Technologie - Applications : attention à la vie privée

Photo: La Presse canadienne (photo) Graeme Roy

La Californie a décidé d’emboîter le pas au Canada en appelant jeudi dernier ses créateurs d’applications pour téléphones mobiles à mieux respecter la vie privée des usagers. Ce respect va de pair avec le développement harmonieux de nouveaux services aux citoyens adaptés à leur vie de plus en plus nomade, mais ne va pas toujours de soi pour les fabricants d’applications, dénoncent d’ailleurs les gardiens de la vie privée ici comme aux États-Unis.

Dans un document de 22 pages, l’Attorney General de la Californie - l’équivalent du ministre de la Justice -, Kamala Harris, a posé les lignes de conduite à suivre pour chaque développeur informatique afin de limiter les intrusions de leurs créations informatiques dans la vie privée des gens. L’enjeu est de taille alors que les appareils de type iPhone permettent aujourd’hui à des compagnies de collecter des données personnelles de plus en plus précises sur les usagers, entre autres par l’entremise des systèmes de géolocalisation.


Transparence


Avec la publication de son guide, la Californie marche sur les traces du Canada qui en octobre dernier a rendu public un document similaire à l’attention des programmeurs qui nourrissent actuellement l’univers des téléphones mobiles. Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, mais aussi celui de la Colombie-Britannique et de l’Alberta sont à l’origine de ce « document d’orientation ». Dans les grandes lignes, les protecteurs de la vie privée y rappellent que les entreprises de la nouvelle économique ont l’obligation de respecter les lois en vigueur qui protègent les renseignements personnels au pays, mais doivent également assurer de collecter ces données de manières transparentes.


Elles doivent également informer les usagers des raisons pour lesquelles ces données sont conservées et pour quelles raisons. « Les utilisateurs doivent d’emblée être mis au courant de l’utilisation que l’on fera de leurs données, et des avis en temps réel devraient suivre lorsque sont activées des fonctions qui font appel à des renseignements personnels », peut-on lire.


L’automne dernier, une étude du Pew Research Center aux États-Unis indiquait que 57 % des abonnés à des services mobiles avaient cessé d’utiliser une application ou décidé de ne pas la télécharger en raison de préoccupations liées à l’exploitation de leurs données personnelles.

 

Obligations légales


En octobre, la Commissaire à la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart, avait d’ailleurs indiqué : « la population canadienne ne devrait pas avoir à choisir entre sacrifier son droit à la vie privée ou tirer avantage d’une nouvelle application pour téléphones mobiles ». La publication des guides de développement, ici comme en Californie, vise à rappeler les obligations légales des programmeurs en la matière, « tout en apaisant les craintes des consommateurs », estime le Commissariat canadien à la vie privée.