Québec créé un comité sur les homicides intrafamiliaux

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a annoncé aujourd'hui la création du comité d’experts qu’il avait promis sur les homicides intrafamiliaux.
Photo: - Le Devoir Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a annoncé aujourd'hui la création du comité d’experts qu’il avait promis sur les homicides intrafamiliaux.

La multiplication et, surtout, la médiatisation croissante des drames familiaux amènent le gouvernement du Québec à se pencher plus sérieusement sur ce phénomène pour voir si des mesures de prévention peuvent être implantées.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a ainsi annoncé aujourd'hui la création du comité d’experts qu’il avait promis sur les homicides intrafamiliaux.

De passage à Montréal pour annoncer l’accréditation d’un nouveau groupe de médecine familiale, le ministre Bolduc a reconnu que l’onde de choc créée par le cas du cardiologue Guy Turcotte, qui a tué ses deux enfants, avait été ressentie jusque dans les officines gouvernementales.

«Il y a eu le drame avec le docteur Turcotte. À ce moment-là, il avait été question de regarder la problématique des drames intrafamiliaux, a-t-il dit. Je m’étais engagé à l’Assemblée nationale de former un comité.»

Le docteur Bolduc a dit croire que l’État avait l’obligation de voir si quelque chose pouvait être fait en la matière, mais il a été le premier à admettre les limites d’un tel exercice.

«Je suis d’accord qu’on n’éliminera pas tous ces cas, parce qu’il y a des cas qui ne sont pas prévisibles et des cas qu’on ne pourra pas empêcher, mais si on en empêche quelques-uns au cours d’une année, ce sera ça de gagné, a déclaré le ministre. Il ne faut pas baisser les bras et il ne faut pas être défaitiste. On va regarder tout ce qui peut être fait.»

Yves Bolduc y est même allé d’un étonnant objectif. «Si on peut diminuer le nombre d’incidents de 10, 20 ou 30 %, ça va déjà être un travail qui va être valable.» Toutefois, il sera difficile, voire impossible, d’obtenir une mesure de cette nature. Comment savoir, en effet, qu’un drame a été évité s’il ne s’est pas produit? Dès lors, une comptabilisation chiffrée devient illusoire et il ne reste plus, dans ces circonstances, qu’à se nourrir de l’espoir que des gestes posés ont permis d’éviter le pire sans jamais en être vraiment certain.

Au Québec et ailleurs


Le comité, qui entreprendra ses travaux sous peu, devrait remettre son rapport au printemps 2012.

Il aura le mandat d’étudier le phénomène des homicides intrafamiliaux, aussi bien au Québec que dans d’autres sociétés. Il devra aussi dresser un portrait des services offerts et des outils d’intervention disponibles, ainsi que recenser les meilleures pratiques en ce domaine.

Le ministre Bolduc dit compter sur les experts pour formuler toute recommandation qu’ils jugeront pertinente pour prévenir ce type d’homicides, en cohérence avec les orientations ministérielles, notamment en matière de violence conjugale et de santé mentale.

Le comité, qui compte une dizaine de membres, sera présidé par Gilles Tremblay, professeur à l’École de service social de l’Université Laval depuis 2001. Il dirige une équipe de recherche sur la masculinité et la société et est chercheur membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes.

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