Un Québécois sur trois est bénévole

On compte de nombreux parents qui s’impliquent bénévolement dans les activités de leurs enfants. Mais les enfants aussi peuvent s’adonner au bénévolat lié notamment à l’alimentation.
Photo: La Presse canadienne (photo) Chris Young On compte de nombreux parents qui s’impliquent bénévolement dans les activités de leurs enfants. Mais les enfants aussi peuvent s’adonner au bénévolat lié notamment à l’alimentation.

Le chiffre a de quoi étonner. D’autant plus qu’il vient quantifier une activité qui passe souvent inaperçue du grand public. L’an dernier, c’est environ 384 millions d’heures que les Québécois ont consacrées à l’action bénévole.

Qu’est-ce au juste que le bénévolat ? D’entrée de jeu, Fimba Tankoano, directeur général de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ), tient à faire une distinction. « Il faut faire la différence entre l’entraide et le bénévolat. L’entraide est une aide individuelle ; par exemple, soutenir un parent lors d’une convalescence. Par contre, le bénévolat, c’est une décision volontaire d’offrir son temps et son talent à un organisme de bénévolat. »


Il existe aussi deux formes de bénévolat : le bénévolat ponctuel et le bénévolat régulier. Le bénévolat ponctuel est une action occasionnelle ; par exemple, être bénévole lors de la tenue d’un événement sportif. « C’est donc un bénévolat qui est limité dans le temps. Il convient surtout aux personnes qui ont un horaire chargé. » Le bénévolat régulier est un bénévolat qui exige plus de stabilité. « Le bénévole s’engage, par exemple, à donner trois heures de son temps par semaine à un organisme sur une période plus prolongée. Il convient donc aux personnes qui disposent davantage de temps et qui ont un horaire plus souple. »


Au Québec, environ 37 % de la population est impliquée dans une action bénévole d’une forme ou d’une autre ; la proportion d’hommes et de femmes étant égale. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les bénévoles québécois sont plus jeunes qu’ils ne sont âgés. En effet, 56 % des bénévoles québécois ont moins de 44 ans. Chez les 15 à 24 ans, c’est un jeune sur deux qui fait du bénévolat. Les 50 ans et plus comptent pour 31 % des bénévoles.


« Par contre, ce sont les 50 ans et plus qui fournissent la majorité des heures de bénévolat. Les jeunes de 15 à 24 ans n’ont pas beaucoup de temps à consacrer au bénévolat, d’où leur préférence pour le bénévolat ponctuel. On compte aussi chez les moins de 44 ans de nombreux parents qui s’impliquent bénévolement dans les activités de leurs enfants. »


Préretraités et retraités


La tranche d’âge la moins impliquée dans le bénévolat est celle des personnes ayant entre 60 et 70 ans. « Les préretraités et les nouveaux retraités sont plus difficiles à recruter parce qu’ils ont des projets de retraite auxquels ils vont consacrer beaucoup de temps, ce qui en laisse moins pour le bénévolat. » Par contre, cette situation se renverse une fois le cap des 70 ans passé. « À cet âge, leurs projets de retraite ont été réalisés et maintenant, ce que ces personnes cherchent, c’est plutôt un lieu de socialisation, ce que le bénévolat leur fournit. »


« Il y a du bénévolat dans tous les secteurs d’activités de la vie sociale et humaine, souligne Fimba Tankoano. Cela va des organismes de coopération internationale aux popotes roulantes. »


Par contre, certains secteurs sont plus populaires que d’autres. « C’est le cas des sports et loisirs, tout comme celui des services sociaux ; par exemple, l’aide à domicile, les visites d’amitiés, le transport des personnes, les banques d’alimentation, les cuisines collectives. » D’autres secteurs sont moins prisés, c’est le cas de la santé, particulièrement en milieu hospitalier. « On a affaire ici à une clientèle malade, donc plus lourde. De plus, le milieu hospitalier ne convient pas à tous. »


Un bénévolat structuré


Le bénévolat au Québec est une affaire bien structurée. Il y a d’abord la première ligne, c’est-à-dire les organismes communautaires qui offrent les services selon les besoins de leur milieu.


Ensuite, ces organismes communautaires sont chapeautés par les Centres d’action bénévole, selon le territoire. On compte 112 de ces Centres d’action bénévole au Québec. Leur rôle est de coordonner le bénévolat sur leur territoire et d’offrir du soutien aux organismes ainsi qu’à leurs bénévoles. Les Centres d’action bénévole sont réunis au sein de la FCABQ, dont le mandat est de faire la promotion, d’assurer la reconnaissance et de favoriser le développement des pratiques d’actions bénévoles sur l’ensemble du Québec. C’est à ce titre que la FCABQ organise chaque année une Semaine du bénévolat.


Et si l’on décide de faire du bénévolat, comment alors s’y prendre ? « Je conseille aux personnes intéressées par le bénévolat de contacter en premier le Centre d’action bénévole de leur région. Le Centre d’action bénévole possède les compétences nécessaires pour discuter avec la personne afin de bien cerner ce qui l’intéresse et s’assurer de l’orienter vers le bon organisme et les bonnes tâches. En gestion de bénévolat, nous n’avons pas de bâton, seulement la carotte. Si l’on veut que le bénévole s’engage réellement, il faut s’assurer de lui proposer un bénévolat qui saura le satisfaire. »


On peut trouver sur le site Internet de la FCABQ la liste des Centres d’action bénévole.


***

 

Collaborateur

1 commentaire
  • Claude Trudel - Abonné 15 décembre 2012 16 h 43

    Appréciation


    Données impressionnantes! Tout particulièrement sur le bénévolat des jeunes Québécois. Une fois de plus, on peut constater à quel point la jeunesse québécoise est admirable : « Chez les 15 à 24 ans, c’est un jeune sur deux qui fait du bénévolat. »

    Monsieur Vallée, félicitations et merci pour cet article captivant!