L'infatigable François Saillant lance un livre sur son parcours militant

François Saillant a donné son appui aux étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité l’automne denier. <br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir François Saillant a donné son appui aux étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité l’automne denier.

Comme plusieurs, il était militant dans les années 1970. Chose plus rare, il l'est encore aujourd'hui. Et il défend avec la même énergie ses convictions profondes: la nécessité de la lutte contre la pauvreté et l'accès à des logements abordables. Dans Le radical de velours, un livre qu'il vient de faire paraître chez M éditeur, François Saillant, du Front d'action populaire en réaménagement urbain, retrace son parcours militant, de son enfance dans le quartier pauvre de Saint-Sauveur, à Québec, à son engagement dans le Parti québécois, puis dans le groupe marxiste-léniniste en lutte, et bien sûr au sein du FRAPRU, auquel il s'est joint en 1979, environ un an après la création de l'organisme.

De son enfance, donc, il se souvient d'avoir vécu dans des logements souvent très mal entretenus, où l'on entendait courir les rats. «Je pense que c'est ce qui fait partie du fait que tu t'engages.» Le Québec de la fin des années 1960 et du début des années 1970 est le théâtre d'intenses revendications étudiantes. «En 1969, au moment où je suis entré au cégep, les associations étudiantes étaient dissoutes», se souvient-il. Tous s'étaient réunis en un vaste mouvement de contestation global.

Après avoir délaissé l'option souverainiste durant ses années marxistes, François Saillant y est revenu par la suite: «Je suis revenu à la conviction qu'il était indispensable de réaliser l'indépendance, en lien avec un projet de société», dit-il en entrevue.

S'il milite toujours avec la même énergie, François Saillant considère que la situation des logements au Québec s'est améliorée au cours des 50 dernières années. «Des logements sans baignoire ni eau chaude, cela ne se voit pas comme avant. Mais il y a encore des taudis», remarque-t-il. Et il y a des propriétaires qui en font le commerce, profitant de la pénurie de logements pour attirer des familles nécessiteuses, dont de nombreuses familles de nouveaux arrivants. Quant aux autochtones, ils vivent toujours dans des logements surpeuplés, ce qui a un impact important sur leurs problèmes sociaux.

«Si le gouvernement fédéral ne s'était pas désengagé de son programme de logements sociaux au cours des dernières décennies, argue-t-il, le Québec compterait 210 000 logements sociaux au lieu des 130 000 disponibles.» Amplement de quoi combler la liste d'attente actuelle de 39 000 noms pour les logements sociaux, sans parler des coopératives.

La cause a donc de longues années devant elle, avec François Saillant pour la défendre. L'infatigable porte-parole du FRAPRU annonçait d'ailleurs son intention de se présenter de nouveau comme candidat de Québec solidaire dans Rosemont, aux prochaines élections provinciales.
4 commentaires
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 11 avril 2012 06 h 34

    Fier d'avoir été ML!

    Est-ce qu'il est fier d'avoir propagé une idéologie qui aura fait 100 millions de morts au 20e siècle?

    • France Marcotte - Inscrite 11 avril 2012 19 h 09

      Êtes-vous sérieux?
      Vous pensez que tous les jeunes qui ont milité pour En lutte croyaient propager une idéologie de mort?

      On ne savait rien encore de ce qu'on révélé plus tard les écrivains comme Soljenitsyne ni de ce qui se vivait en Chine communiste.

  • Gilbert Talbot - Abonné 11 avril 2012 11 h 20

    François Saillant, un grand militant!

    Militant infatigable, persévérant, articulé, François Saillant est un modèle de militantisme pour une cause sociale toujours aussi urgente : pour des logements sociaux de qualité, peu importe ton niveau financier.

    C'est aussi un militant politique qui a su faire le lien entre la cause qu'il défendait et la nécessité de porter le combat au niveau politique, par l'action d'un parti, Québec Solidaire qui défend les mêmes objectifs que lui et les intègre dans une vision sociale globale.

    Bravo, François, je vais lire ton livre.

  • France Marcotte - Inscrite 11 avril 2012 16 h 40

    Militant

    Il était militant dans les années 70 et il l'est toujours.
    Rare.
    Mais on peut être militant à divers degrés j'espère.
    Lui est immense.

    C'est chacun selon ses capacités ou ses moyens, ou sa générosité.