Allégation de brutalité policière à Longueuil

Un intervenant auprès de personnes itinérantes a porté plainte contre deux policiers de Longueuil qui l’auraient poussé sur le plancher, lui auraient cassé un bras et disloqué une épaule parce qu’il les empêchait de consulter sans mandat des dossiers confidentiels de l’organisme l’Abri de la Rive-Sud, à Longueuil, qui accueille des sans-abri.

Selon Réjean Cormier, 61 ans, bénévole chez l’Abri de la Rive-Sud, les policiers Alexandre et Bryan, aux matricules respectifs 30337 et 11584, se sont présentés à l’Abri à 8 h 15 le 11 novembre dernier, à la recherche d’un homme qui avait appelé au centre d’urgence de Longueuil et menacé de se suicider.


M. Cormier leur aurait dit que l’homme n’était plus sur les lieux, puisque tous les usagers avaient quitté l’Abri comme d’habitude à 7 h 30 du matin. Seuls deux usagers étaient restés pour aider M. Cormier à faire du ménage. La policière Bryan aurait alors poussé M. Cormier pour entrer. Les policiers auraient ensuite insisté pour consulter les dossiers des usagers, ce que M. Cormier leur aurait refusé. C’est alors que les policiers l’auraient renversé sur le sol, avant de lui tirer sur le bras jusqu’à ce que l’humérus se fracture et que l’épaule se disloque, en injuriant tant l’organisme que l’intervenant. M. Cormier s’est évanoui temporairement sur les entrefaites.


C’est après qu’il eut réclamé la venue d’un supérieur, qui est arrivé plus tard avec deux autres policiers, que l’un d’eux a finalement proposé d’appeler l’ambulance. M. Cormier a ainsi passé trois jours à l’hôpital, subi d’importants travaux de chirurgie dans l’épaule, et dû se faire poser deux plaques de métal dans le bras. Il est en congé de maladie prolongé. « Accident de travail », dit-il, laconique.


Après de nombreuses pressions de l’Abri dans ce dossier, le service de police de Longueuil a annoncé vendredi qu’il allait demander une enquête indépendante à la SQ.


Mais selon Lucie Latulippe, directrice de l’Abri, les deux policiers étaient encore vendredi en service de patrouille, ce qui constitue selon elle un danger pour la paix publique. Les organismes communautaires de Longueuil et de la Montérégie, réunis lundi en conférence de presse, réclament « le congédiement des policiers, une compensation pour dommages et intérêts à la victime, et la création d’une enquête à caractère civil, transparent, impartial et indépendant » sur les interventions policières impliquant des blessures ou des décès. Les noms des policiers Bryan et Alexandre ont déjà figuré, il y a quelques mois, dans un rapport interne de l’Abri, alléguant qu’ils auraient bousculé un usager.


« Nous avons alors conseillé à l’usager de porter plainte. Je ne sais pas s’il l’a fait », mentionne Mme Latulippe.


Quant à l’homme recherché par les policiers, il aurait téléphoné au centre d’appels de Longueuil en disant qu’il se suiciderait s’il ne trouvait pas de lit à l’Abri le soir suivant. L’homme s’est par ailleurs représenté à l’Abri le soir du 11 novembre, où les policiers Alexandre et Bryan sont revenus le chercher.

2 commentaires
  • Franklin Bernard - Inscrit 27 novembre 2012 17 h 55

    Sommes-nous en dictature?

    Après les brutalités denoncées depuis des mois et les abus de la tristement célèbre matricule 728, on aurait pu espérer une remise en question de la culture policière chez nous. Il semblerait que non. Cet incident violent est une nouvelle honte sur nos services de police.

    Et non seulement nous voyons là une violence ignoble et injustifiée sur un homme de 61 ans, mais de plus une perquisition illégale puisque sans mandat judiciaire. Vivons-nous sous une dictature?

    Et voilà qu'en plus on confie une enquête «indépendante» à la SQ. On sait ce que donnent les enquêtes de la police sur la polic: un simulacre d'enquête qui va enterrer un autre dossier de violence policière.

    Décidément l'héritage de l'ancien flic en chef du Québec, le droitier John James Charest, père de l'infecte loi 78, n'a pas fini de nous hanter.

  • Franklin Bernard - Inscrit 28 novembre 2012 10 h 27

    Allons-nous voir le gouvernement Marois réagir?

    Ou alors ce genre de comportement sera-t-il toléré sous Marois comme il était encouragé sous John James? Si le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, ne dit rien, il y aura lieu de s'inquiéter. Au lieu de leur offfrir un sentiment de sécurité, la police, quelle qu'elle soit, fait désormais peur aux citoyens. Il y a des gens qui changent de trottoir quand ils voient une voiture de policde arrêtée quelque part. C'est grave.