Geneviève Rochette s'engage - «L’économie dominante détruit plus qu’elle ne construit»

Pierre Vallée Collaboration spéciale
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	Selon Geneviève Rochette, les Journées sont un événement important pour l'ensemble des citoyens.</div>
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir
Selon Geneviève Rochette, les Journées sont un événement important pour l'ensemble des citoyens.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

C’est la comédienne Geneviève Rochette qui assume le rôle de porte-parole de l’édition 2012 des Journées québécoises de la solidarité internationale. C’est d’ailleurs la première fois qu’elle prête son nom à une cause du genre.

«Dès qu’on m’a approchée, j’ai accepté sans hésiter, raconte Geneviève Rochette. C’est que j’ai été très interpellée depuis plus d’un an par les différents mouvements sociaux que nous avons connus, que ce soit le mouvement des Indignés, celui d’Occupy Wall Street ou, plus près de nous, celui du printemps érable. Un peu partout, l’indignation était palpable. Mais c’est bien beau de revendiquer et de dénoncer l’injustice, de clamer haut et fort, mais, en plus de s’indigner, il faut aussi agir et s’engager. J’ai donc vu, dans l’occasion qui m’était présentée d’agir comme porte-parole, une façon à moi de poser un geste. »


Elle se dit aussi en accord avec la thématique retenue cette année, soit celle de l’économie. « L’économie dominante détruit plus qu’elle ne construit. L’écart entre les riches et les pauvres se creuse. La seule logique du profit ne suffit plus. Les mesures d’austérité qu’on impose ne règlent rien, elles favorisent même la montée de la droite. On a bien dit au début de la crise économique qu’il fallait refonder le capitalisme, mais, depuis, les gestes ont été plus que timides. Mais quelles sont les solutions de rechange, se demande-t-on ? Il y en a et, cette année, avec sa thématique économique, les Journées québécoises de la solidarité internationale sont une occasion de les faire connaître et de les mettre de l’avant. »


Agir comme porte-parole


Geneviève Rochette voit son rôle de porte-parole comme une double possibilité. « Dans un premier temps, dit-elle, je me vois comme celle qui a la possibilité de braquer les projecteurs sur les idées et les valeurs que véhiculent les organismes de solidarité internationale et sur le travail qu’ils accomplissent. Il faut comprendre que ces organismes fonctionnent avec de petits budgets et qu’ils n’ont pas le temps ni l’argent de faire leur autopromotion. D’ailleurs, avec le faible budget dont ils disposent, ils préfèrent investir l’argent dans des actions concrètes. En tant que porte-parole des Journées québécoises de la solidarité internationale, j’ai donc l’occasion de contribuer à faire leur promotion auprès du grand public. »


La seconde possibilité est plus personnelle. « Comme beaucoup de personnes, je ne connais pas bien les activités que font les organismes québécois de coopération internationale. Le fait d’agir comme porte-parole me permet aussi de m’initier à leur univers et de mieux me renseigner sur ces organismes. De plus, les valeurs mises de l’avant par ces organismes me rejoignent. Tout comme les solutions de rechange sociales et économiques qu’ils proposent. Je suis en mal de ces connaissances et agir comme porte-parole me permet de combler ce manque. Comme porte-parole, je devrai me déplacer, à Québec, à Chicoutimi, à Trois-Rivières, et j’aurai alors carrément l’occasion de rencontrer les organismes et les personnes qui y travaillent. Ce sont des gens qui sont très inspirants et je suis très heureuse d’avoir l’occasion de les rencontrer et d’ainsi mieux les connaître. »


«Un événement crucial»


Selon Geneviève Rochette, les Journées québécoises de la solidarité internationale sont un événement important non seulement pour ceux et celles qui oeuvrent en solidarité internationale, mais aussi pour l’ensemble des citoyens. « C’est un événement crucial, car c’est une excellente vitrine. C’est l’occasion pour les citoyens de prendre conscience de ce qui se fait de façon autre. Le premier geste que le citoyen peut poser, c’est celui de se renseigner. Et les Journées sont une occasion de le faire. Il aura la possibilité d’aller à la rencontre d’organismes, souvent installés à côté de chez lui mais dont il ignorait à la fois l’existence et la mission, qui proposent une façon de faire différente. »


Mais, une fois renseigné, qu’est-ce que le citoyen peut faire de plus ? « Il peut ensuite poursuivre son cheminement et s’engager dans une action. On tient trop souvent les choses pour acquises et on se dit que rien ne peut changer. C’est le cas présentement du système économique dominant. Mais on peut refuser de participer à ce système aliénant. Il y a des solutions de rechange et les Journées sont là pour les faire découvrir. »


Elle invite donc les citoyens à participer aux diverses activités organisées dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale. « On y trouvera bien sûr des informations, mais aussi des ressources. Les personnes qui se sentent mal à l’aise avec la situation sociale et économique actuelle, celles qui s’interrogent ou même celles dont la conscience sociale est plus aiguisée y trouveront des solutions de rechange davantage en accord avec leurs propres valeurs. »


Une cause qu’elle découvre peut-être, mais qui suscite son enthousiasme. « C’est une cause qui me tient vraiment à coeur et qui rejoint ma parole citoyenne. Un autre monde est possible. Non seulement est-il possible, mais il est déjà en marche, comme en témoignent les actions et les valeurs des organismes québécois de coopération internationale. Mais il avance de façon encore trop timide. Les Journées québécoises de la solidarité internationale sont une occasion de faire la promotion des solutions de rechange sociales et économiques auprès du grand public et ainsi de contribuer à accélérer la marche vers un monde plus juste et plus équitable. »



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