Un mémorial Louis-Joseph Papineau

L’ex-premier ministre Bernard Landry, en compagnie de Benoît Roy (à droite) et de Gilles Rhéaume, respectivement président et membre du Comité du mémorial.<br />
Photo: Source: Comité du Mémorial Louis-Joseph Papineau à Saint-Denis-sur-Richelieu L’ex-premier ministre Bernard Landry, en compagnie de Benoît Roy (à droite) et de Gilles Rhéaume, respectivement président et membre du Comité du mémorial.

L'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry a pris part hier au dévoilement de la maquette du mémorial Louis-Joseph Papineau, qui sera érigé à Saint-Denis-sur-Richelieu «dans un monde idéal» en novembre, afin de coïncider avec le 175e anniversaire de la victoire des Patriotes contre l'armée britannique.

La statue en bronze à l'effigie de «ce héros», qui atteindrait près de deux mètres et demi de haut, surplomberait ainsi la rivière Richelieu dans ce village emblématique de la Rébellion des Patriotes. M. Landry, qui est coprésident du comité du mémorial Louis-Joseph Papineau, fait valoir que Saint-Denis-sur-Richelieu, «l'un des endroits les plus profondément marquants de l'histoire du Québec», est tout désigné pour accueillir ce mémorial. «On pourrait dire, d'une façon plus que symbolique, que notre démocratie est née ici de l'héroïsme, du courage et des sacrifices des Patriotes, dont leur chef Louis-Joseph-Papineau», a-t-il déclaré, il y a un mois, lors du lancement d'une campagne de financement dont l'objectif est d'amasser plus de 100 000 $.

Louis-Joseph Papineau a été un acteur de premier plan dans l'organisation du mouvement de protestation des patriotes, qui a atteint son paroxysme à la suite de l'adoption en mars 1837 des dix résolutions Russell par le Parlement britannique.

Sous le coup d'un mandat d'arrestation, cet homme politique quitte Montréal le 16 novembre 1837 pour se réfugier successivement chez Wolfred Nelson à Saint-Denis, puis à Saint-Charles et à Saint-Hyacinthe avant de gagner les États-Unis, puis la France. Il sera de retour d'exil en 1845 après avoir reçu une amnistie complète.
4 commentaires
  • Pierre Schneider - Inscrit 14 février 2012 05 h 16

    Héros québécois

    En ces temps incertains où l'on constate avec effroi que les Québécois s'identifient plus souvent qu'autrement à des perdants, cette initiative, espérons-le, redonnera le goût de l'apprentissage de notre histoire aux jeunes générations à qui on a négligé d'inculquer la fierté de la patrie et de la langue.
    Petite anecdote: Ma femme a rencontré hier un descendant direct du Dr Chénier, le héros de Saint-Eustache lors de cette même rébellion pour la République. Or, le monsieur parle à peine le français, ayant adopté la langue des Conquérants !

  • Andre Vallee - Inscrit 14 février 2012 07 h 07

    Cher Pierre

    Vous avez la référence sélective. Le parti politique de Papineau a été le premier parti majoritaire élu démocratiquement au Canada; sauf que la Couronne n'a pas respecté le choix du peuple, avec l'aide de l'armée, comme aujourd'hui dans certaubs pays. Papineau n'était pas un perdant.
    J'ai un ancêtre Allemand, un autre Irlandais, une ancêtre Montagnaise et la mère de mes enfants a une grand-mère Crie, et sont tous passés à la langue française. Cela en fait-il des renégats?
    Je suis un “beluet” qui parle aussi l'anglais et l'espagnol et je suis encore un vrai “beluet”.

  • Airdutemps - Inscrite 14 février 2012 07 h 54

    Comme quoi...

    ...rien ne change.

    Nos élites politiques parlent le plus souvent des deux côtés de la bouche.

    Que de trahisons avons-nous connues !

  • Georges Langis - Abonné 14 février 2012 16 h 25

    Au delà de la «symbolique»

    Louis-Joseph Papineau fut un grand républicain, un grand homme politique et orateur et chef des Patriotes, parti politique et grand «canadien français». Le peuple québecois peut en être fier. Mais, à ce que nous raconte l'hisoire, non seulement il n'était pas le chef militaire des patriotes à Saint-Denis lors de la bataille le 22 novembre 1937 où treize patriotes sont tombés au combat, mais pour des raisons que l'histoire n'arrive pas à élucider, il se serait absenté. Selon certain historiens, il aurait cependant épousé la voie du conflit armé dans les circonstances. Ainsi, une statue de Papineau à Saint-Denis sur Richelieu peut être vue comme un symbole fort de la lutte des Patriotes pour la justice et la liberté et aussi, comme par hasard, de la victoire militaire des patriotes à St.-Denis en 1837.
    Admettons que des peuples et des nations puissent trouver dans les symboles les assises solides à un sentiment identitaire satisfaisant. Mais pourquoi le symbole devrait-il remplacer la réalité, surtout lorsque celle-ci est tout aussi glorieuse? Pourquoi, puisque nous sommes à St.-Denis, sur le lieu même de la bataille, ne rendrions-nous pas hommage plutôt à ceux et celles qui ont livré bataille, et, pour certains, sacrifié leur vie; Mme St.-Germain, Charles St.-Germain, Charles Olivier Perrault, le docteur Wofred Nelson et George-Étienne Cartier par exemple. Le rôle de ce dernier en surprendra plusieurs que des historiens auront dépeint en traître à la nation. Quelle injustice! Et quelle ingratitude de l'histoire. La petite histoire du Québec a maintes fois été écrite et de bien des façons toutes plus ou moins détaillées et touffues de faits divers, mais à quand alors une grande histoire du Québec, une histoire fière qui donne sens et valeur aux faits qu'elle rapporte, une histoire vraie aussi.