Mort de Quilem Registre - Deux policiers suspendus

Les deux policiers mis en cause dans la mort de Quilem Registre, Yannick Bordeleau et Steve Thibert, ont été suspendus respectivement vingt jours et cinq jours ouvrables sans solde.

Le Comité de déontologie policière juge que l'agent Bordeleau a utilisé une force plus grande que nécessaire sur M. Registre, décédé après avoir reçu six décharges de pistolet à impulsion électrique (Taser). Le comité reproche à l'agent Thibert de ne pas être intervenu pour freiner le comportement abusif de son coéquipier.

Les faits remontent au 14 octobre 2007, dans le quartier Saint-Michel. À la suite de l'interception du véhicule de Quilem Registre, les deux patrouilleurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont constaté que l'homme de 38 ans présentait des symptômes de «delirium agité». Yannick Bordeleau lui a administré six décharges de Taser afin de le maîtriser, pour un total de 300 000 volts en 53 secondes.

Selon le Comité, seule la première décharge était justifiée. Les cinq autres relèvent de «l'utilisation d'une force plus grande que nécessaire».

Quilem Registre est mort quatre jours après son arrestation à l'hôpital Sacré-Coeur en raison d'une nécrose du côlon, de l'intestin grêle et du foie.

L'usage du Taser n'a pas causé directement la mort de M. Registre, selon la coroner Catherine Rudel-Tessier. Son rapport avance cependant l'hypothèse que le Taser ait pu contribuer au décès. Selon la coroner, les policiers auraient dû appeler des ambulanciers en renfort pour calmer M. Registre, qui était sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne au moment de son arrestation.

La preuve présentée devant le Comité ne permet pas de conclure à une quelconque forme de responsabilité du Taser, ni directement ni indirectement. La famille Registre a intenté une poursuite de 500 000 $, toujours pendante, contre le SPVM.