Horaires de 3 jours et demi: les policiers de Montréal manifestent

Des policiers de Montréal manifestaient ce jeudi matin contre la décision de la Ville de Montréal d'imposer aux patrouilleurs policiers des horaires de travail qu'ils jugent rétrogrades.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Des policiers de Montréal manifestaient ce jeudi matin contre la décision de la Ville de Montréal d'imposer aux patrouilleurs policiers des horaires de travail qu'ils jugent rétrogrades.

La Fraternité des policiers de Montréal fait monter la pression d'un cran sur l'administration Applebaum afin de conserver les horaires de trois jours et demi. Des centaines de policiers ont manifesté jeudi matin afin de faire entendre leur voix discordante.

La Fraternité a acheté une pleine page de publicité dans les principaux quotidiens, dont Le Devoir, pour exprimer son mécontentement.

Les horaires de trois jours et demi, sous forme d'un projet pilote, ont entraîné des coûts supplémentaires évalués à deux millions de dollars. Le directeur général de la Ville de Montréal, Guy Hébert, n'a pas caché son agacement, soulignant récemment que 30 des 33 commandants de postes de quartier se sont prononcés contre le nouvel horaire.

L'administration Applebaum n'est pas chaude à l'idée de poursuivre l'expérience, tandis que les patrouilleurs ont pris goût à cet horaire qui permet une meilleure conciliation travail-famille, en plus d'accroître le nombre d'effectifs sur le terrain en soirée, au moment où les policiers sont les plus sollicités.

La publicité de la Fraternité prend la forme d'une offre d'emploi au SPVM. «Vous aimez vous faire menacer tous les jours? Vous voulez travailler avec des équipements désuets, un fonds de pension en sursis, un horaire de travail digne des années 70, sans égard pour votre santé et votre vie familiale? Et le tout, sans aucun respect de l'employeur et des élus montréalais? Cette offre d'emploi est pour vous», affirme l'offre fictive.

«Le Service de police de la Ville de Montréal pourrait bientôt avoir plusieurs postes de patrouilleurs à combler. La candidate ou le candidat idéal n'a aucune vie de famille, aime travailler dans un climat hostile et se plaît dans un environnement de travail dangereux», ajoute-t-on.

La semaine dernière, le président de la Fraternité, Yves Francœur, a donné un ultimatum au maire Michael Applebaum afin qu'il maintienne l'horaire de trois jours. Le maire s'est dit victime de menace et d'intimidation de la part de la Fraternité, sur la foi d'un courriel du directeur des communications de la Fraternité, qui promettait des actions ciblant les élus si le projet pilote était abandonné.

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18 commentaires
  • Pierre Schneider - Abonné 28 février 2013 09 h 15

    Les menaces des policiers

    La semaine dernière, sur les ondes de Radio-Canada, Yves Francoeur déclarait que si les autorités municipales touchaient à leur horaire de travail, les policiers feraient- et je cite- "de la m...." Je me censure avant de l'être par le Devoir, mais c'est ce qu'il a dit clairement et irrespectueusement.
    Et ce sont eux qui, au nom du respect de l'autorité, ont frappé dans de récentes manifs tout ce qui bougeait et demandait justice....
    On est en plein Far West. Où les forces armées se croient au-dessus de tout.

  • Sylvain Auclair - Abonné 28 février 2013 09 h 39

    Manifestation illégale

    Ont-ils donné leur itinéraire à la police?

    • Benoît Gagnon - Inscrit 28 février 2013 12 h 23

      Je parie que même s'ils profèrent des menaces et sont violents, ils ne seront jamais tabassés comme l'ont été les manifestants pacifiques l'an dernier. Après tout, ils font partie d'une autre caste, les policiers.

    • Richard Laroche - Inscrit 28 février 2013 12 h 28

      Je suis plié devant l'ironie de cette nouvelle.
      Il va falloir demander aux étudiants de s'équiper d'armes "dissuasives" et de veiller à la sécurité durant ces manifestations.

  • Jean-Marc Plante - Inscrit 28 février 2013 10 h 06

    Protégez-nous

    Comme ces gens-là se sont montrés assez menaçants et agressifs ces derniers temps, souhaitons que l'anti-émeute y sera, avec la cavalerie et tout l'arsenal habituel. J'ai peur pour les journalsites et les cameraman cependant, qui risquent cette fois de subir les violences des deux parties, les manifestants et les services de "sécurité".
    Et est-ce qu'on pourrait avoir le matricule de Daniel Lacoursière, relationniste au SPVM? Ce gars-là mériterait de se faire appeler par son numéro, comme le matricule 728.

  • France Marcotte - Inscrite 28 février 2013 10 h 57

    Êtes-vous ailleurs qu'au centre...et dans 19-2?

    Mon fils vient de se faire tabasser par 3 types dans une rue tranquille d'un quartier périphérique. Son crime? Il revenait de chez un ami vers 7 heures du soir. On lui a arraché son manteau, on l'a rué de coups.

    La police est arrivé 20 minutes plus tard en disant qu'elle ne pouvait rien faire, en soupçonnant mon fils, étudiant pacifique, d'être impliqué dans un règlement de compte...

    Du service en échange de vos salaires, est-ce vraiment trop demander?

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 février 2013 11 h 37

      Un étudiant pacifique? C'est louche comme profil... Avait-il donné son itinéraire à la police?

    • Vincent Brunelle - Inscrit 28 février 2013 11 h 49

      La majorité des étudiants sont pacifiques, dans la plupart des manifestations seuls quelques dizaines d'individus causaient du grabuge et souvent les mêmes d'ailleurs, je suis surpris que l'on doive encore expliquer quelque chose d'aussi simple à comprendre.

    • France Marcotte - Inscrite 28 février 2013 13 h 26

      Étudiant pacifique...je ne disais pas cela en opposition à ceux qui manifestent. Faut-il vraiment le préciser?

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 février 2013 19 h 21

      Notons que ma remarque se voulait ironique.

  • André Champagne - Abonné 28 février 2013 11 h 47

    L'offre d'emploi et les risques du métier.

    L'offre d'emploi fictive décrit bien les dangers qui guettent les policiers. Or, plus les journées de travail sont longues plus les risques d'inattention ou de négligence ou d'impatience augmentent. Il serait donc sage de revenir à un horaire moins long dans une même journée et ainsi favoriser la sécurité de nos policiers et de la population. Je remarque que le service à la population n'existe pas dans cet appel d'offres. Ça donne une bonne idée de l'importance accordée à cet aspect par nos policiers.

    • Mario K Lepage - Inscrit 28 février 2013 12 h 28

      Ne compter pas sur moi pour sympathiser avec ces privilégiés de la société au service du pouvoir! Ils auront ce qu'ils veulent avec le chantage et les menaces habituelles dus à leur profession tout comme les pompiers... C'est la culture policière qu'il faut changer et non leur horaire!