Le métro est toujours difficile d'accès pour les personnes handicapées

«C'est aussi facile que ça prendre le métro. Chaque passager compte pour la planète», chante sur tous les tons la Société de transport de Montréal (STM). Pas si sûr, rétorque un regroupement de personnes handicapées qui, faute d'ascenseurs, ne peuvent pas emprunter le métro.

À peine sept stations sur 68 sont actuellement dotées d'ascenseurs: Côte-Vertu, Lionel-Groulx, Berri-UQAM, Henri-Bourassa, en plus des trois stations lavalloises. «En 2011, je regrette, mais c'est vraiment trop peu», a fait valoir la présidente du Regroupement des activistes pour l'inclusion au Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier.

La STM argue pour sa part que huit stations de métro sont accessibles. Elle inclut la station Bonaventure, bien que l'Agence métropolitaine de transport (ATM) tarde à y installer des ascenseurs permettant d'accéder à la mezzanine à partir de l'extérieur. «Si vous prenez le métro à Montmorency, par exemple, vous pouvez descendre à Bonaventure... mais vous ne pourrez aller nulle part parce que l'AMT n'a pas construit d'ascenseur encore pour sortir», a indiqué la porte-parole de la STM, Marianne Rouette, avant de préciser qu'«il y a des gens qui le font [réussissent à sortir] parce qu'ils sont très habiles et qui sont capables».

En 2008, la Ville de Montréal s'était engagée à rendre trois stations accessibles aux personnes handicapées par année, ce qui aurait fait en sorte que le réseau aurait été «d'un bout à l'autre» accessible aux personnes handicapées vingt ans plus tard.

Par contre, la Société de Transport a fait savoir, il y a un an, qu'elle ne se plierait pas au Plan de transport de la Ville faute de moyens financiers, promettant néanmoins d'équiper quatre autres stations d'ascenseurs d'ici 2016. L'installation d'un ascenseur «coûte très cher», soit en moyenne 15 millions de dollars, selon la porte-parole de la STM.

À ce rythme-là (0,8 station par année), la Société de transport mènera à terme ses travaux en 2085. «C'est inacceptable. On ne peut pas accepter cela», s'indigne Linda Gauthier, exhortant la STM à prendre exemple sur le Toronto Transit Commission (TTC) et à aménager des ascenseurs dans toutes les stations de métro d'ici à 2025.

Onze membres du RAPLIQ dénonceront aujourd'hui «la lenteur de la Société de transports» devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec en déposant des plaintes pour «discrimination systémique» contre l'organisation. En plus de réclamer des services de transport adapté, ils sommeront la STM de verser à chacun 20 000 $, c'est-à-dire 15 000 $ en dommages moraux et 5000 $ en dommages exemplaires.

«On ne se plaint pas pour rien. On n'est pas des personnes aigries. On veut être des citoyens à part entière, comme tout le monde. On veut se fondre dans la masse, mais la STM ne nous le permet pas. Comme vous, on est soit travailleur, soit étudiant. On a une vie!» a conclu Mme Gauthier.
3 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 8 décembre 2011 09 h 28

    Et les poussettes

    Il ne faut pas oublier que même les poussettes sont théoriquement interdites dans les escaliers roulants. À une dame à qui j'expliquais cela, je disais que c'était sans doute dû que le métro avait été conçu uniquement pour transporter des travailleurs valides vers leur lieu de travail et de leur lieu de travail.

  • Jerome Letnu - Inscrit 8 décembre 2011 11 h 51

    Ascenseurs inutilisables

    >À peine sept stations sur 68 sont actuellement dotées d'ascenseurs:...

    On devrait plutôt lire "dotées d'ascenseurs inutilisables par les gens en fauteuils roulant"

    Dans les stations équipées d'ascenseur, un accès digne de ce nom signifierait qu'une personne en fauteuil roulant puisse de façon autonome atteindre tous les quais à partir de la porte d'entrée de la station.

    On est bien loin de cela, malgré les millions de dollars qu'ont coutés chacun de ces ascenseurs.

  • Laurence Parent - Abonné 8 décembre 2011 16 h 43

    Désinformation de la part de la STM

    ''L'installation d'un ascenseur «coûte très cher», soit en moyenne 15 millions de dollars, selon la porte-parole de la STM.''

    Faux!

    Les coûts réels de la mise en accessibilité des quatre premières stations accessibles à Montréal révèlent que la moyenne par station est plutôt de 11,7 millions de dollars par station.
    – Lionel-Groulx 9,7 M $ – Berri-UQAM 7,8 M $ – Henri-Bourassa 16,3 M $ – Côte-Vertu 13 M $

    Ces chiffres ont été donnés par M. Labrecque, président de la STM.

    Il est aussi important de noter que la STM connaissait les coûts de mise en accessibilité en 2009 lors de l'inauguration des premiers ascenseurs à Berri-UQÀM et à Lionel-Groulx. Malgré cela, elle affirmait que trois stations deviendraient accessibles par année!

    La STM fait vraiment preuve de mauvaise volonté en considérant Bonaventure comme étant accessible! ''C'est pas ma faute, c'est la faute de l'AMT!'' Oui j'en conviens jusqu'à un certain point. Sauf que la réalité est que la station Bonaventure n'est PAS accessible.