Rapport de l'ONU - Les Québécois plus heureux depuis la Révolution tranquille

Après la Révolution tranquille, les Québécois ont vu leur «taux de bonheur» croître plus rapidement que dans le reste du Canada, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU). Le Canada se classe néanmoins cinquième parmi les pays les plus «heureux» du monde aujourd'hui.

Dans leur premier World Hapiness Report, les chercheurs mandatés par l'ONU écrivent, citant des données canadiennes, que la différence de bonheur perçue par les Québécois entre 1985 et 2008 équivalait à l'effet de «doubler le revenu familial». Ces données concernent «surtout ceux qui sont francophones». Cette statistique sert à appuyer la thèse défendue par les auteurs que le bonheur n'est pas qu'individuel. Les conditions de vie et les changements sociaux influencent aussi le taux de satisfaction d'une population, affirment-ils après avoir réalisé une vaste revue de la littérature scientifique sur le bonheur.

Ce premier rapport de l'ONU sur le sujet vise justement à inciter les États à intervenir pour satisfaire la population, pas seulement en favorisant la croissance économique, mais aussi en protégeant l'environnement et la santé, par exemple. «Des salaires à la hausse peuvent augmenter le bonheur, surtout dans les sociétés pauvres, mais favoriser la coopération et l'esprit de communauté peut faire encore plus, spécialement dans les sociétés riches», écrivent les auteurs.

Le rapport établit clairement que la liberté politique, de bons liens sociaux et l'absence de corruption importent davantage que le salaire dans la cote du bonheur.

Selon le rapport, le Canada figure au cinquième rang des pays les plus heureux, derrière le Danemark, la Finlande, la Norvège et les Pays-Bas. Dans ces quatre premiers pays, les répondants aux sondages affirment que leur taux de satisfaction par rapport à la vie est de 7,6 sur une échelle de 10. Les États-Unis se trouvent en 11e position. La Sierra Leone, la République centrafricaine, le Bénin et le Togo sont les derniers pays au palmarès. .

Frivoles, les échelles internationales du bonheur? Pas du tout. Selon les auteurs, le bonheur doit «être pris au sérieux» parce qu'il «fournit un spectre plus large de possibilités de construire un monde meilleur, incluant de meilleures solutions pour combattre la pauvreté, la maladie et la guerre».

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