Du 7 au 17 novembre - Le Québec est solidaire

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Cette année, le thème des Journées sera principalement l’économie. On y expliquera notamment les rouages et les différentes étapes de la crise financière de 2008.
Photo: Agence France-Presse (photo) Stan Honda Cette année, le thème des Journées sera principalement l’économie. On y expliquera notamment les rouages et les différentes étapes de la crise financière de 2008.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Organisées par l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), les Journées québécoises de la solidarité internationale, qui se tiendront du 7 au 17 novembre 2012, auront cette année pour thème l’économie.

En 2012, le libellé du thème se lit comme suit : une économie juste au service de l’humain. « Nous choisissons un thème différent à chaque édition, souligne Marie Brodeur Gélinas, chargée de projet à l’AQOCI. Cette année, dès la première rencontre pour organiser les Journées québécoises de la solidarité internationale, nos membres ont unanimement arrêté leur choix sur l’économie. En fait, c’est le thème qui s’est imposé à nous puisque, depuis la crise financière de 2008, la lente reprise américaine et les difficultés économiques qu’éprouvent certains pays européens, l’économie est devenue le sujet de l’heure. Nous voulions donc y aller de notre contribution en proposant une façon autre d’aborder l’économie. »


Conférence d’ouverture


Le choix du thème explique aussi le choix de l’invité international appelé à prononcer la conférence d’ouverture, car cet invité est nul autre que Francisco « Chico » Whitaker, cofondateur du Forum social mondial, qui se déplacera de son Brésil natal pour venir prononcer une conférence intitulée « Sommes-nous esclaves d’une logique antihumaine ? Les chemins pour passer de la complicité à la libération ».


La thèse de M. Whitaker est que, depuis la chute du mur de Berlin, une seule logique économique a su s’imposer et elle a transformé le citoyen en consommateur de plus en plus avide, qui fait fi du même coup des valeurs de solidarité et de coopération. Il abordera les chemins qu’il faut emprunter afin de mettre en place un monde plus juste et plus humain. Rappelons que le Forum social mondial se tient en même temps que le Forum économique mondial et se veut la contribution de la société civile aux débats sur les enjeux économiques mondiaux.


«Faisons les comptes»


Les Journées québécoises de la solidarité internationale ont aussi leur slogan, qui est « Faisons les comptes ». On tient ainsi à souligner deux actions dans le cadre de ses activités. La première est la production par l’AQOCI d’un document thématique, justement intitulé Faisons les comptes, qui porte sur l’économie. Il s’agit au fond d’un ouvrage de vulgarisation de certains principes économiques propres à l’économie dominante. Par exemple, on se sert des papiers commerciaux adossés à des actifs, les fameux PCAA, pour illustrer la création d’une bulle spéculative et son éclatement. On y explique aussi les rouages et les différentes étapes de la crise financière de 2008. Le document propose aussi des solutions de rechange économiques au modèle économique actuel, comme l’économie sociale et solidaire. Bref, un document instructif qui pourra éclairer la lanterne de ceux pour qui l’économie demeure un mystère. On peut télécharger le document à partir du site des Journées québécoises de la solidarité internationale.


Le slogan « Faisons les comptes » fait aussi référence à une activité participative. Les citoyens sont donc invités à faire parvenir des factures fictives à trois pouvoirs économiques, soit l’Association minière du Canada, le Fonds monétaire international et le gouvernement Harper. Les formulaires de ces factures sont disponibles dans le site Internet des Journées. On peut aussi y visionner un lip-dub (clip promo chantant) sur le sujet. « On cherche toujours à inclure une action citoyenne dans les activités des Journées, afin de permettre aux citoyens qui ne peuvent pas assister en personne à nos activités, mais qui partagent notre point de vue, de participer à ces Journées. On a choisi les factures fictives plutôt que la pétition, parce c’est une activité plus ludique. Par contre, les raisons pour lesquelles on a choisi de cibler ces trois instances sont très bien expliquées dans le site. »

 

Autres événements


Si l’AQOCI est responsable de l’organisation de certains éléments de la programmation des Journées québécoises de la solidarité internationale, dont la conférence d’ouverture et la campagne des factures fictives, ce sont plutôt les organismes membres de l’AQOCI qui sont responsables, dans chacune de leur région respective, des activités inscrites au programme. On y trouve évidemment de tout, allant de la conférence à la table ronde en passant par la projection de films. On peut consulter la programmation, et tout le reste ci-haut mentionné, dans le site Internet.


« Les Journées québécoises de la solidarité internationale servent d’une part à valoriser le travail de nos organismes membres. C’est incroyable ce qu’ils réussissent à accomplir avec, il faut bien l’avouer, peu de moyens financiers. Et c’est fascinant de voir ce qui s’accomplit en région. On a tendance à l’oublier, mais il existe des organismes de coopération internationale dans toutes les régions du Québec. D’autre part, les Journées sont aussi un moyen de rejoindre le grand public et de faire connaître nos actions et nos valeurs. »


Collaborateur

1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Abonné 6 novembre 2012 15 h 30

    Dommage...

    que tant de gens restent attaché au système économique mondial, ou en d'autres termes, semblent avoir plus confiance en un contexte dit économique qu'en un contexte social. La confiance est rendue plus grande envers des papiers venant des banques qu'envers d'autres être humains...

    Les coopératives ont pourtant faient leurs preuves depuis longtemps, démontrant qu'elles avaient une durée de survie plus longue que les entreprises privées, mais j'ai connu des personnes pour qui les coopératives n'étaient là que pour les petits trous de c... . Un nombre surprenant ne font pas affaire avec les Caisses Populaires, les voyants comme des "banques pour les pauvres".

    Si je vous disais ceci: une personne bien à l'aise financièrement, est allé il y a quelques années pour préparer ses services funéraires. Après avoir rencontré différentes entreprises travaillant dans le domaine, il est allé voir celle considéré comme étant de grand luxe, donc à coûts plus élevés évidemment. Quand cette dernière lui a fait connaître le prix de ses services, le client lui a montrer une évaluation faite par une coopérative funéraire, et dont le prix était beaucoup plus bas. Le client a mentionné par le fait même qu'il pouvait avoir de meilleur prix ailleur. Une entente fut faite, entre ce client et la compagnie non coopérative, de la façon suivante:

    La dite compagnie acceptait d'offrir les mêmes services, et ce au même prix que la coopérative, à la condition toutefois, que ce dit client signe une entente comme de quoi son épouse et ses enfants feraient affaire le moment venu, avec cette même compagnie...

    Donc, ses prix furent réduits, et ce à cause de la coopérative, mais ce dernier ne voulue pas encourager la coop, se voyant trop de la haute classe pour faire affaire là... ainsi, il trouva la coop utile pour faire baisser les prix ailleurs... pas plus.

    L'humain est parfois décevant... pas à peu près !