Rapport de l'OQLF: diminution de l'accueil en français, légère amélioration de l'affichage

Entre 2010 et 2012, au centre-ville de Montréal, la proportion des commerces qui avaient accueilli les observateurs de l'OQLF en français a chuté de 89 à 74 %.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Entre 2010 et 2012, au centre-ville de Montréal, la proportion des commerces qui avaient accueilli les observateurs de l'OQLF en français a chuté de 89 à 74 %.

L'Office québécois de la langue française (OQLF) a finalement dévoilé, aujourd'hui, ses études sur la situation du français comme langue de commerce à Montréal, qui démontrent une diminution de l'accueil en français, mais un «léger progrès» dans l'affichage.

Il ressort de ces études qu'entre 2010 et 2012, au centre-ville de Montréal, la proportion des commerces qui avaient accueilli les observateurs de l'OQLF en français a chuté de 89 à 74 %.

C'est l'accueil bilingue qui a considérablement augmenté, passant de 1 à 13 % pendant cette période. L'accueil en anglais seulement a lui aussi crû durant cette période, de 10 à 13 %.

Au cours d'une rencontre avec la presse pour présenter les cinq études, la présidente-directrice générale de l'Office, Louise Marchand, a cherché à atténuer cette statistique, affirmant que du service en français était «disponible» lorsque le client le demandait.
Elle a déploré le fait que seulement 57 % des francophones disent réclamer du service en français lorsqu'ils ne sont pas accueillis en français. «Il est important que les citoyens prennent le dossier de la langue à bras-le-corps», a-t-elle lancé.

Le député péquiste Yves-François Blanchet s'est dit outré du fait que la p.-d.g. de l'Office se trouve ainsi à blâmer les clients francophones pour la situation.

«On demande aux citoyens du Québec de se mettre en position de confrontation face aux commerçants avec qui ils font affaire plutôt que, comme État québécois, de s'assurer non seulement de l'application de la loi, mais de véhiculer un message fondamental: Montréal est une ville française, c'est la deuxième ville française au monde. Ça vient avec une responsabilité, un état d'esprit, une attitude, qui est du ressort de l'État québécois, non pas transposer, garrocher dans la cour du citoyen pour qu'il fasse le travail de madame Christine St-Pierre [ministre responsable de la Loi 101] à sa place», s'est-il exclamé.

Pour ce qui est de l'affichage, le nom de l'entreprise était conforme à la Charte de la langue française dans 82 % des commerces du centre-ville de Montréal, comparativement à 77 % en 2010.

Mme Marchand veut s'attarder à cet aspect de l'affichage et a annoncé que l'Office sillonnerait les rues du centre-ville pour convaincre les commerçants de respecter la Loi 101.