Un groupe de 13 personnalités demande à Québec de considérer avec plus de sérieux la révolution numérique

Face au retard, la colère. Un groupe de 13 acteurs importants du Québec numérique a imploré vendredi le gouvernement Marois et les politiciens du Québec de faire preuve d’un peu plus d’envergure et d’audace en adoptant un plan pour sortir la province de son inertie en matière d’économie numérique et développement de la société du savoir.

Dans une lettre ouverte, dont une copie a été envoyée au Devoir, ce groupe, qui se présente comme «le groupe de 13 étonnés» invite entre autre Québec à créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale, de mettre en place un «Conseil national du numérique», sur le modèle du Conseil supérieur de l’éducation, mais également de cesser d’investir à tous crins dans le béton et dans les avoirs, pour se concentrer d’avantage sur le savoir.

«Aujourd’hui, nous investissons dans le passé en empruntant sur l’héritage que nous allons laisser à nos petits-enfants : leur futur, écrivent les signataires de cette lettre.

Monique Savoie, fondatrice de la Société des arts technologiques (SAT), l’entrepreneur Sylvain Carle, le spécialiste en «expérience numérique», René Barcelo, le philosophe Hervé Fischer, le titulaire de la Chaire de l’Université de Montréal en droit de la sécurité et des affaires électroniques, Vincent Gautrais ou encore le défenseur du logiciel libre, Cyrille Béraud sont de ceux qui ont posé leur griffe au bas de la missive.

«Le Québec glisse vers le bas dans l’échelle de la compétitivité parce que nos voisins, provinces et pays, se sont donné une vision d’avenir pour tirer collectivement tous les bénéfices des nouveaux modes de communication et de l’économie immatérielle sous la forme d’un Plan numérique», ce que le Québec n’a pas encore été capable de faire, selon eux, préférant plutôt, soulignent-ils, «tabletter» les nombreux rapports, du rapport Berlinguet en 1995 sur l’autoroute de l’information au rapport Gautrin sur la gouvernance 2.0 en 2012, recommandant fortement de baliser le virage numérique pour mieux le négocier.

La lettre ouverte a été adressée personnellement vendredi à la première ministre Pauline Marois, mais également à François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Jean-Marc Fournier, chef intérimaire du Parti libéral et Françoise David de la micro-formation politique Québec Solidaire.

Tout en les invitant à prendre conscience d’une société en mutation où la connaissance et l’information deviennent «notre matière première et [où] l’Internet [est désormais] la place publique où se prennent nos décisions», les 13 étonnés réclament également de Québec des investissements prioritaire dans le savoir, dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse, tout comme la création d’un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement en s’inspirant du NESTA en Angleterre, un espace collaboratif et participatif mis au service des idées neuves et de l’innovation. Histoire de combler une carence.
3 commentaires
  • Normand Choinière - Abonné 16 novembre 2012 18 h 03

    Paroles, paroles, paroles

    Bah! On n'est mêm pas capable d'avoir accès à de la haute vitesse digne de ce nom à des prix réalistes à moins de 100 km de Montréal. Ça fait plusieurs années que le fédéral et le provincial nous promettent une solution qui ne vient jamais!

    Voilà quelque chose de simple et fondamental à faire avant de voir plus loin...

  • Diane Blaquière - Inscrit 16 novembre 2012 19 h 33

    Québec tu dors!

    Bonne chance! La technologie est beaucoup plus qu'un sujet technologique et il faudrait tellement plus de coopération entre les égos québécois.

    Imaginez si les profs avaient occupé l'avant-scène durant la grève (ou boycott) étudiant du printemps. On part de loin quand même les universitaires n'ont pas pris d'assaut la tribune à la places des tribunaux pour donner accès à leurs cours..... aux étudiants tenus à l'écart mais branchés pour la majorité.

    Quelle belle occasion manquée de parler haut et fort pour la promotion et surtout le mérite d'être branché sur les sources du savoir. Avant qu'on ait traversé tous les groupes d'intérêts qui vont revendiquer leurs droits et privilèges et les syndicats qui vont mettre du sable dans tous les engrenages....

    Faut pas rêver! Le Québec aime trop la chicane et le picossage pour parvenir à l'action. Ça fait longtemps que je vis ces incohérences mais je continue de couvrir mon tout petit champ d'influence. Mais pour qui je me prends..... sans diplômes pour être crédible. L'assimilation va arriver avant et on va chialer en victimes expérimentées que nous sommes.

    • Charles Côté - Inscrit 16 novembre 2012 22 h 39

      De quoi parlez vous exactement? Arrêtez de chiâler! Proposez!