Conseil québécois des gais et lesbiennes - Progresser vers l’égalité sociale

Assïa Kettani Collaboration spéciale
Scène du défilé de la fierté gaie croquée en 2009 et rappelant la situation vécue par les homosexuels à l’étranger
Photo: André Querry Scène du défilé de la fierté gaie croquée en 2009 et rappelant la situation vécue par les homosexuels à l’étranger

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Depuis sa création en 2006, le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL), prenant le relais de la Table de concertation des gais et lesbiennes, poursuit un objectif constant : avancer vers l’égalité sociale, faire tomber les préjugés et oeuvrer pour une meilleure intégration des personnes LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et trans) dans la société.

Le CQGL se définit comme un lieu de « militantisme, d’analyse, de réflexion, de débat, de sensibilisation et de formation », explique son président, Steve Foster.


Sur le plan politique, il joue un rôle de vigilance et de représentation. En effet, même si l’égalité juridique est officiellement atteinte (la loi sur le mariage entre conjoints du même sexe, en 2005, a été à cet égard un pas décisif), l’égalité sociale demeure un combat. « Le milieu du travail n’est pas toujours ouvert à la diversité, rappelle Steve Foster. Et on sait que le taux de suicide est plus élevé au sein des communautés LGBT que dans le reste de la population. »


Le CQGL est ainsi amené à réagir aux programmes des gouvernements, à siéger au sein de collectifs, à participer à des comités, à déposer des mémoires et à se prononcer sur des projets de loi.


L’organisme joue à ce titre un rôle de catalyseur : il rassemble les acteurs des communautés LGBT autour d’enjeux-clés et d’efforts communs, donnant l’impulsion d’une réflexion collective.


Dans son plan d’action stratégique contre l’homophobie, conçu en 2006, le Conseil a ainsi privilégié le mode de la concertation et réuni des groupes issus de tous les horizons : des organismes régionaux, s’adressant aux aînés, aux immigrants, aux familles homoparentales, aux communautés culturelles, ou encore des chaires de recherche. « Le Conseil est un point d’ancrage et de coordination de ces collectifs », dit Steve Foster.


Revendications


Au premier plan des revendications figure la question cruciale du financement. « De nombreux groupes jeunesse, ethnoculturels ou trans ne reçoivent aucun financement à la mission, ou alors un financement famélique qui suffit à peine à garder l’organisme ouvert. Il y a vraiment une amélioration à faire là-dessus pour continuer à offrir des services et faire la représentation nécessaire », déplore le président du CQGL.


Un des combats se situe justement là où l’aide n’existe pas : Steve Foster insiste sur l’importance d’« amener des services en région, puisque, dans plusieurs régions, les personnes LGBT n’ont accès à aucun service ».


Alors que plusieurs avancées notables ont été appréciées au cours des dernières années, le CQGL s’engage dans un travail de suivi et de vigilance. Il s’agit de « veiller à ce que les différents plans d’action soient bien appliqués dans chaque ministère concerné ». L’objectif, souligne Steve Foster, est de « veiller à ce que les acquis soient respectés ». Et, pour cela, l’organisme contribue à rappeler aux personnes LGBT les lois qui les protègent.


Les diverses situations des communautés transsexuelles et transgenres ont également fait l’objet de travaux récents. Ainsi, un plan de revendication conçu avec les groupes d’aide aux personnes trans a connu un accueil favorable après avoir été déposé en avril 2012 au ministère de la Justice, avec des revendications touchant aussi bien aux règles d’état civil qu’à l’accès à des soins de santé spécialisés. Au mois de mars, un mémoire sur l’intimidation et la violence en milieu scolaire avait par ailleurs été déposé, toujours avec l’objectif d’« assurer le mieux-être des jeunes lesbiennes, gais, bisexuel(le)s, transexuel(le)s et transgenres ».

 

Actions


Un autre niveau d’action de l’organisme s’adresse directement aux citoyens et s’attache à une mission de sensibilisation, de valorisation et de reconnaissance. À ce chapitre, le CQGL diffuse depuis trois ans, en partenariat avec la CSQ, une campagne de sensibilisation destinée au milieu de l’éducation et aux jeunes. Visant à déconstruire les préjugés, la campagne porte chaque année sur un sujet différent et aborde « les différentes réalités de nos collectivités ». Après avoir ciblé les relations amoureuses de mixité culturelle et l’amitié entre personnes hétéros et homos, la campagne porte cette année sur les métiers.


Pour mieux remplir son mandat, cette campagne s’accompagne de documents de formation destinés aux enseignants. Il s’agit de campagnes qui, aux dires de Steve Foster, atteignent clairement leurs cibles. « Les thèmes choisis sont très appréciés et correspondent aux enjeux et aux réalités de nos communautés. Ce sont des campagnes adaptées au milieu scolaire. Chaque année, nous déterminons, en partenariat avec la CSQ, l’angle qui sera adopté lors de la prochaine campagne, en s’ajustant en fonction des besoins. »


Et, pour donner une plus grande visibilité aux actions positives menées pour l’égalité sociale, le gala Arc-en-ciel, dont la 9e édition a lieu le 20 octobre, est une formidable vitrine. Chaque année, des personnes issues des communautés LGBT ou non sont récompensées pour leur contribution : cette année, l’auteur Stéphane Bourguignon et Michel Dorais, sociologue de la sexualité et chercheur, font partie des lauréats, et le gala sera présidé par Bernard Landry.


Alors que le conseil s’apprête à changer de nom (du CQGL, il devient le CQLGBT, pour « refléter davantage les actions faites depuis plusieurs années »), il suit de près l’évolution d’une réalité changeante. C’est dans cette optique que le CQGL travaille avec des chaires de recherche, notamment la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM, pour que les enjeux liés aux communautés LGBT soient de mieux en mieux documentés.



Collaboratrice