Des transsexuelles sont refusées dans les refuges

Les femmes transsexuelles qui n’ont pas encore le statut officiel de femme sont souvent rejetées des refuges pour femmes itinérantes, même dans un contexte de températures glaciales.

C’est ce que dénonçait vendredi Nora Butler Burke, du groupe Action Santé Travesti(e)s et Transexuel(le)s du Québec, affilié à Cactus Montréal.


En fait, une majorité de refuges pour femmes sans-abri du Québec exigent des papiers d’identité attestant le sexe pour accueillir une cliente. Or, le statut féminin, attesté par des documents d’identité, n’est accordé aux transgenres québécois qu’après que ceux-ci aient procédé à une chirurgie et qu’ils aient complété des démarches administratives coûteuses.


« Ces transgenres sont habillées en femmes et elles ont une apparence de femmes. Souvent, elles ont pris des hormones », explique Mme Butler-Burke.


Pourtant, ces transgenres ne veulent pas non plus fréquenter les refuges pour hommes, où elles peuvent subir de l’intimidation. « Il y a un grand manque, constate Léonie Couture, directrice du refuge La rue des femmes, pour itinérantes. Ces femmes se font massacrer dans les groupes d’hommes, et ici, certaines sont dangereuses pour nos femmes. Les personnes qui sont en état d’itinérance sont fragiles au plan relationnel ». Mme Couture reconnaît que certaines femmes transgenres ne sont bienvenues que de jour à La rue des femmes, parce qu’elles sont menaçantes pour les autres clientes.


L’organisme ASST précise que le procédé administratif pour modifier les pièces d’identité coûte cher. Et que plusieurs transgenres vivent dans un état de grande précarité économique.

 

Identité sociale


Et à Montréal, une femme ayant subi une chirurgie s’est fait refuser l’accès à un refuge parce qu’elle n’avait pas encore de F sur ses papiers d’identité.


En Ontario, il est possible d’obtenir une identité sociale féminine même sans avoir subi une chirurgie de changement de sexe, soutient Mme Butler-Burke.


L’ASTT demande donc que « l’accès aux refuges, ainsi qu’à tout autre service séparé par sexe, soit disponible selon l’identité sociale et non seulement selon le statut juridique ou chirurgical ».


Les hommes transgenres peuvent également subir de la discrimination dans les refuges pour hommes. L’ASTT demande d’ailleurs que des mesures soient prises dans ces refuges pour protéger les hommes les plus vulnérables.