Rapport des Nations unies - Sept milliards aujourd'hui, peut-être quinze milliards en 2100

L’ONU cite l’approvisionnement en eau potable comme un des principaux défis que le monde, de plus en plus peuplé, devra relever.<br />
Photo: Agence Reuters Mahmoud Raouf Mahmoud L’ONU cite l’approvisionnement en eau potable comme un des principaux défis que le monde, de plus en plus peuplé, devra relever.

Londres — La population mondiale, évaluée aujourd'hui à 7 milliards, devrait dépasser les 10 milliards d'ici 2100, voire les 15 milliards si les taux de fertilité s'avèrent un peu plus élevés, selon un rapport des Nations unies publié hier à Londres.

Ce rapport, intitulé «État de la population mondiale 2011», est publié peu avant les cérémonies qui marqueront, le 31 octobre, le passage du seuil des sept milliards d'humains vivant sur la planète. Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) insiste sur les graves défis que posent les pressions démographiques pour combattre la pauvreté et préserver l'environnement.

«C'est un défi et un appel à agir. La question de la population est cruciale pour toute l'humanité et pour la planète», a déclaré Babatunde Osotimehin, directeur exécutif de l'UNFPA, lors d'une conférence de presse à Londres.

Évoquant la surpopulation, il a estimé: «Ce n'est pas une question de place, c'est une question d'équité, d'égalité des chances et de justice sociale.»

Selon les dernières estimations, en hausse par rapport aux chiffres antérieurs, il devrait y avoir sur terre 9,3 milliards d'êtres humains en 2050 et plus de 10 milliards d'ici la fin du siècle, indique l'UNFPA.

Mais «avec seulement une légère variation de la fertilité, particulièrement dans les pays les plus peuplés, les chiffres pourraient être plus élevés: 10,6 milliards de personnes sur terre d'ici 2050 et plus de 15 milliards en 2100».

Le document relève la poussée démographique engagée lors du baby-boom après la Seconde Guerre mondiale, dont l'impact s'estompe dans les années 1960.

«L'éducation des filles et des femmes leur permet d'avoir moins d'enfants que leurs mères et grands-mères», s'est félicité Babatunde Osotimehin, jugeant que c'était là le principal «message».

La prospérité, une éducation meilleure et l'accès à la contraception réduisent en effet de façon importante la fertilité globale, au point qu'aujourd'hui certains pays riches font face à une baisse préoccupante de leur population.

Ainsi, pendant les six dernières décennies, la fertilité moyenne mondiale a décliné, passant de 6 enfants par femme à 2,5 aujourd'hui. La fourchette va de 1,7 enfant en moyenne dans les pays avancés à 4,2 dans les moins développés.

Cependant, le monde compte 80 millions d'habitants supplémentaires chaque année, et les moins de 25 ans y représentent 43 % de la population.

Or, «du printemps arabe aux sit-in à Wall Steet, la population veut du changement, les jeunes en particulier», relève Babatunde Osotimehin.

Le rapport met en lumière plusieurs défis:
  • les jeunes: il faut aider les nombreux jeunes des pays pauvres à créer de la prospérité en leur trouvant des emplois, pour sortir de la pauvreté;
  • les problèmes environnementaux: déjà pressants, ils risquent de s'intensifier avec la demande croissante de nourriture, d'énergie et de logements. Aujourd'hui, souligne le rapport, il faut 18 mois à la Terre pour régénérer les ressources naturelles utilisées en une année;
  • premier souci: le manque d'eau. «Le monde devra faire face à un déficit de 40 % entre les demandes et les ressources disponibles d'ici 2030», indique le rapport;
  • l'avenir des villes: aujourd'hui, l'équilibre entre les populations rurales et urbaines «penche de façon irréversible» en faveur des villes, note le rapport, qui insiste sur la nécessaire amélioration de la planification urbaine;
  • l'immigration: dans les pays riches à la population vieillissante, les immigrants peuvent occuper utilement des emplois, pour autant qu'ils soient mieux intégrés et protégés.
5 commentaires
  • Raynald Blais - Abonné 27 octobre 2011 06 h 20

    Contrôle et exclusion

    Toutes ces solutions tournent autour du contrôle de l'augmentation de la population alors que "la lutte pour enrayer l’hécatombe annuelle de millions de gorges asséchées doit également comprendre celle de combattre la source de ce problème, c’est-à-dire le système social et économique qui a fait ses preuves depuis 200 ans pour exclure un très large éventail de la population mondiale des jouissances terrestres."*

    *La liberté d'être leader, Le Devoir, juin 2009

  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 27 octobre 2011 09 h 58

    Des conclusions alarmistes et fausses...

    Ce que ne dit pas cet article c'est qu'il y a trois scénarios prévus par l'ONU, car les prévisions démographiques sont très aléatoires. Dans l'un de ces scénarios, le plus probable, on peut plutôt parler de «crash» démographique. La diminution constante du taux de fécondité fera que nous passerons bientôt sous un taux inférieur au seuil nécessaire pour la stabilité, le remplacement des populations.

    Le journaliste Fred Pearce a écrit un livre très fouillé sur le sujet, au titre révélateur : "L,apocalypse démographique n'aura pas lieu".

    On en trouve un résumé à cette adresse :

    http://www.cqv.qc.ca/fr/lapocalypse-demographique-

    L'ONU a-t-elle, elle aussi, besoin de faire des campagnes de peur pour trouver du financement?

  • Carole Dionne - Inscrite 27 octobre 2011 13 h 48

    Soleil vert

    Qui ne se rappelle pas de ce film là? Précurseur mais au potentiel réelle. "Voyage sur la lune": Jules Vernes. Qui y croyait ? Pourtant. on a bien beau de crier alarmiste mais ...

  • Stephanie L. - Inscrite 27 octobre 2011 17 h 05

    Deux éléments à prendre en compte

    Dans les prévisions démographiques, il faut tenir compte du fait qu'il manque 100 millions de filles à l'échelle mondiale dû aux avortements sélectifs de fœtus féminins en Inde et en Chine. Ces pays sont pour l'instant les plus peuplés mais une pourcentage grandissant des indiens et des chinois ne trouveront pas d'épouse pour s'assurer une descendance, ce qui cause un certain "effondrement" démographique. Il faut également tenir compte du VIH qui ravage plusieurs pays d'Afrique et qui se répand de façon exponentielle.

  • Rodrigue Guimont - Inscrite 28 octobre 2011 21 h 37

    La spirale infernale: surpopulation, surconsommation, surexploitation

    Vers 1500 la population mondiale avoisinait les 460 millions d'habitants.
    Au début du XIXe siècle la population mondiale atteignait son premier milliard d'individus. Aujourd'hui, nous sommes 7 milliards d'habitants sur terre. D'ici 2050 nous serons 9,3 milliards et à la fin du siècle 10 milliards. 10 milliards, à manger, à consommer, à déféquer, 10 milliards à de se loger, à se transporter et à se reproduire.

    Chaque tranche de deux milliards d'individus nécessitera environ de 18 à 20% de plus de terres agricoles. Et pour répondre à cette gigantesque pression démographique en demande de nourriture et d'énergie, on exploitera de surcroît des ressources minières et gazières de plus en plus "sales". Il est illusoire, pour ne pas dire irresponsable, de penser, même avec toute la bonne volonté du monde, que nous puissions réduire notre consommation à "zéro". Zéro consommation c'est tout simplement ne plus vivre.

    Nourrir les humains représentera un tel dilemme pour l'avenir qu'il faudra faire des choix douloureux avec pour conséquences: dégradation de l'environnement, désertifications, déforestations, inondations, disparition d'espèces animales et végétales, jusqu'à ce que la terre devienne un immense dépotoir... Avidité des uns, sous alimentations des autres. Penser tout naturellement que la terre dans un grand mouvement pour se secouer de cet excédent de puces humaines va s'autoréguler relève du jovialisme