40 ans du Conseil du statut de la femme - Le féminisme comme argument pour la souveraineté

« La situation des femmes au Québec se compare maintenant avantageusement à celle de bien des pays. Elle nous permet même d’exprimer notre solidarité à l’endroit de femmes d’ailleurs », a déclaré Pauline Marois mercredi.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir « La situation des femmes au Québec se compare maintenant avantageusement à celle de bien des pays. Elle nous permet même d’exprimer notre solidarité à l’endroit de femmes d’ailleurs », a déclaré Pauline Marois mercredi.

Pauline Marois voit dans la souveraineté une bonne façon de répandre les valeurs féministes du Québec à l’étranger. En gérant ses propres programmes d’aide internationale, dit-elle, le Québec pourrait mieux soutenir les femmes dans des pays plus inégalitaires.

« La situation des femmes au Québec se compare maintenant avantageusement à celle de bien des pays. Elle nous permet même d’exprimer notre solidarité à l’endroit de femmes d’ailleurs », a déclaré la première ministre mercredi.


« Ce serait encore plus vrai si le Québec maîtrisait la politique et les budgets de l’aide et de la coopération internationale, sans parler du Code criminel, actuellement de compétence fédérale. Notre combat n’est pas terminé. »


Enfin, elle a ajouté que « les bruits qui provenaient d’Ottawa » dans le dossier de l’avortement devaient inquiéter les femmes du Québec.


Mme Marois a tenu ces propos lors d’un événement soulignant le 40e anniversaire du Conseil du statut de la femme (CSF) à Québec. Tout en reconnaissant que les avis de l’organisme gênaient parfois l’exercice du pouvoir, elle l’a invité à garder le cap. « Même si on peut parfois ne pas être d’accord avec certaines des prises de position du Conseil, je crois que vous devez continuer à les prendre. »


Pour lancer ses célébrations, la dirigeante du CSF, Julie Miville-Dechêne, avait convié quatre de ses prédécesseures à rappeler les souvenirs du passé et les combats à venir. On a ainsi pu entendre Marie Lavigne (1988-1995), Diane Lemieux (1995-1998), Diane Lavallée (1998-2006) et Christiane Pelchat (2006-2011).


Fondé en 1973 sous Robert Bourassa, le CSF a un rôle de chien de garde et de recherche qui l’amène à formuler des avis sur des sujets allant de l’équité salariale au port du hidjab.


Tout en reconnaissant le chemin parcouru, les anciennes présidentes estiment toutes que la vigilance est de mise. Diane Lemieux, qui préside aujourd’hui la Commission de la construction, a déclaré qu’elle essayait « d’ouvrir les portes des dernières tavernes du Québec » dans ce secteur.


Marie Lavigne et Diane Lavallée ont dit craindre qu’on ne relance le débat sur l’avortement en légiférant sur la question comme le proposent certains. Quant à Christiane Pelchat, elle a notamment souligné la tendance actuelle des tribunaux à défendre la liberté de la religion au détriment de l’égalité des sexes.

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