À l’étranger - Être solidaire à longueur d’année

Le CECI participe à des projets éducatifs pour les femmes dans des pays africains.
Photo: David Champagne CECI Le CECI participe à des projets éducatifs pour les femmes dans des pays africains.

Il y a de ces gens et de ces organisations pour lesquels le sens de la responsabilité et de la solidarité se traduit dans l’action à coeur d’année plutôt que de se manifester de façon sporadique à l’occasion d’une période festive. Et c’est ainsi que plusieurs centaines de bénévoles québécois de tous âges s’envolent 12 mois sur 12 vers des contrées étrangères, pour des séjours plus ou moins prolongés, afin de prêter main-forte à des populations vivant dans des conditions moins favorables.


France-Isabelle Langlois, directrice des communications pour le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), qui fut fondé il y a plus de 50 ans par les Jésuites et qui est devenu à caractère laïque depuis longtemps, présente ce mouvement : « Il est basé d’abord et avant tout sur la collaboration volontaire sur le terrain tout en conduisant des projets de développement international ; il est en bonne partie financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), particulièrement sous l’angle de la collaboration. »


Parmi les activités du CECI prend donc place ce programme de collaboration communautaire appelé Uniterra, qui est aussi soutenu par l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Les deux organismes recrutent des volontaires à court et à long terme : « Dans le premier cas, ce sont des étudiants universitaires qui partent sur le terrain avec des mandats dont la durée varie de quelques semaines jusqu’à deux mois ; il s’agit là de voyages ou de missions initiatiques. »


Elle signale une initiative qui est basée sur le secteur privé et institutionnel se situant en marge d’Uniterra : « On parle ici du “congé solidaire” en vertu duquel on tisse des partenariats avec des entreprises ou des employeurs du Québec et du Canada ou encore avec des institutions comme la Ville de Montréal ou certaines universités. On leur offre de devenir des partenaires, ce qui fait en sorte que certains de leurs employés ou membres de leur personnel vont utiliser leurs vacances annuelles pour se rendre effectuer du volontariat sur divers terrains étrangers pour une période d’environ trois semaines ; l’employeur participe alors au financement de la mission. »


Tous mandats confondus, le Centre dirige annuellement plus ou moins 400 bénévoles vers d’autres pays et, dans la plupart des cas, il s’agit de missions à long terme dont la durée s’échelonne sur une période d’un an ou plus. « Ça devient comme un emploi, sauf qu’ils le font de façon volontaire ; leurs frais de subsistance sont payés, mais ils ne reçoivent pas de salaire puisqu’on parle de volontariat », expliqueMme Langlois.


Ils sont ingénieurs, agronomes ou encore professeurs et chacun consacre ses compétences professionnelles spécifiques à la réalisation du travail qui lui est confié par les gens d’autres pays. « Ce sont les organisations locales sur le terrain qui déterminent quels sont leurs besoins et quels sont les profils qui conviennent pour les satisfaire », renchérit-elle à ce sujet.


De son côté, le CECI sert d’intermédiaire entre les parties : « Avec le partenaire, on travaille sur le mandat et la description du poste ; on affiche celui-ci et on procède au recrutement tout comme pour une offre d’emploi dans un autre domaine. Par la suite, on reçoit des gens en entrevue et on sélectionne les candidats. »


Les volontaires sont dans une large mesure âgés de 25 à 50 ans, ils ont terminé leurs études et sont prêts à faire valoir leurs compétences sur le terrain des pays en voie de développement. Le CECI déploie ses activités sur trois continents qui sont les Amériques, l’Afrique et l’Asie.


La formation est primordiale


Mer et Monde est un organisme d’initiation à la coopération internationale qui oeuvre sur deux continents et dans deux pays : le Sénégal en Afrique de l’Ouest, et le Guatemala en Amérique centrale. Sa directrice générale, Mireille Chilloux, fournit cette information sur sa mission : « À travers des stages dans ces endroits-là, on veut amener les stagiaires, quel que soit leur âge, à vivre une expérience de prise de conscience sur le rôle qu’on a à titre de citoyen du monde. » Elle apporte cette nuance : « On travaille vraiment dans le cadre de la solidarité. On ne conduit pas de projets de développement comme tels, mais plutôt des projets d’appui aux diverses communautés ; on souhaite former nos Québécois pour qu’ils deviennent de plus en plus conscients de notre implication citoyenne, non seulement par rapport à nous-mêmes, mais aussi par rapport à tous les pays du Sud. »


« Ce qui fait notre force, c’est la qualité de la formation que nous transmettons à nos stagiaires par le biais d’une équipe de formateurs aguerris, poursuit-elle. Avant qu’elle se rende sur le terrain, on engage d’abord la personne qui va devenir bénévole dans un processus de prédépart dont la durée peut varier de 70 à 120 heures : le tout se déroule dans un cadre de vécu collectif qui se rapproche de ce qui sera au coeur de l’action en cours de mandat. Il y a aussi le stage, qui se déroule sur le terrain lui-même au cours duquel la formation prend à nouveau tout son sens ; au retour, ce n’est pas terminé pour nous, parce qu’il existe toute une démarche d’intégration de la réalisation du projet. »


Mer et Monde a dirigé l’an dernier quelque 350 stagiaires en terre étrangère, et ce nombre demeure stable d’une année à l’autre. « On parle de toutes les catégories d’âge. Je dirais que les plus jeunes ont 15 ans et que nos plus vieux peuvent être âgés de 70 ans », préciseMme Chilloux.


Les différentes catégories de stages correspondent aux groupes d’âge ou à d’autres critères clairement établis. Sur le strict plan scolaire, l’organisation collabore aussi bien avec les milieux secondaire et collégial qu’universitaire. Les stages s’échelonnent sur des périodes de deux semaines à plusieurs mois.

 

Milieux défavorisés


Depuis quelque temps, les jeunes issus de milieux défavorisés peuvent à leur tour vivre une expérience enrichissante : « On travaille avec les carrefours jeunesse-emploi qui réinsèrent des jeunes de la rue qui ont éprouvé des problèmes de parcours scolaire ou professionnel ; il leur est offert de faire un stage de terrain pour reprendre par la suite leur place dans la société. Jusqu’à maintenant, les résultats de cette expérience s’avèrent excellents. »


Mer et Monde possède une équipe à Montréal même et d’autres joueurs s’affairent également sur le terrain des opérations pour préparer la venue des stagiaires en identifiant les besoins des partenaires dans les autres pays : « De la sorte, on ne parle jamais de nos besoins, mais de ceux des gens d’ailleurs afin qu’il soit possible de les appuyer véritablement pour les combler. Ces gens-là servent également à accueillir les stagiaires plus ou moins jeunes et à les accompagner dans toute cette formation qu’il leur reste à acquérir sur la compréhension de ce qu’ils ont à vivre et sur les enjeux auxquels ils doivent faire face sur place. »


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Collaborateur