Mobilisation pour un métro accessible à tous

Laurence Parent et Julien Gascon-Samson dans le métro hier. Pour l’instant, seulement 8 des 68 stations du métro de Montréal sont équipées d’ascenseurs.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Laurence Parent et Julien Gascon-Samson dans le métro hier. Pour l’instant, seulement 8 des 68 stations du métro de Montréal sont équipées d’ascenseurs.

Les personnes à mobilité réduite n'en peuvent plus d'attendre que le métro leur soit entièrement accessible. Selon les plus récents plans de la STM, quatre stations seront dotées d'ascenseurs dans les cinq prochaines années. «À ce rythme-là, il faudra attendre jusqu'en 2085 pour que toutes les stations soient accessibles!», s'exclame la présidente du Regroupement des activistes pour l'inclusion au Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier, elle-même en fauteuil roulant. Lors d'une manifestation tenue hier devant la station Place-des-Arts, les militants du RAPLIQ exigeaient que toutes les stations de métro soient équipées d'ascenseurs d'ici 25 ans.

En 2008, la Société de transport de Montréal (STM) avait pourtant prévu que l'ensemble du réseau serait accessible autour de 2028, à raison de trois stations par année. L'an dernier, la STM s'est ravisée, en admettant que ces objectifs étaient trop optimistes. «Nous avons sous-estimé le travail nécessaire et les coûts», explique le président du conseil d'administration de la STM, Michel Labrecque. La STM souhaite maintenant obtenir du ministère des Transports du Québec un budget spécifique pour l'installation d'ascenseurs. M. Labrecque assure que toutes les nouvelles stations de métro seront équipées d'ascenseurs. Pour l'instant, 8 des 68 stations le sont, soit Côte-Vertu, Lionel-Groulx, Bonaventure, Berri-UQAM, Henri-Bourassa, Cartier, De la Concorde et Montmorency.

Le RAPLIQ entend maintenir ses pressions pour que les travaux soient effectués le plus rapidement possible. «Nous payons le même tarif que tout le monde, mais nous n'avons pas accès au même service», s'indigne Mme Gauthier. Elle affirme aussi que les rampes des autobus à plancher surbaissés sont souvent défectueuses, ce que ne nie pas la STM.

La Commission des droits de la personne du Québec comprend les revendications du RAPLIQ. «C'est un dossier très important pour nous», affirme le président de la Commission, Gaétan Cousineau. En vertu de la Charte québécoise des droits et libertés, l'inaccessibilité au transport public est une forme de discrimination. Toutefois, M. Cousineau concède à la STM que les réparations peuvent être très coûteuses et qu'il faut en tenir compte dans le traitement des plaintes.

Le métro de Montréal a été l'un des derniers au monde à emboîter le pas en matière d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite, selon un rapport du Comité sur l'accessibilité du métro de Montréal, présenté en 2002 au ministère des Transports du Québec. À Toronto, 28 des 69 stations sont équipées d'ascenseurs, et l'ensemble du réseau le sera d'ici 2024.
6 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 30 septembre 2011 08 h 00

    j'appuie le RAPLIQ ; aménageons le métro Jean-Talon

    J'ai eu l'occasion de rencontrer les gens du RAPLIQ au conseil municipal et j'appuie leur lutte.

    Une station qui mériterait d'être aménagée en priorité est, d'après-moi, Jean-Talon. Et il y a moyen de faire un aménagement qui non seulement leur donne accessibilité au métro, mais qui viendrait, par un tunnel de 3 pâtés de maison, lier le métro et le marché Jean-Talon (qui a déja un ascenseur avec ses stationnements en sous-sol). Ce tunnel pourrait comprendre des espaces commerciaux dont les revenus de location financent le coût du projet.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Michel Heroux - Abonné 30 septembre 2011 08 h 42

    Un métro inadapté

    Hier, j'ai eu à porendre le métro et à sortir à la station Radisson. J'ai compté 48 marches à monter pour arriver au niveau du trottoir... Pour des personnes qui comme moi ont des problèmes d'asthme et des maux de jambes, ce n'est pas ce qu'on appelle un métro accessible, convivial et adapté. La STM devrait revoir rapidement ses priorités à cet égard. 2028, 2085, voyons, ce n'est pas sérieux. On parle de la vie très quotidienne des gens, ici.

  • Minotaur - Inscrit 30 septembre 2011 10 h 33

    Plus efficace en transport adapté

    Je crois que ces personnes ont raisons de se plaindre du transport adapté. Surtout parce que le gouvernement contrôle leur allée et venu et qu'ils doivent se justifier.

    Cependant, combien coûte le réaménagement des métros? Combien a couté l'aménagement des autobus à plancher bas de la STM?

    Je n'ai jamais vu un seul handicapé dans les espaces prévu aux chaises roulantes dans les autobus à plancher bas.
    À l'heure de pointe les métro et les autobus sont plein. Les chaises ne se faufile pas discrètement dans une foule. Que faire lorsqu'il y a un peu de monde dans le métro ou l'autobus, qui doit sortir pour laisser sa place? Qui devra tenir tête à une foule qui veut arriver à l'heure au boulot?

    Dans les banlieue la STM fait un effort pour offrir un système de taxi collectif qui se paie par ticket de la même façon que l'autobus. C'est fait pour inciter les gens à délaisser la voiture. Des gens ordinaire et en santé. Pour économiser du CO2. Ce qui me fait penser qu'on est capable d'offrir un service personnalisé illimité...

    Je pose la question: Ne serait-il pas moins cher et plus efficace de permettre un usage illimité du transport adapté aux handicapés que d'effectuer toutes ces transformations du métro et des autobus à prix fort?

  • Marc André Bélanger - Inscrit 30 septembre 2011 11 h 29

    Bonaventure

    La station Bonaventure a beau être équipée d'ascenseurs, permettant de passer des guichets au quai, je ne suis pas sûr qu'elle soit accessible en chaise roulante par aucune des ses entrées.

  • Laurence Parent - Abonné 30 septembre 2011 14 h 38

    L'accessibilité aux transports collectifs est un droit

    Je me déplace en fauteuil roulant et utilise le service de transport adapté de la STM.
    J'ai eu la chance de voyager dans d'autres grandes villes offrant des transports collectifs plus accessibles que ce que l'on connaît à Montréal. La plupart de ces villes ont des réseaux aussi anciens que le métro de Montréal, dont de nombreuses stations souterraines.

    @ Minotaur: Vous demandez combien coûte la mise en accessibilité du métro. Jusqu'à présent, il a coûté en moyenne 11 millions de dollars par station.
    Savez-vous combien coûte le service de transport adapté? Chaque déplacement coûte en moyenne 25$. Si on offrait un service illimité, on aurait besoin de centaines de millions. À chaque année.
    Le métro accessible est nécessaire pour les gens forcés à utiliser le transport adapté mais aussi pour les gens qui sont exclus du transport adapté. N'est pas admissible qui veut! Combien de personnes ont des difficultés à la marche et n'ont pas accès au transport adapté? On estime à près de 200 000 personnes étant à mobilité réduite dans la région de Montréal. Et ce nombre ne va qu'en augmentant.

    Vous dites n'avoir jamais eu un seul ''handicapé'' dans les autobus. La raison est simple: les rampes d'accès ne sont pas maintenues par la STM et elles sont souvent hors d'usage. Une récente enquête démontre qu'un autobus sur trois n'est pas réellement accessible. Si un autobus sur trois risquait de vous laisser sur le trottoir, est-ce que vous prendriez les autobus? Non vous trouveriez un autre moyen plus fiable!
    Finalement, les problèmes du transport adapté ne se limitent pas uniquement au niveau du manque flagrant de flexibilité. Les problèmes sont variés. Par exemple, il est impossible pour une personne de voyager avec plus qu'une personne. Pas très pratique quand vous vous adonnez à avoir plus qu'un ami. Ou encore à avoir un/e conjoint/e et des enfants adultes! De plus, le transport adapté isole ses usagers. C'est un fait. L