Prostitution juvénile - Une traite qui ne profite pas aux jeunes filles

<div>Dans le cadre du projet Mobilis, la bachelière en service social Pascale Philibert reçoit chaque semaine au Centre jeunesse de Longueuil des jeunes soupçonnés d’avoir des liens avec la prostitution.</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
Dans le cadre du projet Mobilis, la bachelière en service social Pascale Philibert reçoit chaque semaine au Centre jeunesse de Longueuil des jeunes soupçonnés d’avoir des liens avec la prostitution.

Pascale Philibert n’aime pas parler de prostitution juvénile. Elle préfère parler de traite humaine. Parce que pour elle, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas vraiment la drogue ni même l’argent qui attirent les jeunes filles dans ce domaine, mais bien la carence affective et un important besoin de protection. En fait, dit-elle, les mineures qui se trouvent prises dans le cercle de la prostitution ne touchent souvent même pas vraiment d’argent pour leurs services.

« J’ai déjà vu une jeune escorte de 14 ans, boulevard René-Lévesque à Montréal, mendier pour manger. Elle avait les cheveux bien coiffés et les mains manucurées, mais elle n’avait pas d’argent. Souvent, elles travaillent dans des appartements où il n’y a même pas de meubles », raconte-t-elle.

Bachelière en service social, Pascale Philibert mène depuis 2008 le projet Mobilis, du Centre jeunesse de la Montérégie, en collaboration avec le service de police de Longueuil. Ce projet a été cité en exemple récemment par le Conseil du statut de la femme, dans un avis qui dé conseillait la décriminalisation complète de la prostitution, mais qui proposait plutôt la criminalisation des clients. Dans les locaux du Centre jeunesse de Longueuil, Pascale Philibert reçoit trois ou quatre cas, chaque semaine, de jeunes des Centres jeunesse dont on soupçonne qu’ils ont des liens avec la prostitution. Pour elle, donc, ce n’est pas la drogue qui pousse les jeunes filles dans les activités de prostitution. « C’est une carence affective, dit-elle, mais ce n’est pas purement cela. En fait, c’est la fugue, la problématique. La fille se ramasse toute seule, frustrée de la vie. Elle ne veut pas retourner chez elle. »

Dans la majorité des cas, les jeunes filles chercheront dans un gang un milieu de vie et une protection qui leur font cruellement défaut. Les gangs peuvent les recruter dans les terminus d’autobus, ou même, plus simplement, dans le métro.

« Parfois, ce sont les filles elles-mêmes qui les abordent. Mais parfois aussi, ce sont les membres des gangs qui s’approchent, qui demandent ce qu’elles font, qui offrent un lunch », raconte Pascale Philibert. Très souvent, le membre du gang qui souhaite exploiter la jeune fille lui offrira des cadeaux, la traitera gentiment. Certains donneront de l’argent à la jeune fille pour qu’elle s’achète des vêtements, ce qui fera en sorte qu’elle sera plus difficile à retrouver pour les corps policiers et les Centres jeunesse qui la cherchent.

« J’ai vu récemment une jeune fille qui s’est fait offrir un cellulaire au métro, raconte Martin Pelletier, de la direction de la réadaptation à l’enfance et à l’adolescence des Centres jeunesse de Montréal. Elle trouvait ça extraordinaire que quelqu’un lui ait donné un cellulaire. » Cette jeune fille, raconte-t-il, a été abusée, mais elle ne s’est pas prostituée. « Mais j’ai vu des filles qui auraient fait n’importe quoi pour se faire offrir un trio chez Valentine », dit-il. Au projet Mobilis, sur la Rive-Sud de Montréal, on a aussi observé récemment un nouveau phénomène, celui des mineurs qui travaillent dans les écoles pour recruter des filles pour les gangs.

« Les gars sont des champions séducteurs », ajoute Pascale Philibert. « On ne critique pas ces filles-là, d’ailleurs. C’est impossible de résister pour une fille qui n’a pas d’endroit où aller […] Ces gars-là sont trop habiles. »

 

Manipulation

Si les experts ne sont pas d’accord sur l’âge moyen de l’entrée dans les activités de prostitution, la plupart s’entendent pour dire que cet âge se situe entre 14 et 16 ans. En 2004, le ministère de la Justice du Canada estimait à environ 15 % le nombre de prostitués mineurs dans la rue. Or, à 14 ans, les filles, en particulier, sont faciles à manipuler. « J’ai connu une fille à qui son “chum” disait que l’argent était à elle, mais qu’elle n’avait pas le droit d’y toucher », raconte Carole Demers, qui travaille avec Pascale Philibert au projet Mobilis. D’autres croient que cet argent servira pour leur entreprise, pour acheter une maison, élever des enfants…

À cet âge, jamais les jeunes filles n’admettent qu’elles se prostituent. Elles n’y sont d’ailleurs généralement pas contraintes par la force, du moins au début. Souvent, les membres des gangs les soumettent d’abord à des « viols » de groupe, les gangbangs, comme on les appelle. « On les désensibilise comme ça, dit Pascale Philibert. Et après, on va leur dire : “Tu as aimé ça l’autre jour. Eh bien, qu’est-ce que tu dirais de faire la même chose pour de l’argent ?” »

Le hic, c’est que les jeunes filles n’aiment pas « ça », justement, selon Pascale Philibert. « Ce que je trouve de pire là-dedans, dit-elle, et dans tout le domaine de la prostitution, et de l’exploitation sexuelle, c’est que les filles se font voler leur sexualité. Le marché du sexe charrie le plus gros mensonge qui puisse exister. » Mensonge, dit-elle, parce que les filles font semblant d’aimer ça. Or, « à 16 ans, les filles détestent ça et les clients, elles en ont rien à cirer ». Et vol, parce que, souvent, elles ont beaucoup de mal, après avoir eu des activités de prostitution, à entretenir des relations sexuelles normales avec les hommes.

«Les clients aussi se font voler leur sexualité, ajoute-t-elle, parce que plusieurs ne sont plus capables, ensuite, d’avoir des relations sexuelles normales avec leurs conjointes.»

Comme Martin Pelletier, Pascale Philibert est contre la décriminalisation totale de la prostitution. Pourtant, elle reconnaît qu’aucune approche n’est parfaite dans ce domaine. La criminalisation des clients, plusieurs le reconnaissent, peut avoir un impact négatif sur les prostituées, qui peuvent être contraintes de travailler de façon isolée dans des conditions plus dangereuses encore. La dépénalisation complète des prostituées, que revendique le Conseil du statut de la femme, ne responsabilise pas les femmes, selon Pascale Philibert.

Si elle peut concevoir qu’une femme de 25 ans dise qu’elle pratique la prostitution par choix, Pascale Philibert se demande quel choix lui a vraiment été donné. Pourtant, plus les jeunes filles avancent en âge, plus elles tentent de trouver des façons de garder un peu de leurs gains pour elles, reconnaît-elle.

Le projet Mobilis se félicite d’avoir obtenu à ce jour 100 % de plaidoyers de culpabilité de la part des proxénètes, lorsque les jeunes filles parviennent, finalement, à porter des accusations contre les hommes qui les ont exploitées.

28 commentaires
  • François Otis - Inscrit 10 juillet 2012 02 h 26

    Libre accès à l'information sensible

    Bonjour,
    il arrive souvent que sur les forums je doivent combattre des idées statiques et séculaires à propos de la prostitution. Il est très utile alors de pouvoir fournir des adresses pertinentes pour faire comprendre aux hommes de Cro-Magnon que la prostitution n'est pas un choix et que les femmes victimes de prostitution ne prennent pas un plaisir incommensurable dans leurs travail.

    Je trouve dommage que Le Devoir restreigne l'accès à cet article, du intérêt social évident, au sujet d'un débat social qui reste encore à faire. De nombreux préjugés circule et il en va de la sécurité des jeunes filles d'ouvrir le débat. Bloquer l'accès à cet article maintient le status quo sur la prostitution juvénile dans notre société.

    • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 12 h 00

      Bonjour Monsieur Otis,

      Je ne sais pas d'où vous tenez que des hommes croient ce que vous affirmez. Moi je crois que pour certaines femmes c'est effectivement un choix. D'autre part, je ne vois pas l'intérêt de commenter ici à propos du plaisir que peuvent éventuellement prendre les prostituées à faire leur travail. C'est très personnel. Je crois cependant qu'il y en a qui prendrait probablement plus de plaisir si elle pouvaient pratiquer leur métier dans des conditions plus favorables.

      Bien sûr, il y a des situations révoltantes et tragiques, autant du côté de celles qui sont forcés de rendre ce genre de services dans des conditions inadmissibles, que du côté de celles qui voudraient bien en faire un emploi respectable et le pratiquer dans des conditions salubres et sécuritaires. Moi ce que je cherche c'est une solution pratique. Qui va régler les deux côtés de la médaille. En avez-vous une à proposer?

      Quant au choix du Devoir de restreindre l'accès à certains de ses textes, je suis tout à fait d'accord avec cette politique. Quand je vois les moyens disproportionnés que mettent les grands groupes médiatiques pour augmenter leur pouvoir d'influence, je suis très très heureux de payer un montant raisonnable chaque mois pour avoir accès une équipe compétente et indépendante comme celle du Devoir. Et aussi de profiter des commentaires de lecteurs comme vous et de pouvoir y répondre. Même si je ne serez probablement pas souvent d'accord avec vous, je respecte et je tiens vraiment à connaître vos opinions.

      André Pilon.

    • François Otis - Inscrit 11 juillet 2012 00 h 41

      Jamais lu autant de conneries dans une réponse. Vous gagnez. Bravo !

  • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 05 h 33

    Étatisons les plaisirs sensuels (1)

    Quel portrait révoltant! J'ai moi-même vu des cas encore pires que ce qui est raconté ici, même s'il est vraiment délicat de doser ce genre d'abus. Il reste que le pire à mon avis est l'enlèvement de jeunes filles qui sont ensuite droguées de force et finalement prisonnières de leur dépendance physique à la drogue. Le laisser-aller de notre société dans ce dossier a permis aux petits gangs aussi bien qu'aux organisations criminelles internationales d'exploiter les prostituées de façon tout à fait dégoûtante.

    Une fois ce constat tragique émis de toutes parts, quels sont nos choix comme société? Aucune des solutions de coercition n'a jamais vraiment réussi à éradiquer ces situations tragiques et ces vies gâchées. Le point de vue du Conseil du statut de la femme est désolant à cet égard. On ne cherche encore une fois qu'à se fermer les yeux sans faire véritablement face au problème.

    Car où se situe fondamentalement le problème? Il est au niveau des clients bien entendu! Mais pas parce que ce sont des êtres socialement indésirables comme voudrait le laisser entendre le CSF. Criminaliser les clients? Quelle farce! Même Madame Chounard s'est laissée prendre à ce jeu. Ce ne sont pas les clients qui sont des malades. C'est tout simplement la sexualité humaine, que notre société ne pourra probablement jamais intégrer sans heurt.

    Cela signifie que nous faisons face à un comportement individuel pratiquement inévitable dans la vie d'une société. Exactement comme nous l'avons réalisé en tant que collectivité avec l'alcool et les jeux de hasard. Plusieurs des membres de notre société se retrouvent avec un besoin sexuel les menant à vouloir faire appel à un service commercialisé. Aucun des clients de prostitués ne veut acheter le corps de la femme qui est devant lui. Ou détruire la vie de l'être humain qui lui rend ce service! C'est prêter au client une intention complètement détournée de l'objet de cet échange de service.

    André Pilon.

    • France Marcotte - Inscrite 10 juillet 2012 07 h 38

      Alors, n'y a-t-il pas des moyens mécaniques ou que sais-je qui pourraient moyennement le satisfaire sans faire de ravages autour de lui?

    • France Marcotte - Inscrite 10 juillet 2012 10 h 37

      Le client peut aussi retourner auprès de sa compagne de vie et tenter d'avoir une relation épanouissante avec elle.

      S'il n'a pas de compagne, il peut faire un peu d'introspection afin de comprendre pourquoi si d'en avoir une est vraiment ce qu'il désire.

    • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 11 h 08

      Bonjour Madame Marcotte,

      C'est une excellente remarque. En effet je crois qu'il serait possible, dans le cadre de cette Société d'état, de mettre au point un genre d'orgasmotron, semblable à cette idée que se faisait Woody Allen dans son célèbre film.

      Pourquoi les gangs de motard ne mettent pas au point ce genre d'orgasmotron pour les installer dans les clubs de danseuses? D'abord parce qu'ils n'ont aucun budget de recherche. Mais avant tout, je soupçonne qu'ils n'ont pas du tout envie de changer un système qui fonctionne très bien pour eux.

      Notre société d'état pourrait former une équipe de spécialistes (sexologues, ingénieurs bio-mécaniques, informaticiens, etc.) qui aurait le mandat de mettre au point cet appareil et de le commercialiser dans ses salons, celui du casino de Montréal par exemple.

      Est-ce que cela éliminera la pratique des relations sexuelles contre rémunération lorsque les deux adultes sont consentants? Je ne le crois pas. Mais je crois fermement qu'il y a possibilité d'encadrer ces relations pour qu'elles se fassent dans le respect et la dignité pour tous.

      André Pilon.

    • Denis Raymond - Inscrit 10 juillet 2012 14 h 01

      Vous avez bien nuancé en mentionnant cette distinction des comportements délinquants des gangs et du crime organisé sur la prostitution, avec celle qui serait gérée dans des espaces réservés à ça. Sexualité et moralité n'ont jamais fait bon ménage dans notre société bien pensante et encore influencé par le judéo-christianisme. Cette pratique a été condamnée après la conversion de masse des grecs et romains au christianisme, toutes nos Lois ont été bâties sur la Morale chrétienne par la suite. Jean Drapeau, ancien maire, qui était un fervent croyant et pratiquant, a été en ''Croisade'' contre la prostitution. Je me méfie du contrôle intégriste et abusif des comportements humains, genre ''Meilleur des Mondes'' de Huxley, où la puce dans le cerveau et petite pilule peut tout changer notre bonheur et le sens à ma liberté, où l'Hédonisme et Eros n'ont plus de sens, dans son sens large; ce serait immoral même si la Cour Supérieur avait dit que les clubs échangistes sont légaux, il y a seulement quelques années de ça.
      La prostitution juvénile est une autre affaire. Dans le domaine humain et de la relation d'aide c'est un travail de toujours. L'ado qui se retrouve à la rue il faut travailler à la racine du problème. D'après vous où se situerait l'origine de ce mal être chez l'ado?

    • Etienne Groleau - Inscrit 10 juillet 2012 14 h 27

      ... un orgasmontron? Pourquoi pas une main..... tsss

    • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 18 h 16

      Bonjour Monsieur Raymond,

      À mon avis les ados à la rue sont un des multiples signes de l'agonie de la famille traditionnelle. Alors il s'agit d'un tout autre sujet. La famille nucléaire (papa, maman formant une famille isolée avec leurs enfants biologiques) est un modèle forcé par nos élites religieuse et commerçante d'une autre époque.

      Aujourd'hui, ce modèle ne correspond plus du tout à la réalité du monde moderne. Il faut réinventer la famille. Pas tenter de lui donner un second souffle. Le modèle traditionnel se meurt. Il faut recommencer à zéro.

      Ma proposition dans ce cas serait une famille communautaire où chaque enfant aurait deux parents principaux reconnus individuellement et non plus en tant que couple. Le couple n'est plus aujourd'hui une institution assez solide pour conserver la responsabilité des enfants. Les parents le peuvent encore mais plus le couple.

      Chaque enfant aurait aussi plusieurs autres parents qui seraient quotidiennement présents dans sa vie. Un peu sur le modèle des parrains et marraines d'autrefois mais présents dans le quotidien.

      Il faut ainsi mettre à la poubelle ce vestige d'une autre époque: la maison unifamiliale. Nous devons proposer d'autres modèles d'habitation qui répondraient beaucoup mieux aux caractéristiques de la famille moderne: peu d'enfants et donc un regroupement des familles en un même lieu physique, puis aussi le partage des tâches et des services reliés à l'éducation des enfants et à la vie familiale.

      Les adolescents pourraient ainsi s'identifier et être soutenus par une petite communauté qui prendrait la relève si un des parents principaux manquait à la tâche. De même, la malnutrition des enfants et la simple existence de familles mono-parentales sont pour moi des phénomènes indignes de la race humaine.

      Notre sens de la vie en groupe et de l'entraide a été complètement dénaturé par cette institution perfide que fut la famille nucléaire au fil des siècles récents.

      André Pilon.

  • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 05 h 37

    Étatisons les plaisirs sensuels (2)

    Cessons de diaboliser la prestation d'un service sexuel comme si c'était fondamentalement un acte répréhensible. Il n'y a objectivement pas plus de mal à offrir un plaisir sexuel à un concitoyen qu'à lui offrir de l'alcool ou l'appât d'un gain de loterie. La consommation d'alcool ou de jeux de hasard sont aussi des comportements loin d'être sains ou idéaux. Pourtant nous avons mis en place des sociétés d'état qui en gèrent l'offre! Cela a permis d'éliminer l'emprise du crime organisé sur ces secteurs tout en assainissant leur pratique.

    C'est exactement la même chose que nous devrions faire avec la prostitution, et avec la consommation de drogues, du même coup. Mettons en place une Société des services sensuels du Québec (SSSQ), responsable de gérer l'offre de services sexuels et de consommation de drogues hallucinogènes.

    Cette société d'état aura comme mandant de s'assurer que les services sexuels (et les substances hallucinogènes) offerts par ses établissements (ou par les commerces qui obtiendront des permis), répondront à des conditions très strictes concernant la formation et les conditions de travail des employé-e-s, ainsi que la salubrité des lieux.

    Offront donc aux travailleuses (et travailleurs) du domaine un cadre leur permettant d'exercer leurs talents dans les conditions de reconnaissance, de respect et de sécurité qu'elles (et qu'ils) méritent amplement.

    Sortons de ce monde sordide celles et ceux qui sont forcé-e-s de pratiquer des services contre leur volonté et dans des conditions abjectes. Et donnons tout l'espace possible, la formation et le support à celles et à ceux qui voudront en faire un métier respectable et lucratif. Pourquoi pas?

    Et nous, clientes et clients de ces professionnel-e-s du plaisir, nous pourrons compter sur des services satisfaisants si on le désire.

    André Pilon.

    • France Marcotte - Inscrite 10 juillet 2012 07 h 39

      Avez-vous lu cet article?

    • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 11 h 12

      Rebonjour Madame Marcotte,

      Bien sûr que je l'ai lu avec attention. Qu'est-ce qui vous fait croire le contraire?

    • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 12 h 09

      Bonjor Monsieur Lefevre,

      J'ai effectivement beaucoup voyagé. Aucun pays à ma connaisance n'est allé aussi loin que ce que je propose. Vous connaissez un pays qui a mis en place une société d'état de l'envergure de la SAQ ou de Loto-Québec pour attaquer ce problème avec un point de vue de santé publique plutôt qu'une approche strictement légaliste?

      Pourquoi trouvez-vous cela grotesque?

      Considérez-vous que notre gestion de la consommation d'alcool avec la SAQ et celle des jeux de hasard avec Loto-Québec font de notre Québec le paradis de l'alcool et du jeu?

      André Pilon

    • André Pilon - Inscrit 10 juillet 2012 12 h 35

      Monsieur Lefebvre,

      J'ai deux questions plus précises pour vous. Savez-vous que le sexe, sous le vocable plus respectueux de Sexologie s'étudie depuis plusieurs décennies dans les universités du monde entier?

      Je ne suis pas du tout sexologue. Mais j'imagine que pendant 3 ans, l'on y étudie autre chose que de savoir pourquoi il n'y a qu'un seul spermatozoïde sur 300 millions qui pénètre dans l'ovule...

      Ne croyez-vous vraiment pas que ces gens pourraient monter un programme de formation court et pratique pour les travailleurs et travailleuses du sexe pour les aider à bien maîtriser leur art?

      Je trouve que ce texte de Josée Blanchette, paru dans LeDevoir il y a quelques semaines, illustre mieux que je ne le ferai jamais ce que j'essaie d'évoquer, particulièrement lorsqu'elle nous présente Charles:
      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

      André Pilon.

  • Denis Paquette - Abonné 10 juillet 2012 06 h 32

    Merci madame

    Merci madame de nous faire prendre conscience de cette realité. Il est évident que la marchandisation "c'émisse" partout, et dans des domaines aussi névralgique que le sexe. C'était vrai hier, et ce sera encore plus vrai demain. Plus la société deviendra individualiste et mercantile, plus les adolescents, adolescentes en paieront le prix. Il est évident que les services jeunesse doivent offrir des services plus attentifs . Un adolescent ou adolescente ca veut vivre, il faut leur donner l'occasion de se valorisé. Quand je pense que le gouvernement fédérale vient de fermer Katimavik, c'est vraiment une décision irresponsable et en contresens

  • France Marcotte - Inscrite 10 juillet 2012 08 h 26

    Un portrait nuancé

    Rien de tel que de voir la réalité de près pour en parler avec sensibilité et pertinence, ce que nous livre ce portrait.

    Comme souvent, la réalité est complexe. La jeune carencée affective n'appelle pas la prostitution par son nom, elle est perdue et nulle autre aide ne lui est offerte que cette main douteuse tendue quand elle attend au terminus et qu'elle a faim.
    Voilà la réalité sans complaisance.

    Les faits, la réalité, quoi de plus percutant pour se faire une idée?