Déraillement d'un train - Le poids de la locomotive et l’état des rails en cause

C’est l’état des voies et le poids du véhicule qui ont provoqué le déraillement d’une locomotive de train de banlieue en décembre 2011.


Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a rendu public jeudi son rapport d’enquête sur le déraillement d’un train de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), le 9 décembre 2011 à la gare centrale, provoquant plus de peur que de mal pour les 1400 passagers en provenance de Mont-Saint-Hilaire.


Selon le BST, le train « a déraillé lorsque l’une des roues de la locomotive est tombée à l’intérieur du rail dans une courbe ». Malgré tout, la locomotive respectait « les normes de l’industrie » et les rails étaient conformes au « Règlement sur la sécurité de la voie (RSV) ».


L’AMT attendait avec impatience la publication du rapport du BSV. En effet, c’est le nouveau modèle de locomotive « bimode » ALP45DP, mis en service dix jours auparavant, qui avait déraillé. Or, depuis l’accident, le Canadian National (CN), propriétaire d’une partie des voies qu’emprunte l’AMT, a interdit à cette dernière d’utiliser les bimodes. Résultat, les vingt locomotives flambant neuves, d’une valeur unitaire de 12 millions, dorment dans les garages de l’AMT.


Fabriquées par Bombardier, les bimodes peuvent fonctionner au diesel ou à l’électricité. Cependant, avec un poids de presque 130 tonnes, elles pèsent 7 % de plus que les locomotives habituelles de l’AMT.


Pour Nicolas Girard, p.-d.g. de l’AMT, « le rapport indique noir sur blanc que la cause primaire de l’accident est liée à une anomalie de la voie ». Il demande donc au CN d’en « prendre acte » et de rétablir la circulation des bimodes. Dans son rapport, le BST souligne en effet « l’absence de dévers ainsi que l’existence d’un nivellement transversal négatif à la sortie de la courbe » comme une des causes de l’accident.

 

Circulation non autorisée


ViaRail ou Amtrack exploitent pourtant des locomotives plus lourdes sur les voies du CN. Louis-Antoine Paquet, porte-parole du CN, estime cependant que « plus d’améliorations à l’infrastructure de la voie » seront nécessaires avant d’autoriser la circulation des bimodes, sans toutefois préciser quand ces améliorations pourront être apportées.


Il est à noter que depuis novembre 2012, le Canadian Pacific Railway (CPR) autorise les bimodes de l’AMT à circuler sur la ligne Blainville-Saint-Jérome. Ed Greenberg, porte-parole du CPR, confirme que ces nouveaux modèles « sont comparables à d’autres modèles couramment utilisés dans l’industrie ».

3 commentaires
  • Daniel Cyr - Abonné 25 janvier 2013 10 h 07

    Rapport très louche

    J'étais dans le train ce matin là et je me demande qui veut-on berner avec l'affirmation que le train « a déraillé lorsque l’une des roues de la locomotive est tombée à l’intérieur du rail dans une courbe ». Dans une courbe??? Nous étions dans le DERNIER DROIT, à l'intérieur de la gare Bonaventure, à une dizaine de mètres de l'arrêt habituel des convois. Je me rappelle fort bien que la locomotive de tête est venue "s'appuyer" sur le quai de la gare, heureusement, car quelques secondes avant, l'engin passait au dessus des rues Saint-Jacques et Saint-Antoine... à l'heure de pointe. Si on a des doutes, on n'a qu'à faire appel aux passagers, un bon nombre avaient pris des photos avec leur téléphone cellulaire.

  • François Laforest - Abonné 25 janvier 2013 15 h 26

    Le CN augmente son bénéfice(Le Devoir 23 janvier 2013) !!

    Pourtant, pas un sous depuis des lustres dans l'entretien de son réseau et tant pis pour l'activité économique montréalaise. Les ''Barons'' du chemin de fer, ce vieil Establishment bien torontois, n'en a rien à cirer. Montréal attend après tout ce beau monde pour la mise en place d'un réseau de transport en commun qui soit viable, rentable bien intégré et bien adapté. Au fait, même en région, il suffit de regarder le trajet Montréal-Gaspé; un beau cas de sous-développement pour le récréotourisme. Si le pays doit sa création à la mise en place de son réseau ferroviaire force est de constater que l'un comme l'autre ont vécu.

  • J-Paul Thivierge - Abonné 25 janvier 2013 16 h 58

    CN économise mal pour faire plus de profit

    On nous dit que les rails sur les voies normales sont assez solides et ceomme celles du CP peuvent supporter les locomodives bimodes mais à la gare centrale comme les trains circulent lentement le CN a diminué les normes, alors la qualité et la fixation des rails sont moins robustes. On est loin de la qualité totale et sÉcuritaire !