entre autres cibler d’anciens diplomates et politiciens pour les nommer fellows associés. »


Autre domaine prioritaire : l’astrophysique. « Nous sommes tous très forts dans cette discipline. Genève a son immense accélérateur de particules et l’UdeM a photographié récemment une exoplanète », indique Hélène David.


Même des facultés non ciblées au départ manifestent leur intérêt pour une collaboration accrue avec les partenaires. « Nous avions un dîner, récemment, avec le vice-recteur aux relations internationales de l’Université libre de Bruxelles. La doyenne de la faculté de médecine et le doyen de la faculté de droit de l’UdeM ont tenu à être présents parce qu’ils veulent mettre sur pied des initiatives », raconte Mme David.


Expériences variées


Les trois partenaires souhaitent aussi créer un fonds commun voué à la recherche. « Cela permettrait de financer ensemble des projets de recherche et de prendre plus facilement des étudiants en cotutelle de thèse, explique Mme David. Avec deux directeurs de thèse, ces étudiants se promènent d’un laboratoire à l’autre. Ils s’habituent à deux cultures, à deux styles différents, et nous avons remarqué que la cotutelle fait qu’ils publient davantage et obtiennent leur diplôme plus vite. »


Les trois partenaires souhaitent aussi faire ensemble la tournée des grandes universités des pays émergents. « Les pays comme la Chine et le Brésil n’arrivent pas à répondre aux besoins de formation de leur importante population, indique Mme David. D’ailleurs, le Brésil a créé un énorme projet de bourses pour envoyer des étudiants à l’étranger. Plusieurs pays veulent attirer cette clientèle. Si nous nous y mettons à trois, ça risque d’être beaucoup plus avantageux parce que les étudiants auraient ainsi accès à trois pays et deux continents. »


L’approche groupée faciliterait en outre la création de projets avec des chercheurs des trois universités partenaires et d’autres de pays émergents.


Un autre projet vise à choisir trois universités des pays du Sud où les trois partenaires investiront de façon prioritaire. « Le fait de nous allier nous permettra d’avoir accès à des fonds auxquels nous n’aurions pas accès sinon, par exemple, dans notre cas, des fonds de l’Union européenne. Nous pourrons ainsi réaliser des projets de coopération internationale de plus grande envergure », explique la vice-rectrice.


Le français, un atout


En lançant ce projet de partenariat, l’UdeM souhaite que la francophonie universitaire occupe une meilleure place sur l’échiquier mondial. « On a beau convenir que dans certaines disciplines comme les sciences fondamentales et la médecine, la principale langue de publication est l’anglais, reste que nous sommes des universités francophones. Nous souhaitons créer une masse critique de grandes universités francophones pour travailler ensemble et nous prioriser réciproquement, dans un contexte où les universités anglophones ont une très grande force de frappe », remarque Mme David.


Elle affirme que plusieurs étudiants étrangers choisissent d’ailleurs l’UdeM parce qu’elle permet d’étudier et de faire de la recherche en français. « Le fait d’être une université francophone est un atout et non un handicap, précise-t-elle. Même des étudiants de pays comme la Chine viennent faire un programme en anglais à l’UdeM, mais ils nous choisissent parce qu’ils pourront aussi apprendre le français tout en se frottant au mode de vie nord-américain. »


Pourquoi avoir créé un partenariat francophone sans la France ? « Nous avons regardé la cartographie de nos partenariats existants avec des universités francophones, explique Mme David. Nous voulions cibler des partenaires de la base, des partenaires pluridisciplinaires qui nous ressemblent vraiment. Nous avons déjà beaucoup de liens avec la France, mais les universités françaises sont très monodisciplinaires. Sarkozy a entamé un regroupement avec les PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur), et lorsque ce sera terminé, il s’agira de très grandes structures. Nous voulions démarrer avec des universités de taille plus humaine, qui nous ressemblent, mais nous allons fort probablement inclure des universités françaises d’ici un an ou deux. »


 

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