L’art reprend sa place au Parc olympique

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	La statue est l’œuvre de l’artiste montréalais André Desjardins, l’un des dix artistes les plus prometteurs aux États-Unis selon le magazine Art Business News.</div>
Photo: RIO
La statue est l’œuvre de l’artiste montréalais André Desjardins, l’un des dix artistes les plus prometteurs aux États-Unis selon le magazine Art Business News.

Le corps d’une femme coulé dans le bronze surgira du béton de l’esplanade Financière Sun Life, au pied du Stade olympique. La ministre du Tourisme Nicole Ménard et le président-directeur du Parc olympique, David Heurtel, ont annoncé hier l’installation, prévue pour le printemps 2013, de la sculpture de 3,7 m de haut créée par l’artiste montréalais André Desjardins.


L’oeuvre, estimée à 1,1 million de dollars, est un don de l’organisme à but non lucratif Academy of Fine Art Foundation. Le Parc olympique envisage d’investir 50 000 $ pour l’aménagement du site et le transport de la sculpture, qui sera coulée en Californie, dans la fonderie de l’agence Masterpiece Publishing Inc.


La statue, érigée sur l’étrave d’un stade que plusieurs voudraient voir couler, pourrait devenir la figure de proue d’un plan de relance sportif, culturel et communautaire adopté en 2011 par la Régie des installations olympiques. David Heurtel est convaincu qu’elle contribuera à augmenter le « potentiel d’attractivité » du site, et de rendre ce dernier comparable aux « grands parcs urbains modernes » tels que le Millenium Park de Chicago ou Central Park à New York.


Si l’Academy of Fine Art Foundation a offert à André Desjardins de financer la création d’une oeuvre destinée à l’espace public, c’est l’artiste qui a choisi le site du Parc olympique, dans sa ville natale. Un choix encensé par David Won, le président-directeur général de l’organisme : « Les Jeux de 1976 représentent la lutte, la victoire et le triomphe de l’humanité. Pourtant, cette structure grandiose [le Stade] est méconnue hors du Québec. En lui offrant cette sculpture, nous espérons lui restituer son statut iconique », a-t-il fait valoir au Devoir.


André Desjardins, qualifié de l’un des dix artistes les plus prometteurs aux États-Unis par le magazine Art Business News, explique son processus de création : « Mes sculptures émergent toujours d’une souche. Pour moi, le bois représente nos racines, car on est organique. Cette matière se transforme en corps humain - c’est la vie qui vient. Puis le bois ressort par ses cheveux et retourne à la terre. C’est un cycle. »


Pour lui, la signifiance de sa création est liée à la destinée des lieux : « L’installation olympique est grandiose, mais on l’a abandonnée pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui, il y a une volonté d’y redonner vie et ça, on va le léguer à nos générations futures. C’est le mouvement de la Terre, c’est la vie qui passe », a-t-il confié au Devoir.


Heurtel et Desjardins ont souligné à grands traits l’importance du retour de l’art au Parc olympique, qui en était pratiquement dénué depuis que La joute de Jean-Paul Riopelle lui avait été enlevée en 2002 pour être réinstallée dans le Quartier international de Montréal.