Une manifestation perturbe le cocktail du Grand Prix de Montréal

Les organisateurs de la CLAC invitent les manifestants à «perturber» le cocktail d'ouverture du Grand Prix.
Photo: - Le Devoir Les organisateurs de la CLAC invitent les manifestants à «perturber» le cocktail d'ouverture du Grand Prix.

Quelques centaines de manifestants ont perturbé la tenue du cocktail d'ouverture du Grand Prix de Formule 1, à Montréal, aujourd'hui en début de soirée. Les protestataires ont convergé vers l'espace d'art contemporain Arsenal, dans le quartier Griffintown, où plusieurs centaines de convives sont attendus pour donner le coup d'envoi du Grand Prix.

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a toutefois quadrillé le secteur, empêchant les manifestants de s'approcher à moins de deux rues de l'Arsenal. Peu après 17h, le SPVM a déclaré la manifestation illégale.

Plusieurs participants à la manifestation sont cagoulés ou masqués pour défier le règlement antimasque de la Ville de Montréal.

La manifestation est organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) qui reproche au Grand Prix de n'attirer qu'une élite de la société.

Soirée d'ouverture

Les billets pour la soirée d'ouverture du Grand Prix sont vendus 1000 $ chacun. Tous les bénéfices de la soirée seront versés aux fondations du CHU Sainte-Justine et de l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal.

Les coprésidents d'honneur de la soirée sont Bernie Ecclestone, le grand patron de la Formule 1, et l'homme d'affaires et ancien ministre Michael Fortier.

Une épée de Damoclès menace le Grand Prix de Montréal depuis l'achoppement des négociations entre le gouvernement Charest et les leaders étudiants, la semaine dernière.

Charest appelle au calme

Plus tôt aujourd'hui, le premier ministre Jean Charest a lancé un appel au calme. «Quand on s'attaque au Grand Prix, on ne s'attaque pas au gouvernement du Québec mais bien à tous les Québécois», a-t-il soutenu.

M. Charest a aussi souligné que c'était l'un des événements touristiques les plus importants au Canada.

Un deuxième rassemblement, où les participants sont invités, cette fois, à manifester nus, est prévu plus tard en soirée à la place du Canada, au centre-ville.

L'Association facultaire des étudiants en arts de l'UQAM (AFÉA) propose de manifester dans son plus simple appareil dans une volonté de rejet de l'étiquetage social imposé par la société de consommation.

Des perturbations jusqu'à dimanche

Les manifestants de la CLAC ne s'arrêteront pas à une seule journée de coups d'éclat. Des rassemblements sont prévus tout au long du Grand Prix, jusqu'à dimanche.

Ils promettent notamment d'être "plus nombreux que jamais" sur la très achalandée rue Crescent, au centre-ville de Montréal, "où seront stationnées (les) Ferrari" des touristes et amateurs de F1.

Pour la journée de dimanche, les militants de la CLAC prévoient tous converger en métro à l'île Sainte-Hélène, où se tient le Grand Prix.

La fluidité du réseau de la Société de transport de Montréal pourrait être perturbée, la CLAC invitant ses manifestants, une fois sur l'île, à retourner dans le métro pour faire le trajet en sens inverse.

Le patron du Grand Prix de Montréal, François Dumontier, avait décidé de jouer la carte de la prudence en annulant la journée "portes ouvertes", prévue aujourd'hui.

Les grands acteurs de l'industrie touristique de Montréal avaient été nombreux à s'inquiéter de pouvoir faire les frais de l'impasse qui règne dans le conflit étudiant.

Ces tensions avaient été accrues par le commentaire lancé par l'un des négociateurs de la CLASSE lors de la dernière ronde de négociations avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui avait mentionné: «On va vous l'organiser votre Grand Prix».

À voir en vidéo